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Voici l’hypercar électrique de 1876 chevaux d’un fabricant d’aspirateur

François Zhang-Ming

Connu jusqu’alors pour ses aspirateurs haut de gamme, le fabricant chinois Dreame a surpris son monde au CES 2026 de Las Vegas en présentant une hypercar 100 % électrique aux performances ahurissantes. Avec ses 1 876 chevaux développés par quatre moteurs électriques, ce concept baptisé “Nebula” sous la future marque Kosmera affiche des ambitions démesurées. Si l’entreprise de Shenzhen réussit son pari, elle pourrait bien chambouler le marché très fermé des supercars électriques dominé par Rimac et Pininfarina.

Cette incursion dans l’automobile n’est pas le fruit du hasard. Dreame, surnommé le “Dyson chinois” pour sa capacité à s’inspirer puis dépasser ses concurrents, applique sa stratégie habituelle à un secteur où la Chine entend s’imposer définitivement.

Une puissance électrique record de 1399 kW

Le concept Nebula mise tout sur la puissance brute. Ses quatre moteurs électriques délivrent ensemble 1 399 kW, soit exactement 1 876 chevaux – un chiffre qui place d’emblée cette hypercar dans la cour des grands. Pour vous donner une idée, la Rimac Nevera développe 1 914 chevaux tandis que la Pininfarina Battista culmine à 1 900 chevaux.

Cette architecture à quatre moteurs permet théoriquement une répartition optimale de la puissance sur chaque roue. Dreame annonce un 0 à 100 km/h en 1,8 seconde, ce qui constituerait une performance remarquable, même si elle reste à prouver en conditions réelles. Pour comparaison, voici les références actuelles du segment :

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ModèlePuissance0-100 km/h
Dreame Nebula (concept)1 876 ch1,8 s (annoncé)
Xiaomi SU7 Ultra1 548 ch1,97 s
Rimac Nevera1 914 ch1,97 s

Un design qui assume ses inspirations

L’histoire du design de cette hypercar mérite d’être racontée. Lors de sa première communication, Dreame avait maladroitement présenté des croquis ressemblant trait pour trait à la Bugatti Chiron, probablement générés par intelligence artificielle à partir d’images du modèle français. Une bourde qui avait fait sourire l’industrie automobile.

Le concept final présenté au CES s’éloigne heureusement de cette copie grossière. La carrosserie arbore une livrée verte agrémentée de nombreux éléments en fibre de carbone. Le design adopte les codes esthétiques des hypercars modernes avec :

  • Une ligne de capot très inclinée pour optimiser l’aérodynamisme
  • Des phares en forme de L, signature visuelle de la marque
  • Des étriers de frein jaunes contrastant avec la carrosserie
  • Un aileron arrière fixe de grande dimension
  • Un diffuseur à double couche pour maximiser l’appui aérodynamique

Malgré cette évolution esthétique, on retrouve encore quelques reminiscences de Bugatti, notamment dans les nervures arrondies sur les flancs du véhicule.

Les défis techniques et réglementaires à surmonter

Le passage du concept à la réalité soulève plusieurs interrogations techniques. La première concerne la gestion thermique : faire fonctionner quatre moteurs électriques de cette puissance nécessite un système de refroidissement particulièrement sophistiqué. La batterie haute tension devra également supporter des pics de décharge considérables sans compromettre sa longévité.

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Un détail apparemment anodin pourrait compliquer la commercialisation : l’absence de poignées de porte visibles sur le concept. La Chine prépare une réglementation interdisant les poignées rétractables pour des raisons de sécurité, obligeant Dreame à repenser cet aspect du design pour une éventuelle version de série.

L’autonomie constitue un autre défi majeur. Avec une telle puissance disponible, la consommation électrique peut rapidement exploser, limitant drastiquement le rayon d’action du véhicule. Les constructeurs d’hypercars électriques peinent généralement à dépasser les 400 kilomètres d’autonomie en usage mixte.

Une stratégie internationale ambitieuse

Dreame ne compte pas limiter sa hypercar au marché chinois. L’entreprise a annoncé son intention de construire une usine à Berlin, en collaboration avec BNP Paribas, à proximité directe de la Gigafactory Tesla. Cette implantation européenne témoigne d’une volonté d’attaquer frontalement le marché occidental des voitures électriques de luxe.

Le choix de l’Allemagne n’est pas anodin : le pays dispose d’un écosystème automobile développé et d’une main-d’œuvre qualifiée. La proximité avec l’usine Tesla pourrait également faciliter le recrutement d’ingénieurs expérimentés dans les technologies électriques haute performance.

Si le projet aboutit, cette hypercar devrait voir le jour d’ici 2027 sous la marque Kosmera, créée spécifiquement pour cette incursion automobile. Le prix n’a pas été communiqué, mais on peut raisonnablement l’estimer entre 1,5 et 2 millions d’euros, positionnant la Nebula en concurrence directe avec les références actuelles du segment. Reste à savoir si Dreame saura concrétiser ses promesses techniques et transformer ce concept spectaculaire en réalité automobile crédible.

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