Actu voiture électrique

La voiture électrique représente désormais 4 immatriculations sur 10

Albert Lecoq

Le marché automobile français n’en finit pas de surprendre. Septembre 2026 vient d’établir un nouveau record de part de marché pour les voitures électriques, porté par une conjonction de facteurs qui accélèrent visiblement la bascule des automobilistes vers la prise. Entre la flambée des prix des carburants, une offre qui s’est considérablement étoffée et des modèles désormais accessibles à des budgets plus variés, le mois écoulé marque une étape notable dans l’histoire du marché français.

Un marché en forte hausse, dominé par les immatriculations électriques

Commençons par les chiffres globaux : 156 640 voitures particulières ont été immatriculées en septembre 2026, soit une progression de 11,6 % par rapport à septembre 2025. C’est une bonne nouvelle pour l’ensemble de la filière, mais ce qui retient vraiment l’attention, c’est la répartition par motorisation.

Les 65 247 véhicules électriques immatriculés en septembre représentent une hausse annuelle de 107,5 % — soit un doublement en un an. Leur part de marché atteint 41,6 %, contre 38 % en août, ce qui en fait officiellement la motorisation la plus répandue du mois. Pour contextualiser, voici comment se répartissent les autres technologies :

  • Hybrides essence non-rechargeables : 35,5 % de part de marché
  • Essences sans hybridation : 10,5 %
  • Diesel : seulement 1,5 % — un chiffre qui aurait semblé impensable il y a encore cinq ans
A lire également :  Batteries solides : le patron de la R&D Hyundai parie sur son avenir

Le diesel à 1,5 %, c’est l’information qui mérite qu’on s’y arrête. Cette motorisation, qui dominait le marché français pendant des décennies, est aujourd’hui marginale. La hausse du prix du gazole, conjuguée aux restrictions de circulation dans les grandes agglomérations et aux coûts d’entretien qui restent élevés, a fini par convaincre même les derniers récalcitrants de regarder ailleurs.

Tesla Model Y indétrônable, la Renault 5 dans son sillage

Dans ce contexte favorable, le Tesla Model Y confirme sa domination sans partage. Avec 8 183 exemplaires immatriculés en septembre, il écrase littéralement la concurrence et creuse l’écart sur le reste du classement. Sur les neuf premiers mois de l’année, son cumul atteint 37 840 unités, en hausse de 141,5 % par rapport à 2025. Il faut dire que Tesla a su maintenir une politique tarifaire agressive tout en livrant des volumes conséquents — une combinaison qui continue de payer.

La Renault 5 occupe la deuxième place avec 5 224 immatriculations en septembre et 31 998 sur l’année, en progression de 47,2 %. C’est un bon score, mais la citadine française voit le titre de voiture électrique la plus vendue en 2026 lui échapper progressivement. L’écart avec le Model Y se creuse mois après mois, et il faudrait un retournement de situation spectaculaire pour que la R5 comble ce retard d’ici décembre.

A lire également :  La nouvelle Smart #2 : mini format, maxi autonomie

La Renault Twingo fait une entrée remarquée, le Scénic retrouve des couleurs

Si Renault ne peut pas tout gagner, la marque au losange a de quoi se satisfaire. La nouvelle Twingo électrique réalise un début de carrière particulièrement solide : 14 483 exemplaires immatriculés depuis son lancement, dont 4 992 pour le seul mois de septembre. Pour une nouveauté, c’est une entrée en matière qui confirme l’appétit des Français pour les petites citadines électriques accessibles.

Le Renault Scénic électrique connaît quant à lui un vrai regain de forme, avec des ventes en hausse de 89 % depuis janvier. Ses 2 738 immatriculations en septembre lui valent la 5e place du classement mensuel, devant le Peugeot e-3008 qui profite lui aussi du contexte avec une progression de 71,9 % sur l’année.

Palmarès des ventes électriques en septembre et cumul 2026

Pour avoir une vue d’ensemble des modèles qui tirent le marché vers le haut, voici le top 10 des immatriculations de voitures électriques :

RangModèleSeptembre 2026Cumul 2026Évolution
1Tesla Model Y8 18337 840+ 141,5 %
2Renault 55 22431 998+ 47,2 %
3Renault Twingo4 99214 483Nouveauté
4Peugeot 2083 27414 230+ 80,5 %
5Renault Scénic2 73820 520+ 89,1 %
6Citroën C32 69613 979+ 20,9 %
7Peugeot 30081 6438 681+ 71,9 %
8Skoda Elroq1 45710 319+ 114,4 %
9Volkswagen ID.41 41410 472+ 169,1 %
10Renault Mégane1 25410 552+ 82,7 %

Des gagnants, mais aussi des modèles à la peine

Le tableau d’ensemble reste globalement positif, mais tous les modèles ne profitent pas de la même dynamique. Le Skoda Elroq confirme qu’il a bien trouvé son public avec 1 457 immatriculations en septembre et plus de 10 000 unités écoulées depuis janvier (+ 114,4 %). Le Volkswagen ID.4, pourtant en fin de cycle de vie, affiche lui aussi une hausse spectaculaire de 169,1 % — probablement le signe que les remises accordées par le réseau commencent à mordre.

A lire également :  Mercedes admet avoir été trop loin sur ses voitures électriques

Du côté des modèles qui peinent à convaincre, la Mini Cooper électrique ne décolle pas (451 unités en septembre), tout comme la Ford Explorer (394) ou l’Opel Corsa électrique (187). Ces résultats décevants pointent vers un positionnement tarifaire ou une offre qui ne correspond pas encore aux attentes du marché français.

Ce qui se dessine clairement à travers ces statistiques, c’est que les Français font des choix de plus en plus tranchés : ils plébiscitent les modèles qui cumulent accessibilité, autonomie suffisante et réseau de charge fiable. Les voitures électriques qui ne cochent pas ces cases continuent d’avoir du mal à s’imposer, quel que soit le contexte général du marché.

Réagissez à l'article
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire