80 voitures électriques testées sur autoroute : les résultats font mal
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Le déploiement européen du système d’aide à la conduite Tesla Full Self-Driving (Supervisé) avance, pas après pas. Après les Pays-Bas en avril 2026, c’est désormais la Lituanie qui autorise le logiciel sur ses routes publiques. Une progression qui suit un chemin bien précis, à la fois prometteur et semé d’obstacles réglementaires. Voici ce que vous devez savoir sur l’état réel de ce déploiement.
L’Administration lituanienne de la sécurité des transports a officiellement reconnu la certification délivrée par l’autorité néerlandaise RDW, qui avait elle-même approuvé le système le 10 avril 2026, après plus de 18 mois de tests. Cette certification s’appuie sur le règlement ONU n°171, le standard européen régissant les systèmes d’assistance à la conduite pilotée, classés en niveau 2 d’automatisation selon la nomenclature internationale. Concrètement, le conducteur reste responsable à tout moment et doit maintenir son attention sur la route.
Ce qui distingue la démarche lituanienne, c’est qu’elle n’a pas conduit de programme de tests indépendant. Elle a simplement appliqué le mécanisme de reconnaissance mutuelle prévu par le droit européen : un État membre peut adopter l’homologation accordée par un autre pays sans refaire l’intégralité du processus de validation. C’est un raccourci administratif légal, mais qui soulève une question légitime : est-ce suffisant pour des routes aux conditions parfois très différentes de celles des Pays-Bas ?
La Lituanie a surpris beaucoup d’observateurs, car la Belgique était largement anticipée comme prochain pays à franchir le pas. La région flamande avait déjà autorisé Tesla à tester FSD sur voie publique avec au moins un véhicule, et ce processus est toujours en cours. La Grèce, de son côté, a annoncé via son ministère des Transports un projet de loi imminent accordant le même type d’approbation que celle des Pays-Bas. Si ce texte est adopté, elle deviendra le troisième pays européen à autoriser FSD. L’Irlande n’est pas en reste : son Department of Transport a confirmé le 10 mai 2026 que Tesla est en contact actif avec les autorités nationales, dont le National Standards Authority of Ireland (NSAI), pour obtenir une approbation.
Le tableau ci-dessous résume l’état d’avancement pays par pays :
| Pays | Statut FSD | Détail |
|---|---|---|
| Pays-Bas | Approuvé | Certification RDW le 10 avril 2026, après 18 mois de tests |
| Lituanie | Approuvé | Reconnaissance mutuelle de la certification néerlandaise |
| Grèce | En cours | Projet de loi annoncé par le ministère des Transports |
| Belgique | En cours | Tests actifs en Flandre sur voie publique |
| Irlande | En discussion | Engagement de Tesla avec le NSAI confirmé le 10 mai 2026 |
Tesla vise une disponibilité FSD à l’échelle de l’Union européenne d’ici l’été 2026, mais cet objectif semble de plus en plus difficile à tenir. Le RDW cherche à faire reconnaître sa certification auprès du Comité technique des véhicules à moteur de la Commission européenne (TCMV). Pour qu’une approbation bloc soit accordée, il faut que 55 % des États membres représentant 65 % de la population européenne votent en faveur du système. Or, aucun vote n’est encore planifié, les prochaines réunions du TCMV étant attendues en juillet et en octobre 2026.
Les résistances sont réelles et documentées. Des échanges internes obtenus par Reuters révèlent des inquiétudes marquées de la part des régulateurs scandinaves. La Suède, la Finlande, le Danemark et la Norvège ont exprimé des réserves précises :
Ces objections ne sont pas de simples tracasseries bureaucratiques. Dans des pays où les routes peuvent rester enneigées pendant des mois, valider un système d’assistance à la conduite qui n’a été testé intensivement que sur les routes néerlandaises — globalement plates et bien entretenues — représente un vrai risque à assumer. Tesla devra vraisemblablement apporter des réponses techniques précises sur ces deux points pour espérer convaincre les États les plus sceptiques.
Pour les conducteurs de Tesla résidant en Lituanie ou aux Pays-Bas, FSD (Supervisé) est accessible, à condition d’accepter les conditions du programme et de s’acquitter de l’abonnement mensuel. En Europe, ce dernier est facturé 99 € par mois. Un tarif qui fait déjà débat dans la communauté des utilisateurs : plusieurs propriétaires ayant testé le système aux Pays-Bas font état d’une expérience plus stressante que la conduite manuelle, en raison de la vigilance constante qu’impose la supervision du système.
Sur le fond, FSD reste un système de niveau 2 : il ne conduit pas de manière autonome. Il gère accélération, freinage et direction, mais le conducteur doit garder les mains sur le volant et les yeux fixés sur la route. La promesse commerciale peut sembler en décalage avec cette réalité technique, et certains régulateurs européens n’ont pas manqué de le souligner. Si l’approbation pays par pays continue de progresser — avec la Grèce et la Belgique potentiellement dans les prochains mois — Tesla pourrait tout de même avoir FSD actif dans une demi-douzaine de pays européens avant la fin de l’automne 2026, même sans validation formelle à l’échelle de l’Union.
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