Tesla s’offre un nouveau fournisseur chinois de batteries
Vous le savez sans doute, Tesla ne cesse d’ajuster sa stratégie pour maintenir ses marges dans un marché automobile électrique […]
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Vous connaissez ce moment où un constructeur automobile lance un nouveau modèle et se retrouve dépassé par son propre succès ? C’est exactement ce qui arrive à Volvo avec son EX60. À peine présenté fin janvier dernier, ce crossover électrique suscite un tel engouement que le constructeur suédois envisage une mesure inédite dans son histoire : maintenir son usine de Torslanda ouverte une semaine supplémentaire durant l’été. Une première absolue pour la marque scandinave, qui témoigne de l’appétit des clients européens pour ce nouveau véhicule.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Alors que les carnets de commandes ne sont ouverts qu’en Europe pour l’instant – le marché américain devant suivre au printemps – et que les premiers exemplaires clients ne sortiront des chaînes de production que le mois prochain, le EX60 a déjà engrangé plus de précommandes durant son premier mois que l’EX30, pourtant plus compact et plus accessible financièrement. Volvo parle de commandes “considérablement supérieures aux prévisions internes”, un euphémisme qui cache visiblement une réalité bien plus impressionnante.
Le constructeur reste discret sur les volumes de production initialement prévus pour 2026, mais reconnaît ouvertement que la situation actuelle constitue un “bon problème à avoir”, selon les mots d’Erik Severinson, directeur commercial de Volvo Cars. La Suède, marché domestique de la marque, a à elle seule généré plus de 3 000 commandes. Pratiquement tous les grands marchés européens affichent des performances similaires, dépassant largement les objectifs fixés en interne.
Ce succès commercial intervient dans un contexte particulier pour Volvo. Après le lancement plutôt tiède de l’EX90, son modèle phare qui n’a pas totalement convaincu, le constructeur a manifestement retravaillé sa copie. Le EX60 incarne cette nouvelle approche : finie la demi-mesure, place à un véhicule électrique qui coche toutes les cases attendues par les acheteurs actuels. La stratégie semble porter ses fruits bien au-delà des espérances.

Difficile de ne pas comprendre l’engouement quand on examine les caractéristiques du EX60. Volvo a misé sur une nouvelle architecture 800 volts qui exploite la technologie cell-to-pack, des mégacastings et ce qui se fait de mieux en matière d’équipements électroniques. Cette base technique permet au véhicule d’afficher une autonomie de 644 kilomètres, un chiffre rassurant pour ceux qui redoutent encore l’anxiété liée à la recharge.
La recharge justement, parlons-en. Avec une puissance maximale de 400 kW, le EX60 peut récupérer 70% de sa batterie en moins de 20 minutes, passant de 10% à 80%. Ces performances placent Volvo au niveau des références actuelles du segment, comme le BMW iX3 ou le Mercedes-Benz GLC électrique, tous deux également construits sur des plateformes 800V de dernière génération. La guerre de la recharge rapide bat son plein, et Volvo semble bien armé.
Côté performances pures, la version haut de gamme P12 à double moteur développe des chiffres qui feront sourire les amateurs de sensations : 671 chevaux et 789 Nm de couple. De quoi propulser ce SUV familial avec une vivacité qui n’a rien à envier aux modèles thermiques sportifs, tout en conservant le silence de fonctionnement propre aux véhicules électriques.
L’argument prix joue indéniablement en faveur du EX60. Avec un tarif de départ autour de 63 000 euros en Europe (environ 73 000 dollars), Volvo s’aligne sur le positionnement du XC60 Plug-In Hybrid. Cette parité tarifaire élimine l’un des principaux obstacles à l’achat d’un véhicule électrique : le surcoût par rapport à une motorisation thermique ou hybride équivalente.
Vous pourriez vous demander comment Volvo parvient à maintenir un tel prix malgré une technologie aussi avancée. La réponse tient en partie aux économies d’échelle rendues possibles par la production locale à Torslanda, mais aussi aux choix d’ingénierie comme les mégacastings qui réduisent le nombre de pièces et simplifient l’assemblage. Le constructeur récolte aujourd’hui les fruits d’investissements industriels massifs consentis ces dernières années.
Pour répondre à cette demande inattendue, Volvo négocie actuellement avec les syndicats locaux afin d’obtenir l’autorisation de maintenir l’usine de Torslanda en activité une semaine supplémentaire pendant la période estivale. Cette démarche, jamais entreprise auparavant dans l’histoire du site de production, illustre le défi logistique auquel fait face le constructeur. Les discussions portent sur les conditions de travail et les compensations pour les employés qui accepteraient de décaler leurs congés.
Cette situation rappelle que même avec des prévisions de vente optimistes, les constructeurs automobiles peuvent se retrouver pris de court. Le marché des voitures électriques reste difficile à anticiper, avec des variations importantes selon les modèles et les segments. Le EX60 prouve qu’un produit bien pensé, correctement tarifé et techniquement au niveau peut encore créer la surprise dans un marché européen pourtant saturé d’offres électriques.
Les prochains mois seront déterminants pour Volvo. Le constructeur devra tenir ses promesses de livraison et s’assurer que la qualité de production suive le rythme des commandes. L’ouverture prochaine des carnets de commandes aux États-Unis pourrait encore amplifier la pression sur les capacités de production, obligeant peut-être le groupe à réfléchir à d’autres solutions pour satisfaire une clientèle visiblement conquise par ce nouveau modèle qui arrive au bon moment, avec les bons arguments.
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