Ce SUV chinois brouille la frontière entre électrique et thermique
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Le budget 2026 se profile comme un véritable casse-tête pour la majorité des automobilistes français, mais les conducteurs de voitures électriques s’en sortent relativement mieux que les autres. Entre augmentations de taxes et suppressions d’aides, l’Assemblée nationale examine actuellement un projet de loi de finances qui redessine radicalement le paysage automobile français. Si certains dispositifs disparaissent définitivement, d’autres mesures préservent encore partiellement la mobilité électrique face à l’objectif gouvernemental d’économies budgétaires drastiques.
L’examen du budget 2026 a débuté dans un contexte politique tendu, avec une Assemblée sans majorité absolue et un Premier ministre qui refuse d’utiliser l’article 49-3. Cette configuration particulière rend les négociations particulièrement âpres, d’autant que l’objectif principal reste de réaliser des économies substantielles. Les automobilistes constituent manifestement une cible privilégiée de cette politique d’austérité, comme en témoignent les nombreuses mesures qui les concernent directement.
L’État français a définitivement tourné la page du soutien direct à l’achat de véhicules électriques. Après avoir déjà réduit drastiquement les enveloppes budgétaires en 2025 – passant d’environ 1,5 milliard d’euros en 2024 à moins de 800 millions d’euros – l’État s’est complètement retiré du dispositif dès le 1er juillet 2025. La prime à la casse a été définitivement supprimée, marquant la fin d’une époque.
Désormais, le fameux bonus écologique a été rebaptisé « coup de pouce véhicules électriques » et repose entièrement sur le financement des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Ce sont donc les fournisseurs d’énergie qui financent ces aides, et non plus le contribuable français. Le leasing social suit la même logique de financement. Cette réforme structurelle permet à l’État de ne plus inscrire au budget 2026 les coûteuses aides à l’achat de véhicules, libérant ainsi des marges de manœuvre budgétaires considérables.
Une zone d’ombre subsiste concernant l’avenir du crédit d’impôt pour l’installation de bornes de recharge à domicile. Selon l’article 200 quater C du code général des impôts, ce dispositif fiscal arrive à échéance le 31 décembre 2025. Sans prolongation explicite dans la loi de finances 2026, il disparaîtrait automatiquement, laissant les propriétaires de véhicules électriques sans ce soutien de 500 euros.
Cette aide, qui avait été revalorisée de 300 à 500 euros avant 2024, couvre actuellement une partie significative des frais d’installation d’une wallbox domestique. Sa suppression éventuelle représenterait un surcoût non négligeable pour les futurs acquéreurs de véhicules électriques. Les professionnels du secteur, installateurs et concessionnaires, devront probablement adapter leurs offres commerciales pour compenser cette éventuelle perte d’avantage fiscal.
Les conducteurs ayant opté pour le superéthanol E85 font face à une menace budgétaire majeure. Ce carburant alternatif, contenant jusqu’à 85% d’éthanol, bénéficie actuellement d’un prix exceptionnellement attractif d’environ 75 centimes le litre grâce à une fiscalité allégée.
Le projet de loi de finances 2026 prévoit un démantèlement progressif de cette niche fiscale. L’augmentation envisagée pourrait atteindre 40 à 50 centimes par litre d’ici 2028, uniquement sur la composante fiscale. Bien que l’E85 resterait théoriquement moins onéreux que le SP95 classique, l’écart se réduirait drastiquement, allongeant considérablement le délai de rentabilisation des kits de conversion. La Commission des Finances a déjà rejeté cette proposition, mais elle pourrait ressurgir lors des débats parlementaires.
L’année 2026 verra l’entrée en vigueur de malus renforcés, votés dès la loi de finances 2025. Le malus CO2 s’appliquera désormais dès 108 g/km au lieu de 113 g/km actuellement, avec un plafond relevé à 80 000 euros pour les véhicules émettant plus de 191 g/km. La trajectoire est déjà tracée : 103 g/km en 2027 avec un malus maximal de 90 000 euros, puis potentiellement 98 g/km en 2028 avec une pénalité pouvant atteindre 100 000 euros.
Le malus au poids subira également un durcissement significatif. Le seuil d’application sera abaissé de 1600 kg à 1500 kg dès 2026, avec une progressivité renforcée des tarifications. Cette mesure touche particulièrement les véhicules électriques, naturellement plus lourds en raison de leurs batteries.
À partir du 1er juillet 2026, même certains modèles électriques seront soumis au malus au poids, mais uniquement ceux n’ayant pas obtenu un éco-score suffisant. Un abattement de 600 kg est prévu pour ces véhicules, tandis que les modèles électriques « éco-scorés » conservent leur exemption jusqu’en 2028.
| Type de véhicule | Abattement malus poids | Durée de l’abattement |
|---|---|---|
| Électrique éco-scoré | Exemption totale | Jusqu’en 2028 |
| Électrique non éco-scoré | 600 kg | À partir de juillet 2026 |
| Hybride rechargeable | 200 kg | Jusqu’en 2028 |
| Hybride simple | 100 kg | Jusqu’en 2028 |
Cette différenciation par l’éco-score révèle la volonté gouvernementale de favoriser les véhicules électriques les plus vertueux sur l’ensemble de leur cycle de vie, de la production à la fin de vie. Les constructeurs devront ainsi optimiser non seulement l’efficience de leurs véhicules, mais aussi l’impact environnemental global de leur fabrication pour échapper aux pénalités fiscales futures.
Malgré le durcissement général de la fiscalité automobile, les propriétaires de véhicules électriques conservent des avantages relatifs significatifs face aux motorisations thermiques. Cette approche graduée témoigne d’une stratégie gouvernementale qui concilie impératifs budgétaires et objectifs de transition énergétique, même si les marges de manœuvre se resserrent progressivement pour tous les automobilistes français.
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