Tesla s’offre un nouveau fournisseur chinois de batteries
Vous le savez sans doute, Tesla ne cesse d’ajuster sa stratégie pour maintenir ses marges dans un marché automobile électrique […]

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Alpine s’apprête à franchir un cap décisif avec la transformation électrique de son modèle phare. La marque française confirme l’arrivée prochaine d’une A110 fonctionnant aux batteries, tout en promettant de préserver l’ADN sportif qui a fait le succès du modèle actuel. Le constructeur vient de lever le voile sur les caractéristiques techniques de cette voiture électrique qui devrait voir le jour avant la fin 2025.
Le contexte a changé pour la marque au A fléché. Après des ambitions internationales affichées sous l’ère Luca de Meo, qui avait notamment prévu une gamme de sept modèles et un déploiement en Amérique du Nord, François Provost adopte une stratégie plus prudente. Le nouveau directeur général de Renault l’affirme sans détour dans les colonnes du Figaro : l’expansion internationale est suspendue. La priorité consiste désormais à démontrer la rentabilité d’Alpine sur les marchés français, allemand et britannique avant toute nouvelle dépense.
Malgré ce recadrage stratégique, le passage à l’électrique de l’A110 reste maintenu. Alpine veut prouver sa capacité à concevoir une véritable plateforme sportive électrique. Cette nouvelle base technique porte le nom d’APP, pour Alpine Performance Platform, et sera spécifiquement développée pour répondre aux exigences d’une sportive pure.
La question du poids constitue naturellement la principale préoccupation. L’A110 actuelle doit une grande partie de sa réputation à sa légèreté exceptionnelle, caractéristique difficile à maintenir avec l’intégration de batteries. Pour limiter la prise de masse, Alpine mise sur une architecture entièrement en aluminium. La rigidité structurelle sera garantie par des techniques innovantes de collage et de rivetage, permettant d’éviter l’ajout de renforts trop lourds.

La configuration des batteries révèle une approche originale. Alpine prévoit d’installer deux packs distincts utilisant la technologie cell-to-pack, qui supprime certains éléments intermédiaires et permet un gain de poids appréciable. L’un sera positionné à l’avant, l’autre à l’arrière, visant une répartition des masses de 40/60 entre les essieux avant et arrière. Cette disposition devrait favoriser le comportement dynamique recherché sur une sportive.
Le constructeur confirme également le choix d’une architecture 800V. Cette tension élevée autorise des puissances de recharge importantes et donc des temps d’arrêt réduits lors des sessions de charge rapide. Alpine reste discret sur l’autonomie prévue, un paramètre qui passera probablement au second plan derrière les performances et le plaisir de conduite.
La plateforme APP intégrera un essieu électrique arrière inédit qualifié de « 3-en-1 ». Ce système combine deux moteurs électriques indépendants, promettant un couple élevé et des performances exceptionnelles. La présence d’un onduleur SiC (carbure de silicium) permettra un contrôle ultra-rapide de la puissance délivrée à chaque roue.
Pour compenser l’inévitable augmentation de masse par rapport au modèle thermique, Alpine reprendra son système Alpine Active Torque Vectoring. Cette technologie répartit le couple entre les roues gauche et droite toutes les dix millisecondes, optimisant ainsi le comportement dynamique en virage et la motricité en sortie de courbe. Les trains de suspension seront également entièrement nouveaux et fabriqués en aluminium, tout comme les systèmes de freinage et de direction.
Alpine développe un calculateur baptisé Alpine Dynamic Model qui servira de cerveau central. Ce boîtier électronique supervisera l’ensemble des paramètres : gestion des batteries, contrôle des moteurs électriques, régulation du freinage, assistance de direction et même aérodynamique active. Cette approche intégrée vise à offrir une cohérence dans le comportement du véhicule, quel que soit le mode de conduite sélectionné.
La position de conduite s’inspirera directement de la Formule 1. Le conducteur sera placé très bas dans l’habitacle, avec un volant disposé à la verticale. Cette configuration devrait renforcer la sensation d’engagement au volant et le lien entre le pilote et sa machine.
L’architecture APP a été conçue pour accepter plusieurs carrosseries. Alpine pourra décliner cette base en coupé, en spider ou en configuration 2+2. La nouvelle A110 électrique, qui sera assemblée à Dieppe, devrait donc rapidement être proposée en version roadster. Le constructeur envisage également une future A310 à quatre places sur cette même plateforme.
Philippe Krief, patron d’Alpine, a révélé un détail qui a son importance : l’APP sera capable d’accueillir un moteur thermique. Même si aucun projet officiel n’a été confirmé, cette déclaration laisse la porte ouverte à une éventuelle A110 essence nouvelle génération. Une précision qui ne doit rien au hasard et qui rassure les puristes attachés au moteur à combustion.
Pour le reste du programme, Alpine observe le silence. La gamme de sept véhicules initialement annoncée n’est plus mentionnée, tout comme le projet d’hypercar électrique. La marque concentre visiblement ses ressources sur l’essentiel : réussir la transition électrique de son modèle emblématique tout en préservant les qualités qui ont fait sa renommée. La présentation complète de cette nouvelle A110 électrique est attendue d’ici les prochains mois, et elle devra convaincre une clientèle exigeante que performances et électrification peuvent faire bon ménage.
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