Ce constructeur américain est convaincu que l’électrique écrasera tout très bientôt
Mary Barra, PDG de General Motors, persiste dans sa vision d’un avenir entièrement électrique alors que l’industrie automobile traverse une […]
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L’échéance de 2035 et l’interdiction des moteurs thermiques approchent à grands pas. Si dix années peuvent paraître longues, elles représentent un délai serré dans l’industrie automobile. Alors que les constructeurs multiplient les annonces sur leurs futurs modèles électriques, la réalité du marché révèle des situations contrastées. Entre les bons élèves qui affichent déjà plus de 50% de véhicules électriques dans leur gamme et les retardataires qui peinent à franchir le cap des 10%, le paysage automobile dessine des stratégies différenciées selon les origines géographiques et les positionnements de marque.
Cette analyse issue de nos confrères de chez Automobile Propre se base sur les modèles effectivement disponibles à la vente en France en 2025, toutes versions confondues, hors utilitaires. Les marques chinoises, majoritairement spécialisées dans l’électrique pur, ne figurent pas dans ce classement pour permettre une comparaison équitable entre constructeurs traditionnels.
L’industrie automobile européenne traverse une période délicate en 2025. La réglementation de plus en plus stricte pousse les constructeurs vers l’électrification, mais le ralentissement brutal des ventes de véhicules électriques en Allemagne en 2024 et en France ces derniers mois tempère l’enthousiasme. La fin des aides publiques et l’inflation ont provoqué d’importantes restructurations industrielles. Porsche a récemment abandonné ses projets de production de batteries via sa filiale Cellforce, jugeant cette activité insuffisamment rentable.
Dans ce contexte mouvementé, les performances varient considérablement. Renault se distingue avec 50% de sa gamme électrifiée, proposant 10 modèles électriques sur 20 références totales. Cette performance place le constructeur français en tête du classement européen, suivi de près par Citroën avec 47% d’électrification et 7 modèles sur 15. Ces résultats reflètent une stratégie volontariste des marques françaises sur leur marché domestique.
| Constructeur | Gamme complète | Modèles électriques | Pourcentage d’électrification |
|---|---|---|---|
| Renault | 20 | 10 | 50% |
| Citroën | 15 | 7 | 47% |
| Mini | 8 | 3 | 37% |
| Audi | 25 | 9 | 36% |
| Mercedes | 38 | 11 | 29% |
| BMW | 36 | 7 | 27% |
Le marché américain bénéficie des mesures fédérales de la loi IRA, qui encourage l’achat de véhicules électriques produits localement. Malgré une part de marché de seulement 7,6% début 2025, certaines marques américaines affichent des performances remarquables. Cadillac impressionne avec une gamme 100% électrique pour son retour en France, même si celle-ci se limite à 4 modèles. Cette stratégie radicale illustre la volonté d’une marque historiquement associée aux gros moteurs V8 de se réinventer.
Ford adopte une approche plus mesurée mais efficace avec 45% de sa gamme européenne électrifiée, soit 4 modèles sur 9. Cette performance place le constructeur de Dearborn parmi les bons élèves, démontrant que la transition énergétique n’épargne aucun segment, y compris les pickups avec le F-150 Lightning.
Les constructeurs asiatiques présentent des approches diamétralement opposées selon leur origine géographique. Les marques coréennes tirent leur épingle du jeu avec des taux d’électrification élevés. Kia atteint 50% de sa gamme avec 8 modèles électriques sur 16, tandis qu’Hyundai affiche 32% avec 6 modèles sur 19. Cette performance s’explique par l’expérience précoce de ces constructeurs dans les technologies de batterie et leur maîtrise des coûts de production.
À l’opposé, les constructeurs japonais révèlent des stratégies plus prudentes. Toyota, premier constructeur mondial, ne propose qu’un seul modèle électrique sur 20 références, soit un taux dérisoire de 5%. Honda fait à peine mieux avec 11% d’électrification. Ces chiffres s’expliquent par la stratégie de ces marques, qui privilégient encore les technologies hybrides et explorent l’hydrogène comme alternative aux batteries.
Certaines marques accusent un retard significatif dans leur transition électrique. Seat constitue le cas le plus flagrant parmi les constructeurs européens avec 0% de véhicules électriques dans sa gamme actuelle. La Mii électrique, commercialisée en 2019, a été retirée du catalogue sans successeur. Le constructeur ibérique ne prévoit aucun lancement avant 2030, une stratégie risquée à cinq ans de l’interdiction du thermique.
D’autres marques comme Opel, Skoda ou Dacia plafonnent à 17% d’électrification, révélant des stratégies encore timides face aux enjeux réglementaires. Ces constructeurs misent sur leur positionnement prix et leur réseau de distribution pour rattraper leur retard, mais le temps presse.
Le mouvement vers l’électrification s’accélère globalement, porté par les contraintes réglementaires et l’évolution des mentalités. Volkswagen vise 70% d’électrification en Europe dès 2030, Ford ambitionne une gamme entièrement électrique d’ici la même échéance. Les constructeurs coréens semblent déjà prêts pour le basculement, tandis que les Japonais maintiennent leur prudence légendaire. Cette transition révèle autant les capacités d’adaptation des constructeurs que les défis industriels, économiques et technologiques de la mobilité zéro émission. La concurrence chinoise croissante et les incertitudes politiques sur l’échéance de 2035 ajoutent une dimension supplémentaire à cette course contre la montre technologique.
Source: Automobile Propre
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