Leapmotor A10 : la prochaine claque technologique venue de Chine
Le constructeur chinois Leapmotor vient de dévoiler les spécifications officielles de son nouveau SUV compact A10, via les documents réglementaires […]
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Le groupe Hyundai fait aujourd’hui partie des constructeurs qui proposent les voitures électriques les plus abouties du marché. L’Ioniq 5, l’Ioniq 6 ou encore la Genesis GV60 brillent par leur autonomie, leurs vitesses de recharge ultrarapides et leur design avant-gardiste. Pourtant, un domaine majeur échappe encore au constructeur coréen : la conduite autonome avancée. Là où Tesla propose son Autopilot et où General Motors déploie son Super Cruise, Hyundai peine à proposer une solution équivalente à ses clients européens et américains.
Cette lacune devient problématique pour un groupe qui affiche des ambitions technologiques considérables. Selon plusieurs sources coréennes, rattraper les leaders de la conduite autonome constitue désormais une priorité absolue pour Hyundai Motor Group. Une stratégie qui pourrait redéfinir l’approche du constructeur dans les années à venir.
Euisun Chung, président exécutif du groupe Hyundai, a récemment effectué une visite remarquée au siège de 42dot, la filiale autonomie du constructeur basée en Corée du Sud. L’événement marquant de cette visite : un essai dans un prototype d’Ioniq 6 entièrement autonome, équipé d’un système de conduite dit “end-to-end”. Cette technologie révèle toute sa complexité puisqu’elle traite directement les données brutes issues des caméras, lidars et radars pour alimenter une intelligence artificielle unique capable de piloter le véhicule.
Cette démonstration n’est pas anodine. Dans l’industrie automobile, les visites de dirigeants dans les centres de recherche sont certes fréquentes, mais celle-ci avait pour objectif d’afficher publiquement la confiance du groupe dans ses développements technologiques. Un signal fort alors que 42dot, acquise par Hyundai en 2022, traverse une période d’incertitude avec le départ récent de son dirigeant Song Chang-hyeon. Ce dernier supervisait également la division Advanced Vehicle Platform du constructeur, et son départ serait lié aux progrès limités enregistrés dans le domaine de l’autonomie.
NEWS: Hyundai's self-driving unit 42dot has released a new video showing off its end-to-end autonomous driving software on the roads of South Korea, and parking.
— Sawyer Merritt (@SawyerMerritt) December 7, 2025
"It drives using only eight cameras mounted on the vehicle, without relying on an HD maps. It utilizes a 400… pic.twitter.com/FZfvkKWr6f
Hyundai ne part pas de zéro dans la course à l’autonomie. Le constructeur coréen s’appuie sur plusieurs initiatives stratégiques, notamment sa joint-venture Motional développée avec l’équipementier Aptiv. Cette collaboration a donné naissance à des prototypes d’Ioniq 5 autonomes actuellement testés dans plusieurs métropoles mondiales :
Au-delà de Motional, Hyundai fournit ses plateformes électriques à d’autres acteurs de l’autonomie. La startup Avride utilise déjà des Ioniq 5 pour ses services, tandis que Waymo, leader incontesté du secteur, s’apprête à intégrer les véhicules coréens dans sa flotte. Cette stratégie de partenariat témoigne d’une approche pragmatique, mais elle révèle aussi une dépendance technologique que le groupe souhaite réduire.
Le développement d’une plateforme autonome interne représente bien plus qu’un défi technologique. Les services d’assistance à la conduite génèrent déjà des revenus substantiels : General Motors facture 25 dollars par mois son Super Cruise, tandis que Ford propose son BlueCruise selon un modèle d’abonnement similaire. Ces systèmes, qui permettent de lâcher le volant sur autoroute sous certaines conditions, séduisent une clientèle prête à payer pour plus de confort et de sécurité.
L’enjeu dépasse la simple assistance à la conduite. Les constructeurs ambitieux visent une transformation complète de leur modèle économique, passant du statut de simple fabricant automobile à celui d’opérateur de mobilité. Cette mutation nécessite une plateforme centralisée capable de gérer aussi bien des robotaxis individuels que des flottes de navettes autonomes. Une révolution qui s’appuie naturellement sur l’électrification, les véhicules électriques constituant des bases technologiques plus adaptées à l’intégration de systèmes autonomes complexes.
L’approche de Hyundai s’inscrit dans une vision plus large de l’automatisation. Propriétaire de Boston Dynamics, le célèbre spécialiste de la robotique, le groupe coréen dispose d’atouts uniques pour développer une expertise transversale. L’intégration croissante de robots dans ses usines témoigne de cette stratégie d’automatisation globale.
Le Consumer Electronics Show de Las Vegas, qui se tient en janvier, devrait révéler l’ampleur des ambitions de Hyundai. Le constructeur a annoncé la présentation de sa “Stratégie IA et Robotique”, incluant un nouveau robot humanoïde Boston Dynamics, des innovations en apprentissage artificiel et de nouvelles approches pour l’automatisation industrielle. Reste à savoir si cette grand-messe technologique inclura des annonces sur la conduite autonome, un secteur où chaque mois de retard creuse l’écart avec les leaders actuels.
La bataille de l’autonomie se joue maintenant, et Hyundai semble déterminé à y participer pleinement. Avec des voitures électriques déjà reconnues pour leur excellence technique, le groupe coréen dispose des fondations nécessaires pour réussir cette transition. Reste à transformer l’essai technologique en succès commercial face à une concurrence de plus en plus féroce.
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