Ioniq 5 N : un youtubeur améliore l’autonomie de 12 % avec un simple petit changement
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La donne a radicalement changé pour Volkswagen. Le groupe de Wolfsburg, longtemps perçu comme l’un des piliers de l’industrie automobile mondiale, se retrouve aujourd’hui contraint de repenser en profondeur sa stratégie industrielle face à la montée irrésistible des constructeurs chinois. Et la dernière piste envisagée par le groupe est loin d’être anodine : produire dans ses propres usines allemandes des modèles entièrement conçus en Chine. Une décision qui, il y a encore deux ans, aurait semblé impensable.
Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut revenir sur la situation difficile que traverse Volkswagen depuis plusieurs années. En Chine, marché longtemps dominé par le constructeur allemand, la concurrence des marques locales — BYD, NIO, Li Auto, AITO et consorts — a littéralement rogné les parts de marché de VW. Le groupe a répondu à cette pression en lançant un vaste plan d’investissements locaux : coopération technique avec Xpeng, renforcement des partenariats avec SAIC et FAW, et surtout, dotation d’un bureau d’études chinois disposant désormais des pleins pouvoirs sur les projets locaux. À l’époque, la direction rassurait les syndicats et les salariés européens : les modèles pensés pour la Chine resteraient en Chine.
Ce discours appartient désormais au passé. Dans un premier temps, Volkswagen a évoqué la possibilité de vendre ces véhicules à l’export, mais hors d’Europe. Puis l’idée d’une importation sur le Vieux Continent a commencé à circuler. Aujourd’hui, on franchit un nouveau cap : la production européenne de modèles d’origine chinoise. La logique économique est implacable. Les ventes reculent en Europe, les usines tournent en sous-régime et les investissements doivent impérativement être rationalisés. Le groupe avait d’ailleurs lui-même reconnu que son modèle économique ne fonctionnait plus, avec à la clé l’évocation d’une suppression pouvant atteindre 100 000 postes.
Les sites de Zwickau, Emden et Hanovre sont les plus fréquemment cités pour accueillir cette éventuelle production. Ce n’est pas un hasard : deux d’entre eux se trouvent en Basse-Saxe, Land dont le gouvernement pousse activement ce projet. Il faut dire que la Basse-Saxe est actionnaire de référence du groupe Volkswagen et que la préservation de l’emploi dans la région constitue une priorité politique de premier ordre. Voir des lignes d’assemblage tourner à plein régime sur des modèles conçus à Shanghai plutôt que de les laisser à l’arrêt est une perspective que les élus locaux semblent prêts à accepter.
L’usine de Zwickau apparaît comme la favorite dans ce scénario. Ce site, entièrement reconverti pour la production de véhicules électriques au tournant des années 2020, peine aujourd’hui à remplir ses carnets de commandes. Lui confier l’assemblage de modèles issus de plateformes chinoises serait une manière pragmatique de maintenir l’activité sans engager de nouveaux cycles de développement coûteux.
Plusieurs modèles sont sur la table. Le grand SUV ID.Era 9X, présenté au salon de Pékin, est souvent cité en premier. Mais les modèles de la gamme ID.Unyx constituent des candidats tout aussi crédibles, à commencer par le SUV ID.Unyx 08 et la berline ID.Unyx 09. Ces deux véhicules ont été développés en partenariat avec Xpeng et s’appuient largement sur les plateformes et technologies de ce constructeur chinois.
L’intérêt stratégique de l’ID.Unyx 08 est particulièrement évident : assemblé en Europe, ce SUV permettrait à Volkswagen de proposer presque sans délai un ID.Touareg électrique, segment sur lequel le groupe n’a encore rien à offrir. Concevoir deux grands SUV électriques distincts — un pour la Chine, un pour l’Europe — représente un luxe financier que Volkswagen ne peut plus se permettre dans le contexte actuel.
Le dossier prend encore une autre dimension lorsqu’on sait que Xpeng négocie lui aussi la possibilité de faire assembler ses propres modèles dans une usine du groupe Volkswagen en Europe. Si ces discussions aboutissent, Zwickau pourrait se retrouver à produire simultanément des véhicules badgés VW et des modèles estampillés du « X » de Xpeng, le tout sur des bases techniques quasi identiques. Une convergence industrielle qui traduit assez bien l’ampleur du rapprochement entre les deux groupes.
Pour les consommateurs européens, cette évolution soulève des questions légitimes sur l’origine réelle des véhicules qu’ils achèteront. Un SUV électrique produit à Zwickau mais conçu à Shenzhen reste-t-il une voiture allemande ? La réponse appartient davantage au marketing qu’à l’ingénierie. Ce qui est certain, c’est que la frontière entre constructeurs européens et chinois continue de s’effacer à mesure que les alliances se multiplient, redéfinissant les contours d’une industrie automobile en pleine recomposition.
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