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Volkswagen enterre déjà son SUV coupé électrique faute de ventes

Albert Lecoq

L’aventure touche à sa fin pour l’ID.5. Volkswagen vient d’officialiser l’arrêt de la production de son SUV coupé électrique dès 2027. Quatre ans après son lancement, ce modèle n’a jamais trouvé sa place sur un marché déjà dominé par son cousin l’ID.4. Une décision qui témoigne de la complexité à diversifier une gamme électrique quand les consommateurs privilégient avant tout la praticité.

Un positionnement sport chic qui n’a pas convaincu

Lancé en 2021 avec l’ambition d’apporter une touche plus dynamique et élégante à la gamme ID, l’ID.5 partage pourtant la plupart des qualités de l’ID.4. Tous deux reposent sur la plateforme MEB et proposent des performances similaires : moteur de 204 chevaux en version de base, autonomie de 520 kilomètres selon le cycle WLTP, et architecture électrique identique. La différence majeure réside dans cette ligne de toit plongeante caractéristique des SUV coupés, censée séduire une clientèle plus jeune et urbaine.

Initialement développé pour le marché chinois, l’ID.5 devait surfer sur la tendance des SUV coupés qui avait fait le succès d’autres constructeurs premium. Mais la stratégie n’a jamais payé, que ce soit en Asie ou en Europe. Les acheteurs de véhicules électriques semblent privilégier d’autres critères que l’esthétisme pur.

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Des ventes européennes qui restent anecdotiques

Les chiffres parlent d’eux-mêmes et expliquent cette décision radicale. Au premier semestre 2025, l’ID.5 n’a trouvé que 7 000 acheteurs en Europe, un résultat particulièrement décevant face aux 39 000 exemplaires de l’ID.4 écoulés sur la même période. Cette différence de plus de cinq contre un illustre parfaitement les préférences du marché européen.

L’ID.4 bénéficie d’atouts décisifs que l’ID.5 ne peut compenser malgré son style plus affûté :

  • Volume de coffre supérieur de 50 litres (543 litres contre 493 litres)
  • Habitabilité arrière plus généreuse grâce à un toit traditionnel
  • Prix d’achat légèrement inférieur à équipement équivalent
  • Image de SUV familial polyvalent plus rassurante

Une rationalisation de gamme assumée par Volkswagen

Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de rationalisation des coûts chez Volkswagen. Le groupe allemand traverse une période de transition délicate, avec une concurrence chinoise de plus en plus agressive et des marges sous pression sur le segment électrique. Concentrer les investissements sur les modèles les plus vendeurs devient une nécessité économique.

D’autres modèles font également les frais de cette nouvelle orientation. Le projet de monospace électrique inspiré du Touran a été abandonné, tandis que le Touareg thermique disparaîtra également du catalogue. Volkswagen mise désormais sur une gamme resserrée autour de SUV électriques jugés plus porteurs commercialement.

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ModèleVentes S1 2025 (Europe)Statut futur
ID.439 000Maintenu
ID.57 000Arrêt en 2027
ID.325 000Maintenu

Les leçons d’un échec commercial prévisible

L’histoire de l’ID.5 révèle les difficultés spécifiques au marché des véhicules électriques. Contrairement aux voitures thermiques où les variantes esthétiques peuvent justifier un surcoût, les acheteurs d’électriques privilégient l’autonomie, l’espace et le rapport qualité-prix. Le segment des SUV coupés électriques reste très confidentiel, même chez les constructeurs premium.

Cette approche pragmatique des consommateurs européens contraste avec d’autres marchés automobiles. En Chine par exemple, les SUV coupés électriques rencontrent davantage de succès, portés par des marques locales comme NIO ou BYD qui proposent des technologies plus avancées à des prix compétitifs.

L’arrêt de l’ID.5 marque la fin d’une expérience intéressante mais commercialement ratée pour Volkswagen. Six ans de carrière au total pour un modèle qui aura finalement servi de laboratoire d’expérimentation, permettant au constructeur de mieux comprendre les attentes réelles de sa clientèle électrique. Une leçon coûteuse mais instructive dans un secteur où chaque pari produit engage des centaines de millions d’euros de développement.

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