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La nouvelle Dacia Spring et la Renault Twingo électrique partagent environ 75 % de leurs composants. Pourtant, ces deux cousines ne jouent pas dans la même cour sur le plan de la praticité. Si la Twingo mise sur le fun, la modularité et la technologie, la Spring revendique un positionnement résolument fonctionnel, fidèle à l’ADN de la marque roumaine. Et deux détails, en apparence anodins, illustrent parfaitement cette philosophie : un capot qui s’ouvre vraiment, et un coffre avant, le fameux frunk.
C’est l’un des points de différenciation les plus inattendus entre les deux modèles. Sur la Renault Twingo électrique, Renault a fait le choix de sceller le capot côté client. Concrètement, un capot existe bien, mais il ne peut être ouvert qu’en atelier, par un technicien. Pour faire le plein de liquide lave-glace, les conducteurs de Twingo devront se contenter d’une simple trappe positionnée à la base du pare-brise. Un choix assumé par Renault, sans doute pour simplifier l’expérience utilisateur et limiter toute intervention non souhaitée sous le capot.
Chez Dacia, l’approche est diamétralement opposée. Le capot de la Spring s’ouvre normalement, via une tirette située dans l’habitacle, sans manipulation complexe ni passage en atelier. Ce choix correspond parfaitement à la clientèle traditionnelle de Dacia, habituée à un rapport direct et autonome avec son véhicule. Cela permet notamment d’accéder à la batterie 12V, une opération que de nombreux propriétaires souhaitent pouvoir réaliser eux-mêmes. C’est un signal fort : la Spring s’adresse à des conducteurs pragmatiques, qui veulent garder la main sur leur voiture au quotidien.
Au-delà du capot ouvrant, c’est le frunk — contraction de “front trunk”, soit coffre avant — qui constitue peut-être le vrai argument distinctif de la Spring face à ses concurrentes. Hervé Barrière, chef de produit Spring, l’a clairement affirmé lors de la présentation en avant-première du modèle : « ce qui était indispensable pour nous, c’est le frunk ». Un espace de rangement à l’avant, rendu possible par la forme spécifique du capot de la Spring, qui s’étend à plat et libère ainsi un volume exploitable, là où la Twingo ne dispose pas de cette configuration.
Sur l’ancienne génération de Spring, ce frunk était disponible en tant qu’accessoire optionnel, et son succès a été suffisamment notable pour justifier son maintien : « 15 % des clients le prenaient, ce qui est beaucoup pour un accessoire », confirme Hervé Barrière. L’usage est avant tout pratique : ranger le câble de recharge Mode 3 utilisé ponctuellement, éviter de salir l’habitacle avec un câble humide ou poussiéreux, ou encore loger des affaires que l’on ne veut pas mélanger aux bagages. Dacia précise également être les seuls dans ce segment à proposer ce volume de rangement supplémentaire à l’avant du véhicule.
Par rapport à la première Spring, le frunk évolue sensiblement. Son volume passe de 35 à 18 litres, ce qui peut sembler être un recul, mais la forme change aussi : l’ancien était très large et relativement plat, le nouveau est plus profond. Une géométrie différente qui le rend, selon Dacia, plus facile à exploiter au quotidien, notamment pour y glisser un câble enroulé ou un sac compact.
Il y a en revanche un changement de statut à noter. Le frunk n’est plus un simple accessoire montable après achat : il devient une option à commander dès l’achat du véhicule, au prix de 150 €. Dacia est clair sur ce point : « Il ne peut pas être monté ensuite en raison de contraintes techniques ». La raison principale est l’ajout d’une pièce de structure nécessaire pour supporter le poids et garantir la rigidité de l’ensemble. Si vous envisagez l’achat d’une nouvelle Spring et que ce coffre avant vous intéresse, il faudra donc l’anticiper dès la configuration de votre commande, sans possibilité de rectification après livraison.
Ces deux caractéristiques — capot ouvrant et frunk — ne transforment pas radicalement l’usage d’une citadine électrique, mais elles témoignent d’une réflexion précise sur les attentes des acheteurs de Spring. Face à une Twingo qui cible un profil plus urbain et connecté, la Spring continue de tailler sa route en visant ceux qui veulent, avant tout, un outil de mobilité fiable, accessible et sans surprise. Dans un segment où les voitures électriques à petit budget se multiplient, ce type de détails peut faire la différence au moment de choisir.
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