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Xpeng lance ses voitures électriques européennes face aux droits de douane

François Zhang-Ming

Le constructeur chinois Xpeng vient de franchir une étape décisive en démarrant la production de ses voitures électriques directement sur le sol européen. Cette stratégie, qui vise à contourner les droits de douane imposés aux véhicules chinois, pourrait bien redéfinir l’approche des marques asiatiques sur le marché européen. En s’associant à Magna Steyr en Autriche, Xpeng devance son concurrent BYD et mise sur l’expertise d’un sous-traitant reconnu pour accélérer son implantation.

Un partenariat stratégique avec Magna Steyr en Autriche

L’usine de Graz, dirigée par Magna International, accueille désormais la production des G6 et G9 de Xpeng. Ce site autrichien n’est pas un inconnu : il assemble actuellement le mythique Mercedes-Benz Classe G et la BMW Z4. Par le passé, la Jaguar I-Pace et la défunte Fisker Ocean y ont également vu le jour. Cette diversité de modèles témoigne de la flexibilité de Magna et de sa capacité à gérer des productions variées.

Pour Xpeng, ce choix représente une approche pragmatique. Plutôt que d’investir plusieurs milliards dans une nouvelle usine européenne, le constructeur mise sur l’expérience d’un partenaire établi. La production en série devrait atteindre sa vitesse de croisière dès le mois prochain, permettant à Xpeng de prendre une longueur d’avance sur BYD, dont l’usine hongroise ne démarrera qu’en fin d’année.

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Échapper aux droits de douane européens de plus de 20%

Cette implantation européenne répond à une problématique économique majeure. Les véhicules électriques chinois font face à des droits de douane supplémentaires qui s’ajoutent aux 10% de base. Xpeng, classée comme entité “coopérative” dans l’enquête européenne sur les subventions, subit une taxe additionnelle de 20,7%. D’autres constructeurs chinois non coopératifs peuvent voir leurs véhicules taxés jusqu’à 35,3%, tandis que Tesla bénéficie d’un taux préférentiel de 7,8%.

En produisant localement, Xpeng évite ces pénalités tarifaires et peut proposer des prix plus compétitifs à sa clientèle européenne. Cette stratégie s’avère d’autant plus pertinente que les ventes européennes de la marque progressent : 8 000 immatriculations au premier semestre 2025, avec une croissance notable sur les marchés nordiques.

Le modèle G6 en fer de lance du succès européen

Les performances commerciales de Xpeng en Europe reposent largement sur le G6, qui représente 67% des ventes du constructeur sur le continent. Ce SUV électrique, concurrent direct du Tesla Model Y, mise sur des spécifications techniques avancées pour séduire les acheteurs européens :

  • Architecture 800 volts permettant une recharge ultra-rapide
  • Puissance de recharge maximale de 451 kW
  • Temps de recharge de 10% à 80% en seulement 10 minutes
  • Positionnement tarifaire attractif face aux références européennes
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Le G9, plus imposant, complète l’offre avec un positionnement haut de gamme. Xpeng prévoit d’élargir progressivement sa gamme produite localement, sans préciser pour l’instant quels modèles suivront ces deux pionniers.

Une montée en puissance face à la concurrence chinoise

Fondée en 2014, Xpeng fait figure de jeune pousse dans l’industrie automobile, mais ses ambitions dépassent le simple transport individuel. Le groupe développe parallèlement des aéronefs électriques, des systèmes robotiques et des solutions d’intelligence artificielle. Ses 200 000 ventes mondiales en 2024 témoignent d’une croissance soutenue, renforcée par une expansion internationale dans plus de 46 pays.

L’Europe représente un enjeu majeur pour cette expansion. Depuis son entrée en Norvège en 2021, Xpeng a multiplié les lancements nationaux et enregistré une progression de 217% de ses exportations sur les sept premiers mois de l’année. Face à BYD, qui prépare sa propre production européenne, et aux constructeurs européens qui accélèrent leur transition électrique, Xpeng joue la carte de l’innovation technologique et de l’agressivité tarifaire.

Cette production européenne marque ainsi une nouvelle phase dans la stratégie de Xpeng. En évitant les écueils tarifaires tout en s’appuyant sur un partenaire industriel reconnu, le constructeur chinois se donne les moyens de ses ambitions sur un marché européen de plus en plus disputé. Reste à voir si cette approche suffira à convaincre durablement les conducteurs européens, traditionnellement attachés à leurs marques locales.

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