Actu voiture électrique

Cette voiture électrique de 1920 n’avait déjà pas de volant : savez-vous pourquoi ?

Albert Lecoq

En pleine expansion du marché des véhicules électriques modernes, une pièce d’histoire automobile refait surface. Cette Milburn Light Electric Model 27L de 1920 illustre parfaitement l’âge d’or oublié de la mobilité électrique, une époque où les rues américaines comptaient déjà des milliers de voitures électriques. Mise en vente actuellement pour 30 000 dollars sur la plateforme Bring a Trailer, cette antiquité roulante fonctionne encore parfaitement et n’a parcouru que 6 400 kilomètres depuis sa sortie d’usine.

Un système de direction révolutionnaire pour l’époque

La particularité la plus frappante de cette Milburn réside dans son absence totale de volant traditionnel. Les ingénieurs de l’époque ont opté pour un système de deux manettes de direction (tillers en anglais), une solution qui peut paraître déroutante aujourd’hui mais qui s’avérait particulièrement logique dans le contexte automobile des années 1920.

Le principe de fonctionnement reste étonnamment simple : une manette contrôle la vitesse tandis que l’autre assure la direction du véhicule. Les freins, eux, conservent leur emplacement traditionnel au sol, bien que cette Milburn en possède deux pédales distinctes. Cette configuration permettait une conduite intuitive pour les conducteurs de l’époque, habitués aux véhicules hippomobiles plutôt qu’aux automobiles à essence complexes.

A lire également :  La voiture électrique séduit enfin les Français, mais un détail inquiète déjà

Les avantages de l’électrique face aux moteurs thermiques

Vers 1920, les voitures électriques présentaient des avantages considérables par rapport à leurs homologues à combustion. Elles fonctionnaient silencieusement, ne dégageaient aucune odeur et s’avéraient remarquablement faciles à utiliser. Cette simplicité contrastait fortement avec les automobiles à essence de l’époque, qui nécessitaient un démarrage à la manivelle – procédure non seulement laborieuse mais également dangereuse.

Les conducteurs urbains n’avaient pas besoin de maîtriser les changements de vitesse manuels, source fréquente de pannes et de frustrations. La Milburn disposait pourtant d’une transmission sophistiquée offrant cinq vitesses avant et deux vitesses arrière, bien que leur utilisation reste discrète lors de la conduite normale.

Une technologie de batterie avant-gardiste

Cette Milburn fonctionne grâce à un ensemble de cinq batteries de 12 volts, une configuration qui alimentait efficacement le moteur électrique pour les déplacements urbains. La société Milburn avait même développé un système d’échange de batteries particulièrement ingénieux : des plateaux roulants permettaient de remplacer rapidement les batteries déchargées par des unités fraîchement rechargées, évitant ainsi les temps d’attente.

Cette approche de la recharge rapide par échange n’est nullement une invention récente, contrairement aux idées reçues. Les constructeurs du début du XXe siècle avaient déjà identifié cette solution comme réponse aux limitations d’autonomie, un défi que l’industrie automobile électrique moderne redécouvre aujourd’hui.

  • Système d’échange de batteries par plateaux roulants
  • Configuration à cinq batteries de 12 volts
  • Transmission à cinq vitesses avant et deux vitesses arrière
  • Jantes en bois de 25 pouces de diamètre
A lire également :  Après l’électrique, l’automobile entre dans l’ère des usines sombres

Un témoin de l’histoire automobile électrique

La Milburn Motor Car Company a cessé ses activités en 1923, soit trois ans seulement après la production de ce modèle. Cette fermeture illustre le déclin rapide de l’industrie électrique automobile qui s’est achevé vers 1935, laissant le champ libre aux moteurs à essence pendant près d’un siècle.

Cette Model 27L propose une configuration à quatre places avec deux sièges face à la route et deux strapontins rabattables orientés vers l’arrière. L’expérience de conduite promet d’être unique, offrant aux passagers un voyage dans le temps vers une époque où l’électrique représentait l’avenir de la mobilité urbaine.

État de conservation et perspectives d’acquisition

Selon l’annonce, cette Milburn 1920 conserve son état d’origine complet, un atout considérable pour les collectionneurs et les passionnés d’histoire automobile. Ses 6 400 kilomètres au compteur témoignent d’une utilisation parcimonieuse qui a préservé ses composants mécaniques et électriques d’origine.

Pour 30 000 dollars, cette pièce de collection offre bien plus qu’un simple véhicule ancien : elle constitue un témoignage tangible d’une époque où l’innovation électrique façonnait déjà l’avenir des transports urbains. Son acquisition représenterait un investissement dans un pan méconnu mais fascinant de l’histoire automobile, à l’heure où les véhicules électriques reconquièrent massivement les routes mondiales.

A lire également :  Oui, les batteries de voitures électriques durent plus longtemps que les véhicules eux-mêmes

Réagissez à l'article
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires