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Coup de froid sur l’électrique chez Renault avec ce nouvel accroc

Albert Lecoq

Le paysage automobile connaît des secousses importantes, particulièrement dans le secteur des véhicules électriques. Chez Renault, la création d’Ampere fin 2023 marquait une volonté claire de se positionner stratégiquement sur ce marché en pleine mutation. Cette filiale dédiée aux véhicules électriques et connectés devait initialement accueillir des investissements significatifs de la part des partenaires de l’Alliance, Nissan et Mitsubishi. Mais la réalité économique a rattrapé ces ambitions.

Le projet Ampere face à une réalité économique complexe

La stratégie initiale de Renault pour sa filiale électrique était ambitieuse : créer une entité séparée valorisable en bourse et attirer des investissements externes. Les chiffres parlaient d’eux-mêmes avec une projection d’investissement de 800 millions d’euros de la part des constructeurs japonais. Nissan devait apporter 600 millions d’euros et Mitsubishi 200 millions.

Ce plan reflétait la volonté du constructeur français de surfer sur l’engouement boursier pour les entreprises spécialisées dans l’électrique, à l’image des valorisations parfois spectaculaires des nouveaux acteurs du marché. Mais janvier 2025 a marqué un premier revirement avec l’abandon du projet d’introduction en bourse, les estimations de valorisation s’avérant bien inférieures aux attentes.

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Les partenaires japonais se retirent l’un après l’autre

Le désengagement des partenaires historiques de Renault s’est fait en deux temps. D’abord Nissan, qui a officiellement renoncé à son investissement il y a quelques semaines. Cette décision s’inscrit dans un contexte financier particulièrement difficile pour le constructeur japonais, qui a enregistré une perte colossale de plus de 4 milliards d’euros sur son dernier exercice fiscal.

Désormais, c’est au tour de Mitsubishi d’emboîter le pas. Dans un communiqué laconique, la marque aux trois diamants a confirmé son retrait du projet d’investissement dans Ampere. Selon les analystes, Mitsubishi “ne voit pas l’intérêt de faire un chèque” pour acquérir une participation minoritaire dans cette structure.

Les conséquences pour la stratégie électrique de Renault

Face à ces désistements successifs, Ampere reste intégralement dans le giron de Renault. Le constructeur français a toutefois rapidement ajusté son discours, affirmant disposer des ressources nécessaires pour financer le développement de sa filiale jusqu’à l’équilibre financier, prévu pour fin 2025.

Cette confiance affichée s’appuie sur le redressement spectaculaire des finances du groupe, qui a renoué avec les bénéfices substantiels en 2024. La situation actuelle de Renault contraste ainsi fortement avec celle de Nissan, illustrant les trajectoires divergentes des deux piliers historiques de l’Alliance.

  • Ampere regroupe aujourd’hui environ 10 000 collaborateurs
  • La filiale vise une production annuelle de 1 million de véhicules électriques d’ici 2031
  • Son portefeuille comprend déjà des modèles emblématiques comme la Mégane E-Tech et la R5 électrique
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Des partenariats industriels qui perdurent malgré tout

Si l’aspect financier des collaborations a été revu à la baisse, les accords industriels entre les trois constructeurs demeurent solides. Renault a notamment réussi à convaincre Nissan de participer au développement de sa future citadine électrique. La prochaine Twingo aura ainsi une cousine japonaise, tandis que la nouvelle Micra de Nissan est directement dérivée de la R5 électrique de Renault.

Du côté de Mitsubishi, la collaboration se concrétise par le remplacement de l’Eclipse Cross, qui sera basé sur le Scénic électrique de Renault. Ces synergies industrielles semblent avoir été jugées suffisantes par les partenaires japonais, les dispensant d’un investissement direct dans la structure Ampere.

ConstructeurModèle partagéBase technique
NissanNouvelle MicraRenault 5 électrique
NissanFuture citadineTwingo électrique
MitsubishiSuccesseur Eclipse CrossRenault Scénic E-Tech

L’avenir d’Ampere dans un marché électrique en évolution

Cette reconfiguration intervient dans un contexte où le marché des voitures électriques connaît une phase de réévaluation. Après plusieurs années d’euphorie, les contraintes liées aux infrastructures de recharge, aux coûts de production des batteries et aux évolutions réglementaires imposent aux constructeurs une approche plus prudente.

Pour Ampere, l’enjeu sera de démontrer la pertinence de son modèle économique dans ce contexte plus exigeant. Le groupe devra optimiser ses coûts tout en maintenant l’innovation technologique nécessaire pour rester compétitif face aux nouveaux entrants comme aux constructeurs historiques.

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Le succès commercial des modèles électriques phares du groupe, notamment la R5 électrique et la R4, sera déterminant pour la crédibilité d’Ampere sur le long terme. Ces véhicules devront non seulement séduire la clientèle mais aussi générer des marges suffisantes pour assurer la viabilité économique de la filiale électrique de Renault.

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