Finalement, le prochain SUV électrique de Mercedes aura un moteur essence
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GAC Group, constructeur automobile chinois détenu par l’État, franchit un cap décisif en lançant la production européenne de ses véhicules électriques. La marque vient d’inaugurer l’assemblage de son SUV électrique Aion V dans l’usine autrichienne de Magna à Graz, empruntant la même stratégie que Xpeng pour contourner les tarifs douaniers européens et s’implanter durablement sur le Vieux Continent.
L’usine autrichienne de Magna Steyr représente un véritable carrefour de l’industrie automobile. Ce site emblématique, qui assemble déjà les Mercedes-Benz Classe G et les modèles Xpeng, a vu défiler de nombreux projets au fil des années. Après avoir produit la défunte Jaguar I-Pace et le controversé Fisker Ocean – dont l’arrêt brutal a laissé des capacités de production disponibles – l’usine se tourne vers GAC pour maintenir ses chaînes en activité.
Cette collaboration s’inscrit dans une logique économique claire pour les constructeurs chinois. En produisant directement sur le sol européen, GAC évite les droits de douane supplémentaires imposés par l’Union européenne sur les véhicules électriques importés de Chine, qui peuvent représenter une ponction significative sur les marges. Magna, de son côté, sécurise ses volumes de production après la perte de plusieurs contrats.

Le GAC Aion V qui sort désormais des chaînes autrichiennes ne révolutionne pas le segment des SUV électriques, mais mise sur un rapport qualité-prix étudié. Long de 4,59 mètres, ce crossover à cinq portes rivalise directement avec des références comme le Toyota RAV4 dans ses dimensions extérieures.
Techniquement, le véhicule adopte une configuration simple avec un moteur électrique avant développant 201 chevaux. La batterie LFP de 75,2 kWh (lithium-fer-phosphate) permet d’atteindre une autonomie homologuée WLTP de 508 kilomètres, soit environ 435 kilomètres selon le cycle EPA américain. Les performances de recharge atteignent 180 kW en courant continu et 11 kW en courant alternatif, des valeurs correctes sans être exceptionnelles.
Le positionnement tarifaire du GAC Aion V révèle la stratégie offensive des constructeurs chinois en Europe. Proposé à partir de 35 990 euros TTC en Allemagne, le crossover électrique se positionne significativement sous le Tesla Model Y Standard à 39 990 euros, tout en offrant un niveau d’équipement plus généreux.
L’Aion V intègre de série des éléments habituellement facturés en option chez la concurrence :
Cette stratégie d’équipement pléthorique à prix serré place la concurrence européenne dans une position délicate, contrainte de justifier ses surcoûts face à une offre chinoise de plus en plus aboutie.
GAC rejoint un mouvement d’ampleur orchestré par les constructeurs chinois pour s’implanter durablement en Europe. BYD développe actuellement sa première usine européenne en Hongrie, avec un démarrage prévu d’ici la fin de l’année. Leapmotor, coentreprise avec Stellantis, a brièvement assemblé sa citadine T03 en Pologne avant de recentrer ses efforts sur un crossover électrique qui sera produit en Espagne dès 2026.
Cette multiplication des sites de production européens témoigne de l’ambition des marques chinoises, qui ne se contentent plus d’exporter vers l’Europe mais investissent massivement pour y développer un ancrage industriel pérenne. L’usine de Magna se transforme ainsi en véritable laboratoire de cette stratégie, hébergeant déjà Xpeng aux côtés de GAC.
Le succès commercial de l’Aion V constituera un test grandeur nature pour mesurer la capacité des constructeurs chinois à séduire durablement la clientèle européenne, au-delà de l’effet nouveauté et du seul argument prix. Avec sa note maximale de cinq étoiles Euro NCAP, le SUV dispose des atouts nécessaires pour s’imposer dans un segment ultra-concurrentiel.
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