Ford casse tout pour survivre à l’ère électrique face à la Chine
En octobre dernier, Jim Farley, le PDG de Ford, a lâché une phrase qui a fait l’effet d’une douche froide […]
Sommaire
Le segment des utilitaires électriques est en train de devenir l’un des terrains de jeu favoris des constructeurs chinois en Europe. Après avoir investi massivement le marché des berlines et SUV électriques, ces derniers s’attaquent désormais aux professionnels. Farizon, filiale du géant Geely fondée en 2014, vient d’officialiser son entrée sur le marché français avec deux fourgons 100 % électriques et une stratégie commerciale clairement orientée vers la conquête de parts de marché face aux acteurs établis comme Renault ou Stellantis.
La gamme française de Farizon repose pour l’instant sur deux modèles distincts, pensés pour couvrir les besoins les plus courants des artisans, livreurs et PME. Ce qui frappe d’emblée, c’est le design : les deux véhicules adoptent une esthétique assez tranchée, pas sans rappeler celle du Kia PV5, avec des lignes angulaires et une identité visuelle marquée qui tranche avec les fourgons plus conventionnels que vous croisez habituellement sur les zones industrielles.
Le modèle phare, le Farizon SV, se positionne directement face au Renault Master E-Tech dans le segment des grands fourgons. Il est proposé en deux configurations de carrosserie — L2H3 et L3H3 — avec des volumes utiles de 11 m³ et 13 m³. Côté motorisation, vous avez le choix entre deux capacités de batterie : 83 kWh ou 106 kWh, pour une autonomie allant jusqu’à 398 km en cycle WLTP. La consommation annoncée en cycle mixte est de 24,3 kWh/100 km, ce qui reste dans la moyenne du segment. Le prix d’entrée est fixé à 49 000 € HT.
Le second modèle, le Farizon V7E, vise un segment légèrement en dessous, proche du Renault Trafic électrique ou du Peugeot e-Expert. Disponible en version L1H1, il offre jusqu’à 7 m³ de volume de chargement et une charge utile d’environ 1 243 kg, deux indicateurs concrets qui parlent directement aux professionnels. Son autonomie atteint jusqu’à 328 km WLTP selon la batterie choisie — 50 kWh ou 67 kWh — et son tarif démarre à 32 800 € HT, un positionnement tarifaire offensif sur ce créneau.
Pour vous aider à y voir plus clair, voici les principales caractéristiques des deux modèles mis en regard :
| Caractéristiques | Farizon SV | Farizon V7E |
|---|---|---|
| Segment | Grand fourgon | Fourgon intermédiaire |
| Configurations | L2H3 et L3H3 | L1H1 |
| Volume utile | 11 à 13 m³ | Jusqu’à 7 m³ |
| Batteries disponibles | 83 kWh ou 106 kWh | 50 kWh ou 67 kWh |
| Autonomie WLTP | 319 à 398 km | Jusqu’à 328 km |
| Prix HT France | À partir de 49 000 € | À partir de 32 800 € |
Sur un marché où la fiabilité dans le temps est une préoccupation centrale pour les acheteurs professionnels, Farizon mise sur une politique de garantie généreuse. Le véhicule est couvert cinq ans ou 200 000 km, mais c’est surtout la garantie batterie qui interpelle : huit ans ou 400 000 km. C’est l’un des engagements les plus longs du segment, et il s’adresse clairement aux gestionnaires de flottes qui calculent le coût total de possession avant de signer un bon de commande.
La marque ne s’arrête pas là. Dès 2027, des évolutions de gamme sont attendues, notamment des versions châssis-cabine, ce qui ouvrira la voie à de nombreux carrossiers et permettra de répondre à des usages plus spécialisés — benne, plateau, cellule frigorifique, etc. Ces déclinaisons sont souvent celles qui séduisent les artisans et les entreprises de transport qui ont besoin d’un outil sur mesure.
L’un des points de vigilance habituels avec les nouveaux entrants sur le marché automobile, c’est la densité du réseau après-vente. Farizon en est conscient et annonce un déploiement progressif : 20 points de vente et 40 sites de service dès cette année 2026. Ce maillage doit monter en puissance pour atteindre 50 concessions et 100 ateliers en 2028, puis 90 points de vente à l’horizon 2030. Ces chiffres restent modestes comparés aux réseaux Renault ou Peugeot, mais ils sont cohérents avec un lancement progressif qui privilégie la solidité à la précipitation.
Les ambitions commerciales suivent la même logique de montée en charge : 500 unités visées en 2026 pour cette première année d’amorçage, un objectif raisonnable qui permet d’asseoir la marque sans brûler les étapes. L’horizon 2028 prévoit 5 000 unités annuelles, et 2030 devrait voir Farizon viser les 10 000 véhicules par an en France. Des chiffres ambitieux mais qui restent dans la fourchette de ce que des marques comme Maxus ou Xbus ont pu atteindre sur des créneaux similaires avec quelques années d’avance.
Ce qui est certain, c’est que le marché français des utilitaires électriques est en pleine structuration, et les professionnels ont tout à gagner à élargir leur comparatif au-delà des acteurs historiques. Avec des tarifs compétitifs, des batteries généreuses et une garantie étendue, Farizon entre dans la partie avec des arguments concrets. Reste à voir si le réseau de proximité et la disponibilité des pièces seront au rendez-vous dans la durée, deux critères sur lesquels les acheteurs professionnels ne font aucune concession.
Réagissez à l'article