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Quinze ans après l’arrêt de production de l’iconique LFA V10, Lexus relance le débat avec un concept électrique portant le même nom mythique. Cette annonce surprend autant qu’elle interroge : s’agit-il d’un simple coup de communication ou d’une véritable stratégie pour rattraper le retard de Toyota sur le marché des véhicules électriques haut de gamme ? La marque japonaise, qui peine à convaincre face aux Tesla Model S Plaid et autres Porsche Taycan, mise sur l’héritage émotionnel de sa supercar la plus emblématique.
Le concept LFA électrique s’appuie sur la base technique de la future Toyota GR GT, une sportive à moteur avant développée par la division course de Toyota. Cette filiation n’est pas anodine : elle témoigne de la volonté du constructeur de créer une gamme cohérente de voitures de sport électriques, où Lexus occuperait le segment premium. La silhouette basse et élargie du concept rappelle d’ailleurs étrangement le “Lexus Sports Concept” présenté au Japan Mobility Show, confirmant que ce projet dépasse le simple exercice de style.
Rappelons-nous : la première LFA, produite entre 2010 et 2012, était un bijou technologique doté d’un V10 atmosphérique de 560 chevaux capable de monter jusqu’à 9000 tours/minute. Développée sous l’œil attentif d’Akio Toyoda et de son mentor Hiromu Naruse, cette supercar en carbone affichait des performances exceptionnelles avec un 0 à 100 km/h en 3,8 secondes. Pourtant, son succès commercial fut mitigé, principalement à cause d’un prix stratosphérique de plus de 400 000 dollars à l’époque.
L’échec relatif de la LFA tenait aussi à une stratégie produit incomplète. Lexus espérait que cette vitrine technologique dynamiserait l’image sportive de toute la gamme, mais les modèles de série promis n’ont jamais vraiment suivi. Seuls la GS F et le LC 500 ont partiellement tenu cette promesse, sans jamais atteindre le niveau de performance nécessaire pour rivaliser avec les supercars européennes. Aujourd’hui, l’ironie veut que cette LFA “ratée” soit devenue un objet de collection recherché, sa cote ayant considérablement augmenté.

Concevoir une supercar électrique digne de ce nom pose des défis spécifiques que Tesla ou Rimac connaissent bien. Le principal ennemi reste le poids des batteries, particulièrement pénalisant sur circuit où l’agilité prime sur la puissance brute. C’est là que Toyota pourrait jouer sa carte maîtresse avec les batteries solid-state, une technologie révolutionnaire que le constructeur promet de commercialiser avant 2030.
Ces batteries à électrolyte solide présentent plusieurs avantages cruciaux pour une application supercar :

Le timing de cette annonce n’est pas innocent. Toyota, longtemps focalisé sur l’hybride, accuse un retard considérable sur l’électrique face à ses concurrents directs. Pendant que Porsche cartonne avec ses Taycan de 761 chevaux et qu’Audi prépare son e-tron GT RS, Lexus n’a encore rien à proposer dans le segment sportif électrique. La résurrection de la LFA pourrait combler ce vide stratégique tout en capitalisant sur un héritage émotionnel fort.
L’approche diffère radicalement de celle adoptée pour la LFA originale. Plutôt que de partir d’une feuille blanche, Lexus s’appuie sur la plateforme GR GT3 éprouvée en compétition. Cette mutualisation devrait permettre de maîtriser les coûts de développement, évitant l’écueil financier de la première génération. La question du prix reste néanmoins cruciale : proposer une supercar électrique accessible sous la barre des 200 000 euros serait un véritable défi pour la marque.
| Modèle | Puissance | 0-100 km/h | Prix de base |
|---|---|---|---|
| LFA V10 (2012) | 560 ch | 3,8 s | 400 000 $ |
| Porsche Taycan Turbo S | 761 ch | 2,8 s | 185 000 € |
| Tesla Model S Plaid | 1020 ch | 2,1 s | 135 000 € |

Malgré l’enthousiasme suscité par les premières images, Lexus reste évasif sur les perspectives de production. Le constructeur évoque un “concept” sans engagement ferme, une prudence compréhensible après l’expérience mitigée de la première LFA. La réussite du projet dépendra largement de la maturité des technologies solid-state et de la capacité de Toyota à produire ces batteries à l’échelle industrielle.
L’enjeu dépasse le simple cadre commercial. Pour Toyota, cette LFA électrique représente une opportunité de démontrer sa maîtrise technologique et de redorer son blason dans l’électrique haut de gamme. Si le projet aboutit, il pourrait marquer un tournant dans la perception de la marque, souvent critiquée pour son conservatisme face à l’électrification. Les passionnés attendent désormais de voir si cette renaissance électrique saura préserver l’âme sportive qui faisait le charme de l’originale, tout en relevant les défis techniques du 21e siècle automobile.
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