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Ford s’allie à Renault pour produire deux voitures électriques abordables

Philippe Moureau

Ford vient d’annoncer un partenariat stratégique avec Renault qui pourrait bien redessiner sa gamme européenne de véhicules électriques. Cette collaboration, qui débouchera sur deux nouveaux modèles électriques prévus pour début 2028, marque une nouvelle étape dans la stratégie du constructeur américain face à la concurrence croissante sur le marché européen. L’accord prévoit que Renault produira ces véhicules dans ses usines françaises, s’inspirant du modèle déjà établi avec Volkswagen pour l’Explorer et le Capri européens.

La plateforme Ampere au cœur du partenariat Franco-Américain

Les deux futurs modèles Ford reposeront sur la plateforme Ampere de Renault, sans que les constructeurs aient précisé quelle version sera utilisée. Deux options s’offrent à eux : l’AmpR Small (anciennement CMF-B EV) et l’AmpR Medium (ex-CMF-EV). Cette flexibilité ouvre la voie à des véhicules de segments différents, potentiellement un modèle du segment B (citadine) et un autre du segment C (compacte).

L’hypothèse la plus probable reste celle de deux citadines électriques basées sur l’AmpR Small : une berline compacte et un crossover surélevé, reprenant la recette qui fonctionne déjà pour les Renault 5 et 4 E-Tech. Cette approche permettrait à Ford de proposer des alternatives directes aux modèles français tout en conservant son identité de marque distinctive.

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Le retour possible de la Fiesta en version 100% électrique

L’arrivée de ces nouveaux modèles pourrait marquer le retour de la Fiesta, cette fois exclusivement en version électrique. Cette renaissance s’inscrirait dans une logique de continuité pour Ford, qui cherche à préserver ses appellations historiques tout en s’adaptant à l’électrification du marché. Jim Farley, PDG de Ford, a d’ailleurs souligné que ces véhicules “combineront l’échelle industrielle et les actifs électriques du Groupe Renault avec le design iconique de Ford et sa dynamique de conduite”.

L’aspect le plus séduisant de cette collaboration réside dans la possibilité de voir naître une Fiesta ST électrique. En s’inspirant du groupe motopropulseur de l’Alpine A290, cette version sportive pourrait développer 220 chevaux et 300 Nm de couple, permettant un 0 à 100 km/h en 6,5 secondes. Une performance qui placerait ce modèle dans une catégorie encore peu explorée par les constructeurs généralistes.

Batteries et autonomie : des caractéristiques alignées sur la Renault 5

Les deux futurs modèles Ford partageront vraisemblablement les batteries des Renault 5 et 4 E-Tech. La gamme s’articulera autour de deux options :

  • Version de base avec batterie 40 kWh pour un usage urbain optimisé
  • Version longue autonomie équipée d’un pack 52 kWh pour les trajets plus longs

Cette configuration devrait permettre d’atteindre une autonomie maximale de 410 kilomètres en cycle WLTP pour la version la plus dotée, reprenant les performances déjà validées sur la Renault 5. La production aura lieu dans l’usine Renault de Douai, spécialisée dans la fabrication de véhicules électriques, garantissant une expertise industrielle éprouvée.

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Une stratégie défensive face à la concurrence chinoise

Cette alliance avec Renault s’inscrit dans un contexte concurrentiel particulièrement tendu pour Ford en Europe. L’arrivée massive de constructeurs chinois proposant des véhicules électriques à prix agressifs pousse les marques traditionnelles à revoir leurs stratégies. Pour Ford, externaliser le développement et la production de ces modèles d’entrée de gamme représente une solution pragmatique pour maintenir sa présence sur un segment où les marges sont réduites.

Jim Farley n’a pas hésité à déclarer que Ford menait “un combat pour sa survie dans l’industrie”, une phrase qui illustre l’urgence de la situation. Cette approche d’externalisation, déjà expérimentée avec Volkswagen, permet au constructeur de minimiser les investissements tout en conservant une offre compétitive sur le marché européen.

Les deux nouveaux modèles Ford-Renault représentent ainsi une première étape dans ce que Ford qualifie d'”offensive produit complète” pour l’Europe. Parallèlement, le constructeur américain continue de développer ses propres véhicules électriques, notamment un modèle qui pourrait reprendre le badge Focus, bien qu’il s’agisse probablement d’un crossover plutôt que d’une berline traditionnelle. Ce futur modèle devrait se positionner entre le Puma et l’Explorer actuel, avec un accent mis sur l’accessibilité financière.

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