Cette citadine électrique chinoise a une astuce bien à elle : augmenter l’autonomie à la demande
Vous avez acheté une citadine électrique, et six mois plus tard, son autonomie vous paraît juste. En général, vous n’avez […]
La Russie n’est pas le premier pays auquel on pense pour parler d’électrification. Elle dispose d’immenses réserves de pétrole, de très longues distances à parcourir, d’un réseau de recharge inégal et d’hivers qui font fondre l’autonomie des batteries. Pourtant, selon l’agence Autostat, citée par le New York Times, la part des modèles à prise y atteint désormais 11,5 % des ventes de voitures neuves fin septembre, contre environ 5 % en début d’année. C’est un niveau supérieur à celui des États-Unis. La cause n’a rien d’une conviction écologique : les pompes sont vides.
Les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes ont désorganisé l’approvisionnement en carburant. Le pays produit du brut en abondance, mais le raffiner et l’acheminer jusqu’aux stations est devenu un casse-tête en 2026. Les automobilistes enchaînent les stations sans trouver d’essence ou patientent des heures avant de faire le plein.
Le patron d’Autostat, Sergei Tselikov, en est lui-même un exemple. Après avoir écumé cinq stations voisines sans trouver une goutte d’essence, il a acheté en juillet une berline compacte électrique GWM Ora 03 GT. Quelques jours plus tard, le tarif du modèle avait grimpé d’environ 2 000 dollars, signe d’une demande qui dépasse l’offre.
Les chiffres relayés par Reuters confirment l’emballement. Entre juin et août, les Russes ont acheté 26 543 voitures 100 % électriques et hybrides rechargeables neuves, contre 12 187 un an plus tôt. Les distributeurs ont été pris de court. Pour les seules électriques, NEWS.ru rapporte 2 216 ventes en août (+105 %), avec une croissance surtout portée par les modèles affichés entre 2 et 3 millions de roubles, soit 23 500 à 35 300 dollars.
L’offre vient en grande majorité de Chine, comme la Zeekr 7GT photographiée pour l’article d’origine. Ce détail compte : les constructeurs chinois disposent de gammes complètes et de prix agressifs, ce qui leur permet de répondre vite à un marché soudain demandeur.
Le chiffre russe additionne électriques et hybrides rechargeables. Il ne prouve donc pas que la Russie a dépassé les États-Unis sur les seules électriques. Aux États-Unis, les ventes ont fait un bond juste avant le 30 septembre 2025, date de fin du crédit d’impôt fédéral, puis ont chuté avant de montrer quelques signes de reprise. Cox Automotive recense 78 895 voitures électriques neuves en août, soit 5,7 % du marché, en hausse de 2,5 % sur juillet mais en recul de 46,9 % sur un mois d’août 2025 exceptionnel.
Voici ce que donnent les principales données disponibles, avec des périmètres différents :
| Marché | Période | Part des voitures à prise |
|---|---|---|
| Russie (électriques + hybrides rechargeables) | Fin septembre | 11,5 % |
| États-Unis (électriques seules) | Août | 5,7 % |
| États-Unis (électriques + hybrides rechargeables) | 2e trimestre | 6 % + 1,4 % |
| Union européenne (électriques seules) | Janvier-août | 21,7 % |
| Union européenne (avec hybrides rechargeables) | Janvier-août | 31,7 % |
| Chine (avec hybrides rechargeables) | Août | plus de 65 % |
L’Union européenne affiche 1,64 million d’immatriculations électriques sur huit mois, auxquelles s’ajoutent 758 082 hybrides rechargeables. Les acheteurs y bénéficient d’un choix plus large, de prix plus bas et de carburants plus chers. En Chine, selon la CPCA, le marché a absorbé en août 698 000 électriques et 307 000 hybrides rechargeables (prolongateurs d’autonomie compris), soit environ un million de voitures à prise. Les électriques pures pèsent à elles seules 45,3 % des ventes.
La Russie illustre un mécanisme simple : l’électrique s’impose quand l’alternative devient indisponible ou trop coûteuse. Pour vous, quelques repères pratiques ressortent de ce cas :
Si vous disposez d’une prise à domicile ou sur votre lieu de travail, vous êtes déjà moins exposé à une rupture d’approvisionnement en carburant. Si ce n’est pas le cas, la question du point de recharge doit passer avant celle du modèle.
Le bond russe doit se lire avec prudence : il découle d’une pénurie subie, pas d’un choix durable, et il additionne électriques et hybrides rechargeables. Pour la France, il rappelle surtout qu’une voiture qui ne dépend pas du pétrole protège mieux d’une crise d’approvisionnement, et que les constructeurs chinois savent absorber très vite une demande en hausse.
L’avis de Rouleur électrique
Ce qui se passe en Russie montre aussi la puissance industrielle des marques chinoises. Quand un marché bascule en quelques semaines, elles ont les volumes, les gammes et les usines pour livrer. En Europe, où elles progressent déjà, cette capacité pèsera dans les prochaines négociations sur les droits de douane et les prix. À vous de surveiller les offres de leasing et les promotions, car la concurrence profite directement à l’acheteur.
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