Leapmotor A10 : la prochaine claque technologique venue de Chine
Le constructeur chinois Leapmotor vient de dévoiler les spécifications officielles de son nouveau SUV compact A10, via les documents réglementaires […]
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He Xiaopeng, fondateur du constructeur chinois, vient d’officialiser ses intentions pour le marché européen. D’ici fin 2026, les véhicules électriques à prolongateur d’autonomie de la marque pourraient débarquer chez nous, avec en tête d’affiche le X9 Power X et son autonomie record de 1 602 kilomètres. Une stratégie qui vise directement les automobilistes européens encore hésitants face au passage au tout-électrique.
Si Xpeng commence à se faire connaître en France avec son SUV G6, concurrent direct du Tesla Model Y, cette nouvelle offensive marque un tournant dans l’approche du constructeur. Plutôt que de miser uniquement sur le 100% électrique, la marque chinoise fait le pari de la technologie hybride rechargeable pour séduire une clientèle plus large.
Le X9 Power X combine une batterie de 370 km d’autonomie en mode tout-électrique avec un réservoir de 60 litres d’essence. Le principe ? Un moteur thermique alimente un générateur qui recharge la batterie, laquelle propulse ensuite les moteurs électriques des roues. Cette architecture, baptisée REEV (Range Extended Electric Vehicle), permet d’atteindre ces fameux 1 602 kilomètres selon le cycle chinois CLTC.
Le succès commercial en Chine ne se fait pas attendre. Moins d’une semaine après son lancement au prix de 37 600 euros, Xpeng doit déjà accélérer sa production face à une demande qualifiée d’« exceptionnelle ». Brian Gu, président de l’entreprise, anticipe même que cette version hybride représentera la majorité des ventes du X9, dépassant largement la variante 100% électrique pourtant moins chère de 6 000 euros.
L’Europe représente un terrain de jeu particulièrement intéressant pour Xpeng. Contrairement à la Chine où BYD et Chery dominent le segment des hybrides rechargeables, le marché européen reste largement sous-exploité dans cette niche technologique. Seul Leapmotor, soutenu par Stellantis, propose actuellement un véhicule similaire avec son SUV C10.
Cette situation s’explique en partie par les disparités d’infrastructure entre les pays européens. Si la France dispose aujourd’hui d’un réseau de recharge dense permettant d’envisager sereinement les longs trajets en électrique pur, d’autres marchés européens souffrent encore de zones blanches. Le prolongateur d’autonomie pourrait donc constituer une solution de transition pertinente pour ces régions.
Malgré les chiffres impressionnants, la technologie du X9 Power X soulève des questions pratiques. L’architecture complexe implique une chaîne énergétique à plusieurs étages : essence → moteur thermique → générateur → batterie → moteur électrique. Cette multiplication des conversions énergétiques génère inévitablement des pertes de rendement comparativement à un véhicule électrique classique ou même à un hybride traditionnel.
Du côté économique, les constructeurs chinois devront composer avec les droits de douane européens actuels, qui ne distinguent pas les véhicules électriques des modèles à autonomie étendue. Cette taxation pourrait impacter significativement le positionnement prix du X9 Power X sur le marché européen, où il devra faire face à une concurrence locale bien établie.
| Caractéristique | X9 Power X | Version 100% électrique |
|---|---|---|
| Autonomie totale | 1 602 km | 370 km |
| Prix en Chine | 37 600 € | 31 600 € |
| Capacité réservoir | 60 litres | – |
| Places assises | 7 | 7 |
L’annonce de Xpeng s’inscrit dans une logique commerciale évidente : rassurer les automobilistes européens encore réticents face à l’anxiété d’autonomie. Les 1 602 kilomètres annoncés constituent un argument choc, même si la réalité d’usage s’avère plus nuancée. En pratique, l’utilisateur dispose de 370 km en mode électrique pur, puis doit faire appel au moteur thermique pour les distances supplémentaires.
Cette approche marketing n’est pas sans rappeler certaines communications de constructeurs traditionnels sur leurs hybrides rechargeables, où les chiffres d’autonomie cumulée masquent parfois une utilisation quotidienne moins optimale. La question reste de savoir si les familles européennes, cible privilégiée de ce monospace sept places, seront séduites par cette complexité technique supplémentaire.
L’arrivée prévue de ces véhicules fin 2026 laisse à Xpeng le temps d’adapter sa stratégie aux spécificités européennes. Entre-temps, l’évolution des infrastructures de recharge et des habitudes de consommation des automobilistes européens pourrait bien redéfinir l’intérêt réel de cette technologie de transition sur notre continent.
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