Donut Lab et la batterie “solide” : l’arnaque révélée
Début janvier 2026, la startup finlandaise Donut Lab faisait sensation au CES de Las Vegas en affirmant avoir développé la […]
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Le paysage automobile traverse une phase de turbulence stratégique. Alors que la plupart des constructeurs avaient annoncé des plans ambitieux d’électrification totale, on assiste aujourd’hui à un revirement significatif. Des acteurs majeurs comme Stellantis, Mercedes, Porsche ou Volkswagen font marche arrière et réinvestissent dans les motorisations thermiques et hybrides. Ce virage inattendu soulève des questions fondamentales sur l’avenir de la mobilité et les véritables priorités de l’industrie automobile.
Le nouveau pilote de Stellantis Europe, Jean-Philippe Imparato, a créé l’onde de choc en dévoilant sa volonté de redonner une place de choix aux moteurs thermiques. Plus surprenant encore, des projets de moteurs diesel seraient à l’étude selon Les Échos. Cette orientation marque une rupture nette avec le discours tenu jusqu’alors par le groupe franco-italo-américain qui promettait une électrification accélérée.
Des sources internes révèlent que Stellantis envisage d’adapter certains modèles aux nouvelles normes environnementales pour prolonger leur production jusqu’en 2030, voire développer de nouveaux moteurs diesel. Une décision qui va à contre-courant de la tendance générale en Europe, où les immatriculations diesel ont diminué de 11,4 % en 2024.
Ce phénomène s’étend bien au-delà de Stellantis. Mercedes-Benz, par la voix de son PDG Ola Källenius, considère qu’abandonner le segment thermique, qualifié de “très sain et rentable”, serait peu judicieux. La marque à l’étoile prévoit le lancement de 19 modèles à essence contre 17 électriques entre 2025 et 2027. Un ratio qui illustre parfaitement ce changement de cap.
Porsche n’échappe pas à cette tendance après avoir constaté une chute de 49 % des ventes de sa berline électrique Taycan l’an dernier. Le constructeur de Stuttgart a investi près de 800 millions d’euros pour revoir sa stratégie, envisageant désormais des déclinaisons thermiques pour des modèles initialement conçus en tout électrique.
Face aux défis de l’électrification, les constructeurs historiques se tournent massivement vers l’hybridation. Selon les prévisions de S&P Global Mobility, 116 nouveaux modèles hybrides seront lancés en 2025, soit une hausse impressionnante de 43 % par rapport à 2024. En comparaison, les lancements de véhicules essence reculeront de 4 % avec 205 modèles.
L’hybride présente plusieurs avantages stratégiques pour les constructeurs :
Smart, marque pionnière dans la mobilité urbaine électrique, illustre parfaitement ce revirement avec son modèle #5 qui sera proposé en version essence. DS Automobiles, qui avait annoncé une gamme 100 % électrique, fait également machine arrière en préparant une déclinaison hybride de sa DS 8.
Le cas Volkswagen est particulièrement révélateur : le groupe allemand envisage de prolonger la production de ses modèles emblématiques thermiques (Golf, T-Roc, Tiguan) bien au-delà de 2033, date initialement fixée pour l’arrêt des moteurs à combustion interne.
Ce retour en grâce du moteur thermique et de l’hybridation s’explique par une conjonction de facteurs économiques et commerciaux. Les constructeurs traditionnels sont pris en étau entre des investissements colossaux dans les technologies électriques et des ventes qui ne décollent pas aussi rapidement qu’espéré.
Le Financial Times résume parfaitement la situation : les constructeurs cherchent à “consolider leurs bénéfices dans l’attente d’une démocratisation des véhicules électriques”. Les voitures thermiques, avec leurs marges confortables et leurs volumes de vente prévisibles, représentent la “vache à lait” qui finance la transition vers l’électrique.
Plusieurs facteurs freinent l’adoption massive de la voiture électrique en Europe :
| Facteur | Impact sur le marché électrique | Avantage pour le thermique/hybride |
|---|---|---|
| Prix d’achat élevé | Limite l’accessibilité au grand public | Meilleur rapport prix/prestation perçu |
| Angoisse d’autonomie | Frein psychologique majeur | Absence de contrainte d’autonomie |
| Infrastructure de recharge | Développement encore insuffisant | Réseau de stations-service mature |
| Valeur résiduelle incertaine | Inquiétude pour la revente | Marché de l’occasion stabilisé |
Les constructeurs européens semblent avoir mal évalué la vitesse d’adoption des véhicules électriques par le grand public. Confrontés à cette réalité, ils optent pour une approche plus pragmatique, privilégiant la rentabilité à court terme sur les promesses environnementales à long terme.
Si ce repli vers le thermique peut sembler raisonnable à court terme, il pourrait s’avérer périlleux face à la montée en puissance des constructeurs asiatiques, particulièrement chinois, qui maintiennent le cap sur l’électrification massive.
L’année 2025 pourrait marquer un tournant historique en Chine : pour la première fois, les ventes de véhicules électriques (12 millions d’unités prévues) devraient dépasser celles des voitures thermiques. Cette bascule confirmerait la domination technologique et commerciale chinoise dans le secteur de la mobilité électrique.
Pendant que les constructeurs européens temporisent, leurs homologues chinois comme BYD, SAIC ou Geely accélèrent leur offensive technologique et commerciale. Ils bénéficient d’avantages considérables :
Le risque pour les constructeurs européens est de se retrouver distancés technologiquement. En ralentissant leurs investissements dans l’électrique pour privilégier temporairement le thermique, ils pourraient compromettre leur compétitivité à moyen terme. On assisterait alors à un scénario similaire à celui de l’industrie photographique, où les acteurs historiques comme Kodak ont été balayés pour avoir sous-estimé la révolution numérique.
Au-delà des considérations économiques, ce revirement pose question sur le plan environnemental. L’Union Européenne a fixé des objectifs climatiques ambitieux, dont l’interdiction des ventes de véhicules thermiques neufs à partir de 2035. Le retour en grâce du moteur à combustion, même hybridé, risque de fragiliser ces engagements.
Les émissions du secteur des transports représentent environ 30 % des émissions totales de CO2 en Europe. Chaque année de retard dans l’électrification du parc automobile se traduit par des millions de tonnes de gaz à effet de serre supplémentaires dans l’atmosphère.
La technologie hybride, présentée comme une solution de transition, n’offre qu’une réduction partielle des émissions. Des études récentes montrent que les hybrides rechargeables, en conditions réelles d’utilisation, émettent souvent bien plus que les valeurs annoncées par les constructeurs, notamment lorsque les utilisateurs ne rechargent pas régulièrement leur batterie.
Ce ralentissement de la transition électrique soulève une question fondamentale : les impératifs économiques à court terme des constructeurs sont-ils compatibles avec l’urgence climatique globale ? Le pragmatisme commercial actuel pourrait s’avérer être un calcul coûteux pour la planète et finalement pour l’industrie automobile européenne elle-même.
Les consommateurs, de plus en plus sensibilisés aux enjeux environnementaux, pourraient à terme sanctionner les marques perçues comme insuffisamment engagées dans la transition écologique, renforçant paradoxalement l’attrait pour les constructeurs pleinement investis dans l’électrique.
La route vers une mobilité véritablement durable semble ainsi prendre un détour par le thermique et l’hybride. Reste à savoir si ce détour sera une simple pause stratégique ou le signe d’un recul plus profond face aux défis de la transition énergétique.
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