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Volkswagen vient de lever le voile sur une réalité que beaucoup de constructeurs préfèrent taire : leurs voitures électriques sont aujourd’hui nettement moins rentables que leurs équivalents à moteur thermique. Lors de la publication des résultats du premier trimestre 2026, le directeur financier du groupe, Arno Antlitz, a mis les chiffres sur la table sans détour. Un exercice de transparence rare dans le secteur, et qui mérite qu’on s’y attarde.
Arno Antlitz a été on ne peut plus clair lors de la conférence aux investisseurs : les marges bénéficiaires des véhicules électriques de VW ne seront pleinement comparables à celles des modèles thermiques qu’avec l’arrivée de la future plateforme SSP. En attendant, le groupe navigue avec des marges opérationnelles globales attendues entre 4 % et 5,5 % pour 2026, en progression par rapport aux 2,8 % enregistrés en 2025, mais encore loin des ambitions affichées.
Pour illustrer concrètement cette situation, Antlitz a cité l’exemple de l’ID.2 Cross, dont la rentabilité atteint environ 70 à 80 % de celle de son équivalent essence. Ce chiffre est présenté comme un progrès, ce qui en dit long sur l’état des marges des générations précédentes de la gamme ID. Le groupe a néanmoins engrangé des améliorations notables grâce à la plateforme MEB Plus, une évolution de l’architecture MEB d’origine, qui intègre désormais des batteries lithium fer phosphate (LFP) moins coûteuses ainsi qu’une configuration cell-to-pack supprimant les modules intermédiaires pour réduire les coûts de fabrication. L’effet de dilution des marges reste présent, mais il s’atténue progressivement.
Tout repose donc sur la future Scalable Systems Platform, ou SSP. Cette architecture de nouvelle génération est conçue pour succéder aux deux plateformes actuelles du groupe : la MEB, qui sert de base aux modèles de la gamme ID comme l’ID.3, l’ID.4 ou l’ID.7, et la PPE, réservée aux véhicules premium comme l’Audi A6 e-tron, le Q6 e-tron ou encore le Porsche Macan électrique et le Cayenne électrique. La SSP ambitionne de regrouper sous une seule architecture l’ensemble du spectre de produits du groupe, du segment B aux sportives de luxe.
L’objectif annoncé est une réduction des coûts de production de 20 % par rapport à la MEB, un levier décisif pour rétablir des marges acceptables sur les véhicules électriques. La plateforme devait initialement faire ses débuts cette année, mais le calendrier a glissé : son lancement est désormais attendu d’ici à la fin de la décennie. Oliver Blume, PDG du groupe, a de son côté fixé un objectif de marges globales comprises entre 8 % et 10 % à l’horizon 2030, conditionné à ce qu’il appelle lui-même “une discipline stricte en matière de coûts et d’investissements”.
La situation financière de Volkswagen n’évolue pas dans un contexte favorable. En 2025, le groupe a enregistré un recul de 10 % de ses ventes en Amérique du Nord et une baisse de 8 % en Chine, deux marchés qui représentent à eux seuls la part la plus importante des volumes mondiaux. Ces chiffres pèsent sur les résultats globaux et rendent d’autant plus urgente la nécessité de retrouver des marges solides sur les véhicules électriques, qui constituent pourtant l’axe stratégique central du groupe pour répondre aux objectifs CO2 imposés par l’Union européenne.
Antlitz a toutefois précisé que les progrès accomplis sur la rentabilité des électriques permettront au groupe de tenir ses engagements environnementaux sans sacrifier l’équilibre financier. Ce n’est pas rien dans un contexte où plusieurs constructeurs européens ont réclamé, avec succès pour certains, un assouplissement des normes d’émissions.
La logique économique décrite par VW permet de mieux comprendre les choix stratégiques qui sont faits dans l’ensemble de l’industrie. Si vous avez remarqué que les premières voitures électriques à débarquer sur le marché sont quasi systématiquement des SUV ou des berlines haut de gamme, ce n’est pas un hasard. Les marges sur ces segments sont suffisamment élevées pour absorber le surcoût lié aux batteries et aux chaînes de production spécifiques à l’électrique.
Les modèles d’entrée de gamme comme l’ID.2 ou la future ID.Every1, promise sous les 20 000 €, ne deviennent viables que lorsque les coûts de production descendent suffisamment. C’est exactement ce que la SSP est supposée permettre. Dans l’intervalle, les modèles thermiques continuent d’assurer la majeure partie des revenus du groupe. Pour compenser, beaucoup de constructeurs cherchent également à générer des revenus récurrents via des abonnements logiciels, une piste que Volkswagen explore activement avec ses mises à jour over-the-air et ses services connectés.
| Indicateur | 2025 | Objectif 2026 | Objectif 2030 |
|---|---|---|---|
| Marge opérationnelle groupe | 2,8 % | 4 % – 5,5 % | 8 % – 10 % |
| Rentabilité des électriques vs thermiques | Inférieure | 70-80 % (ID.2 Cross) | Comparable (avec SSP) |
| Réduction des coûts de production | — | Améliorations MEB Plus | -20 % avec SSP |
La trajectoire de Volkswagen illustre les tensions que traverse tout le secteur automobile face à la transition énergétique. Produire des véhicules électriques compétitifs et rentables simultanément reste un exercice d’équilibriste, et le groupe allemand n’est pas le seul dans cette situation. Ce qui distingue VW ici, c’est la franchise avec laquelle ses dirigeants communiquent sur le sujet — ce qui, pour les acheteurs comme pour les investisseurs, vaut mieux que des promesses non étayées.
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