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La Dacia Hipster n’a pas encore été officiellement annoncée, et pourtant elle fait déjà parler d’elle. D’après le magazine britannique Autocar, qui s’appuie sur une source anonyme proche du projet, cette future voiture électrique ultra-abordable entrerait en production dès 2027, avec un prix cible aux alentours de 11 000 euros. Si les informations se confirment, Dacia s’apprêterait à bousculer le bas de gamme électrique avec un modèle encore plus accessible que sa propre Spring. Voici ce que l’on sait réellement à ce stade.
Pour comprendre l’origine du projet Hipster, il faut revenir à la Spring. Lancée en 2020, la Spring était alors la voiture électrique la moins chère du marché européen, affichée sous les 20 000 euros. Depuis, la concurrence a considérablement durci le jeu : la Leapmotor T03, la BYD Dolphin Surf et d’autres modèles venus d’Asie ont réduit l’avance de Dacia. En réponse, la marque roumaine a sorti une Spring de deuxième génération en 2026, désormais dérivée de la Renault Twingo et assemblée en Slovénie, à partir de 17 900 euros hors aides d’État.
C’est précisément cette montée en gamme de la Spring qui a ouvert un espace sous elle, que Dacia entend occuper avec la Hipster. Le concept-car avait été dévoilé en octobre 2025, puis un brevet a fuité à l’été 2026, laissant entrevoir les contours de la version de série. Selon Autocar, la trajectoire du projet a d’ailleurs évolué en cours de route : Denis Le Vot, ex-patron de Dacia jusqu’en septembre 2025, envisageait initialement la Hipster comme la remplaçante directe de la Spring, avec un lancement fin 2026 et un prix autour de 13 000 euros. C’est finalement Luca de Meo, directeur général du groupe Renault, qui a tranché fin 2024 pour repositionner la Spring sur la base de la Twingo, libérant ainsi la Hipster pour un segment encore plus bas. Un changement de cap significatif qui explique en partie les délais actuels.
La Hipster serait assemblée à Shiyan, en Chine, dans l’usine qui produisait justement la Spring de première génération jusqu’en juillet 2026 — site aujourd’hui à l’arrêt. Ce retour dans une usine chinoise inoccupée est une décision logique sur le plan industriel, même si elle peut susciter des interrogations sur l’éligibilité au bonus écologique français, qui exclut les véhicules dont le bilan carbone de production est trop défavorable. Ce point reste à clarifier officiellement.
Les équipes basées à Shiyan ne se contenteraient pas d’assembler le véhicule : selon Autocar, elles participeraient activement au développement du moteur, de la batterie et du châssis. Une intégration plus profonde de l’ingénierie locale, dans un souci évident de maîtrise des coûts. David Durand, directeur du design de Dacia, a confié au magazine britannique que « le projet est en cours de développement et ne nécessite plus que l’approbation finale de la direction ». Ce qui signifie que le feu vert définitif n’a pas encore été donné, mais qu’on en est proche.
C’est sans doute l’aspect le plus structurant du projet. La Dacia Hipster ne serait pas homologuée comme une voiture classique, mais comme un quadricycle lourd de catégorie L7e. Ce statut implique des limitations réglementaires strictes et non négociables :
Ces contraintes dessinent un véhicule clairement pensé pour la ville et les routes secondaires. Pas question de prendre l’autoroute pour rejoindre un autre département : la Hipster cible les déplacements urbains et périurbains, là où la Spring peut encore jouer sur les voies rapides. C’est un usage différent, pas forcément inférieur, mais qui doit être bien compris avant tout achat.
Sur le plan technique, les informations disponibles restent partielles. La batterie afficherait une capacité de 15 kWh, avec une chimie encore indéterminée entre le LFP (lithium-fer-phosphate), plus robuste et moins coûteux, et le NMC (nickel-manganèse-cobalt), plus dense en énergie. L’autonomie réelle n’a pas été communiquée, mais compte tenu du gabarit, des vitesses limitées et de la faible puissance, une plage de 150 à 200 km en conditions réelles serait cohérente — à confirmer.
Le concept mesurait 3 mètres de long, 1,55 m de large et 1,53 m de haut, ce qui en fait un véhicule résolument compact. Le style de la version de série devrait rester fidèle au concept, avec quelques ajustements attendus sur la calandre, les pare-chocs et les feux. À noter deux détails de design originaux : des vitres divisées en deux parties et un coffre à charnière latérale, qui trahissent une volonté de se démarquer visuellement dans ce segment généralement peu inspiré.
La question mérite d’être posée franchement. La Spring de deuxième génération est actuellement accessible à partir de 11 720 euros avec le bonus écologique maximal — réservé aux ménages les plus modestes — et à 14 280 euros pour les autres acheteurs. Elle offre 250 km d’autonomie WLTP, 80 chevaux de puissance, une vitesse de pointe à 130 km/h et peut circuler sur autoroute. Dans les prochains mois, elle sera de surcroît équipée de batteries européennes, ce qui lui permettra de bénéficier du « surbonus » et de réduire encore davantage son prix.
Face à cette Spring bonifiée, la Hipster à environ 11 000 euros — sans que l’on sache encore si elle sera éligible à une aide en France — devra convaincre sur d’autres terrains : son gabarit encore plus compact pour se faufiler en ville, son accessibilité dès 16 ans, et peut-être un coût total d’utilisation plus bas grâce à une mécanique simplifiée. Dacia devra soigner son argumentaire commercial, car sur le papier, l’écart entre les deux modèles n’est pas si favorable à la Hipster. La réponse viendra avec l’annonce officielle, que l’on attend manifestement pour 2027.
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