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Rares sont les constructeurs traditionnels qui osent franchir le pas de la moto électrique. Kawasaki fait figure d’exception avec ses deux nouveaux modèles, la Ninja e-1 et la Z e-1, qui débarquent sur le marché français avec des ambitions affichées pour la mobilité urbaine. Ces machines affichent un design soigné, un prix contenu et une finition digne du savoir-faire japonais. Mais sous leurs carénages flatteurs se cache un défaut majeur qui risque de compromettre leur succès : une batterie ridiculement petite.
Le point faible principal des Ninja e-1 et Z e-1 réside dans leur batterie de 3,0 kWh seulement, répartie en deux packs amovibles de 1,5 kWh chacun. Cette capacité dérisoire place ces motos dans une catégorie proche des vélos électriques haut de gamme plutôt que des vraies motos. Pour vous donner une idée, certains VAE du marché dépassent aujourd’hui les 2,4 kWh, soit 80% de la capacité totale de ces Kawasaki.
Chaque pack pèse 11,5 kg et présente un encombrement similaire à un jerrycan. Si le concept de batterie amovible reste intéressant sur le papier, la manipulation de ces éléments s’avère peu pratique au quotidien. Il faut les transporter individuellement, contrairement à d’autres solutions du marché comme la Ryvid Anthem, qui propose une batterie de 4,3 kWh (soit 43% de plus) dans un format trolley beaucoup plus ergonomique.
Kawasaki a positionné ses modèles e-1 comme des machines urbaines, ce qui se reflète dans leurs caractéristiques. La vitesse maximale est limitée à 85 km/h, avec un mode “e-Boost” temporaire permettant d’atteindre 105 km/h pendant 15 secondes maximum. Cette solution ingénieuse évite de vider complètement la batterie lors des dépassements, mais elle cantonne définitivement ces motos au segment des scooters urbains.
L’autonomie officielle annoncée en cycle urbain atteint 65 kilomètres, ce qui paraît correct pour une utilisation citadine. Mais vous connaissez la musique : les chiffres constructeurs restent optimistes. Ajoutez quelques côtes, des embouteillages, des températures hivernales ou un pilote plus lourd que la moyenne, et vous obtenez une autonomie réelle plutôt proche des 48 kilomètres. Nous voilà effectivement dans les performances d’un vélo électrique performant.
Le prix de 7 899 dollars aux États-Unis place ces Kawasaki dans une fourchette bien plus accessible que la majorité des motos électriques du marché, souvent facturées plus de 20 000 dollars. Cette stratégie tarifaire agressive témoigne de la volonté du constructeur de démocratiser l’électrique, mais elle semble s’accompagner de compromis techniques importants.
La comparaison avec la Ryvid Anthem mentionnée plus haut devient particulièrement éclairante. Pour seulement 100 dollars de plus, cette dernière propose :
Malgré ces limitations, Kawasaki a produit des machines abouties sur de nombreux aspects. La qualité de finition correspond aux standards attendus d’un constructeur majeur, avec des châssis rigides, des roues de taille normale et un système ABS de série. Le design respecte parfaitement les codes esthétiques des gammes thermiques, particulièrement réussi sur la Ninja e-1 qui conserve l’ADN sportif de la lignée.
Ces motos ne sont pas des jouets : elles disposent de composants de qualité industrielle et d’une architecture technique solide. Le problème ne réside pas dans l’exécution générale, mais dans le dimensionnement de la motorisation électrique qui bride l’ensemble.
Le constructeur d’Akashi mérite des félicitations pour avoir concrétisé ses ambitions électriques, contrairement à Honda, Yamaha ou Suzuki qui multiplient les concepts sans jamais les commercialiser. Avoir deux motos électriques homologuées disponibles dès maintenant constitue un exploit dans ce secteur.
Mais si l’industrie souhaite véritablement démocratiser la moto électrique, il faudra dépasser le seuil des 3 kWh et des 65 kilomètres d’autonomie optimiste. Les motards attendent une autonomie pratique, des vitesses exploitables et des solutions de recharge qui ne monopolisent pas tout un après-midi.
Kawasaki s’est engagé à électrifier davantage sa gamme dans les années à venir. Si les prochains modèles conservent cette approche qualitative tout en adoptant des batteries plus généreuses et des ambitions techniques supérieures, ils pourraient véritablement bousculer le marché de la moto électrique. En attendant, les e-1 restent coincées entre deux mondes : trop limitées pour être de vraies motos, trop chères pour concurrencer les scooters électriques équivalents.