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Vous attendiez le Tesla Roadster avec impatience ? Il va falloir patienter encore un peu. Lors de la conférence sur les résultats du premier trimestre 2026, Elon Musk a une nouvelle fois décalé la présentation officielle du véhicule, évoquant désormais une possible révélation « d’ici un mois environ ». Cette annonce intervient alors que le patron de Tesla avait évoqué, il y a quelques semaines à peine, une date fixée à fin avril. Pour les observateurs du secteur et les futurs propriétaires, cette énième modification d’agenda n’est malheureusement pas une surprise. Depuis la présentation du prototype en novembre 2017, soit il y a près de neuf ans, le calendrier du Roadster a été repoussé au moins huit fois. La situation devient difficile à défendre, même pour les plus fervents défenseurs de la marque californienne.
Lors de l’appel aux investisseurs, Musk a fourni une explication inédite pour justifier ce nouveau délai. Selon lui, le véhicule nécessiterait encore des « tests et validations » approfondis avant toute démonstration publique, afin d’éviter qu’un incident ne vienne gâcher l’événement. Cette justification technique contraste avec les raisons invoquées précédemment, qui pointaient plutôt vers la priorisation d’autres projets comme le Cybertruck, le Semi ou encore le robot Optimus. Après presque une décennie de développement, cette nouvelle excuse soulève des questions légitimes sur l’état réel d’avancement du projet.
Le PDG de Tesla n’a pas manqué d’ajouter que cette présentation sera « l’un des dévoilements de produit les plus excitants de tous les temps ». Une promesse qui résonne curieusement après tant d’années d’attente et de reports successifs. Le passage du terme « démo » à « unveil » (présentation officielle) dans la communication récente de Musk suggère qu’il pourrait s’agir davantage d’une révélation marketing que d’une véritable démonstration technique du véhicule de production.
L’histoire du Roadster est devenue un cas d’école en matière de délais non respectés dans l’industrie automobile. Voici un récapitulatif détaillé des différentes échéances annoncées puis abandonnées :
Cette succession de reports repousse mécaniquement la mise en production à 2027 ou 2028 au plus tôt, selon les derniers délais évoqués par Musk. Les clients qui ont versé des acomptes dès 2017 approchent donc d’une décennie d’attente sans avoir vu le moindre véhicule de série.
La situation est particulièrement inconfortable pour les premiers réservataires. La Founders Series exigeait un engagement financier de 250 000 dollars, tandis que les réservations standard démarraient à 50 000 dollars (avec un acompte initial de 5 000 dollars). Ces sommes considérables sont immobilisées depuis des années sans qu’aucun véhicule tangible ne soit livré. L’attente devient d’autant plus frustrante que les promesses initiales étaient particulièrement ambitieuses.
Les spécifications annoncées en 2017 incluaient une batterie de 200 kWh, une autonomie de 1 000 kilomètres, une accélération de 0 à 100 km/h en 2 secondes et une vitesse de pointe supérieure à 400 km/h, le tout pour un prix de base de 200 000 dollars. Au fil des années, Musk a même surenchéri en évoquant une accélération sous la barre de 1 seconde et l’intégration de propulseurs à gaz froid développés par SpaceX. Ces affirmations toujours plus spectaculaires, sans démonstration concrète d’un véhicule fonctionnel, alimentent le scepticisme grandissant.
Pendant que Tesla accumule les reports, d’autres constructeurs ont lancé et commercialisé leurs propres supercars électriques. Rimac a livré la Nevera, Lotus a présenté l’Evija, et même des constructeurs chinois comme BYD ou Xiaomi ont établi de nouveaux records de performance. Le Roadster, qui devait initialement être un pionnier du segment des véhicules électriques ultra-performants, risque d’arriver sur un marché déjà mature avec une concurrence bien établie.
| Constructeur | Modèle | Statut | Puissance | 0-100 km/h |
|---|---|---|---|---|
| Rimac | Nevera | En production | 1 914 ch | 1,85 s |
| Lotus | Evija | Livraisons en cours | 2 011 ch | Moins de 3 s |
| Tesla | Roadster | Prototype (depuis 2017) | Non communiquée | ~2 s promis |
Malgré cette succession de déconvenues, certains éléments suggèrent que le projet n’est pas totalement abandonné. Tesla a récemment déposé de nouvelles marques commerciales, publié des offres d’emploi pour la fabrication du véhicule et enregistré des brevets concernant des sièges composites intégrés. Ces démarches administratives et techniques indiquent qu’un travail de développement se poursuit effectivement en coulisses.
La question qui se pose est celle de la fonction réelle du Roadster dans la stratégie de Tesla. Le véhicule semble davantage servir d’outil de communication que de véritable programme de production prioritaire. À chaque période creuse ou résultats financiers décevants, le Roadster refait surface dans les déclarations de Musk avec de nouvelles promesses spectaculaires. Pour les clients ayant versé 250 000 dollars il y a bientôt dix ans, cette instrumentalisation marketing d’un produit qu’ils attendent concrètement devient difficilement acceptable. La formule « peut-être d’ici un mois environ » résonne comme une énième pirouette dans un feuilleton qui n’en finit plus. Les prochaines semaines nous diront si cette fois sera la bonne, mais l’historique récent invite à la plus grande prudence.
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