Face à la technologie chinoise, les marques européennes misent sur le vieux
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La question de la fiabilité des voitures électriques sur le long terme revient régulièrement dans les conversations entre automobilistes, et elle freine encore bon nombre d’achats, notamment sur le marché de l’occasion. Une nouvelle étude publiée en septembre 2026 apporte des éléments de réponse concrets, chiffrés et difficiles à ignorer. Commandée par la BVRLA (British Vehicle Rental and Leasing Association), l’association britannique qui regroupe loueurs et sociétés de leasing, et réalisée par l’organisme de recherche indépendant New AutoMotive, elle s’appuie sur l’analyse de 47,4 millions de contrôles techniques effectués au Royaume-Uni entre juillet 2024 et juillet 2026, à partir des données officielles de la DVSA, l’agence gouvernementale chargée de la sécurité des véhicules. Ce volume de données est suffisamment massif pour tirer des tendances solides.
La force de cette étude réside dans la manière dont les données ont été traitées. Les chercheurs n’ont pas simplement comparé des voitures électriques et thermiques du même âge : ils ont croisé deux critères, l’âge et le kilométrage, pour corriger un biais bien réel. Les véhicules électriques roulent en effet davantage en début de vie, car ils sont très souvent acquis en premier lieu par des flottes d’entreprise ou des sociétés de location. Résultat : lors de leur premier contrôle technique, à 3 ans, les électriques affichent en médiane 43 600 kilomètres au compteur, contre environ 33 000 kilomètres pour les modèles essence. Comparer uniquement à âge égal reviendrait donc à pénaliser mécaniquement les électriques.
Une fois ce biais corrigé, les résultats changent du tout au tout. À faible kilométrage, entre 32 000 et 64 000 kilomètres, l’essence garde un léger avantage avec un taux d’échec de 11,7 % contre 12 % pour les électriques. Mais à mesure que le kilométrage grimpe, la tendance s’inverse progressivement et de façon marquée.
C’est à partir d’environ 96 000 kilomètres que les voitures électriques commencent à faire significativement mieux que les thermiques au contrôle technique britannique. Leur taux d’échec se stabilise autour de 16 %, tandis que celui des modèles essence et diesel continue d’augmenter. L’écart devient particulièrement visible entre 145 000 et 193 000 kilomètres : 22,1 % des voitures essence et 21,2 % des diesel sont recalées, contre seulement 16,5 % des électriques. Au-delà de 193 000 kilomètres, l’écart atteint 7,5 points, avec 16 % d’échec pour les électriques contre 23,5 % pour les essence.
Cette résistance au vieillissement s’explique en partie par la conception des motorisations électriques : moins de pièces mécaniques en mouvement, absence de boîte de vitesses traditionnelle, pas de système d’échappement, ni de courroie de distribution. Autant d’éléments qui tombent en défaut sur les moteurs thermiques avec les années. L’étude montre également que 94,6 % des électriques de 15 ans repassent un contrôle dans les 30 mois suivants, contre 88,1 % des essence. Ce qui signifie que le taux de sortie de la circulation, que ce soit à la casse, à l’export ou par retrait volontaire, est de seulement 5,4 % pour les électriques, contre 11,9 % pour les essence.
L’étude ne dresse pas un tableau sans nuance, et c’est précisément ce qui la rend crédible. Plusieurs points méritent votre attention si vous envisagez l’achat d’un véhicule électrique d’occasion.
Un autre point mérite d’être soulevé : les hybrides font encore mieux que les électriques dans chaque tranche de kilométrage, avec par exemple 13,6 % d’échec entre 145 000 et 193 000 km. Par ailleurs, et c’est une limite explicitement reconnue par les auteurs, le contrôle technique ne mesure pas l’état de santé de la batterie. Or c’est souvent le premier critère d’inquiétude des acheteurs de véhicules électriques d’occasion, et à juste titre.
Toby Poston, directeur général de la BVRLA, résume bien la leçon à retenir de cette étude : un kilométrage élevé ne doit pas, à lui seul, vous dissuader d’acheter un véhicule électrique d’occasion. Mais il ne suffit pas non plus de se fier au résultat du contrôle technique. Voici les éléments concrets à examiner avant de signer :
En août 2026, la motorisation électrique représentait 38,2 % des ventes de voitures neuves en France, soit 30 % sur les huit premiers mois de l’année. Avec des parcs qui vieillissent et des véhicules qui commencent à dépasser les 100 000 kilomètres, les données sur la durabilité réelle deviennent un argument concret, pas seulement un argument marketing. Cette étude, portant sur un volume de données rarement atteint dans ce domaine, confirme que la mécanique électrique tient la distance mieux que la mécanique thermique passé un certain seuil, à condition de ne pas faire l’impasse sur l’état de la batterie et des consommables avant tout achat.
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