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BMW prépare discrètement ce qui pourrait devenir l’un de ses modèles les plus stratégiques des prochaines années. Alors que la marque munichoise déploie progressivement sa plateforme Neue Klasse sur des modèles haut de gamme comme l’i3 ou l’iX3, une version plus compacte et plus accessible serait en cours de développement. Ce modèle, susceptible de s’appeler i1, prendrait la forme d’une voiture électrique à hayon, héritière spirituelle de la Série 1 actuelle.
La Série 1 actuelle, référencée F70, est attendue en remplacement aux alentours de 2028. Mais contrairement à une transition classique où un modèle succède simplement à un autre, BMW envisagerait cette fois deux véhicules distincts. Le premier serait un successeur direct de la Série 1 thermique actuelle, probablement encore disponible avec des motorisations à combustion. Le second serait une version mécaniquement indépendante, construite exclusivement sur la plateforme Neue Klasse et dédiée à la motorisation électrique.
Ce choix stratégique n’est pas anodin. La Série 1 dépasse les 100 000 ventes annuelles en Europe en 2025, avec des marchés comme la France et l’Italie qui contribuent fortement à ce chiffre. Proposer une déclinaison 100 % électrique dans ce segment représente donc une opportunité commerciale réelle pour BMW, qui ne peut pas se permettre d’ignorer une clientèle urbaine de plus en plus attirée par les alternatives électriques dans la catégorie premium accessible.
L’une des questions qui se posent naturellement est celle du style. BMW a déjà démontré avec l’i3 berline et l’iX3 que deux modèles partageant la même base peuvent arborer des designs bien différenciés. La future i1 suivrait cette logique : elle ne serait pas une simple copie miniaturisée de l’i3, mais bénéficierait d’un traitement esthétique propre, avec une calandre spécifique, des surfaces carrossées différentes et une identité visuelle cohérente avec les codes Neue Klasse, sans pour autant les dupliquer à l’identique.
Surtout, l’i1 serait un vrai hatchback bas sur pattes, à la silhouette classique, loin des proportions SUV qui envahissent le marché. Pour les conducteurs qui apprécient le comportement routier précis d’une compacte, c’est une information importante. BMW envisagerait également de redonner vie à la carrosserie 3 portes, disparue lors du passage à la troisième génération de Série 1 en 2020. Un choix qui pourrait séduire une clientèle plus jeune, soucieuse du style autant que de la praticité.
L’i1 partagerait ses fondations avec l’i3 Neue Klasse, mais ses spécifications seraient volontairement revues à la baisse pour réduire son prix de vente. La grande batterie de 108,7 kWh de l’i3, qui lui confère jusqu’à 900 km d’autonomie WLTP, ne serait probablement pas reconduite sur l’i1. BMW opterait plutôt pour un pack de taille plus modeste, comparable à ce que propose aujourd’hui l’iX3 en version autonomie standard.
Voici ce que l’on peut anticiper en termes de caractéristiques pour l’i1, sur la base des informations disponibles et de la logique de gamme BMW :
La propulsion arrière mérite d’être soulignée. Dans la catégorie des compactes électriques, la quasi-totalité des concurrents misent sur un moteur avant. BMW choisirait de conserver son ADN dynamique, ce qui placerait l’i1 dans une position singulière face à des modèles comme la Volkswagen ID.2 ou la Renault 5 E-Tech.
On a tendance à mesurer l’ambition d’un constructeur à la taille et au prix de ses modèles phares. Pourtant, une compacte électrique premium bien positionnée tarifairement peut générer des volumes de ventes qu’aucun SUV haut de gamme n’atteindra jamais. C’est précisément l’enjeu de l’i1 : descendre suffisamment en prix pour rester dans l’orbite tarifaire de la Série 1 actuelle, tout en embarquant la technologie Neue Klasse.
Si BMW réussit cet exercice d’équilibrisme, l’i1 pourrait se retrouver face à un segment encore peu pourvu en alternatives réellement premium :
L’i1 viserait un positionnement différent : celui d’une vraie voiture électrique de caractère, avec une dynamique propulsion arrière et un badge premium, vendue à un prix proche des 35 000 à 40 000 euros selon les estimations. Ce créneau existe, et peu de constructeurs sont aujourd’hui capables de l’occuper avec crédibilité. BMW, fort de son expérience accumulée avec la plateforme Neue Klasse, dispose des arguments techniques pour y parvenir d’ici la fin de la décennie.
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