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L’Italie tourne le dos aux voitures électriques : les ventes s’effondrent

Albert Lecoq

Le marché des véhicules électriques en Italie traverse une période délicate, illustrée par des chiffres récents qui soulignent une baisse significative des ventes. Examinons de plus près les dynamiques à l’œuvre et les facteurs qui pèsent sur ce secteur en Italie.

La situation actuelle du marché des voitures électriques en Italie

En avril 2024, les données montrent une chute alarmante de la part de marché des véhicules électriques, descendue à 2,3 % contre 3,1 % l’année précédente. Cette baisse représente une diminution marquée par rapport aux chiffres déjà peu reluisants de l’année précédente, avec un recul des immatriculations de 3 992 à 3 208. Cette régression s’explique principalement par l’absence prolongée de mesures de soutien gouvernementales, qui avait été pourtant annoncée depuis plusieurs mois.

Les véhicules électriques n’ont pas su profiter de la dynamique générale du marché automobile italien, qui lui, a enregistré une croissance de 7,5 % en avril grâce à l’ajout de deux jours ouvrables. L’ensemble du marché a vu l’immatriculation de 135 353 voitures, indiquant une reprise progressive, même si on reste loin des niveaux pré-pandémie, avec une baisse de 17,7 % par rapport à la période de janvier à avril 2019.

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Les modèles électriques les plus vendus et leurs performances

En dépit de ce tableau plutôt sombre, certains modèles électriques continuent de trouver preneurs, bien que les chiffres restent modestes. Le Tesla Model Y mène le peloton avec 237 unités vendues, suivi par le Volvo EX30 avec 207 unités et le Jeep Avenger, qui ferme la marche avec 191 unités. À noter que la Fiat 500e de Stellantis, pourtant bien connue sur son marché national, n’occupe que la septième place avec seulement 102 unités vendues.

Ces chiffres mettent en évidence le manque d’attractivité des options électriques disponibles, accentué par un manque de soutien visible pour encourager la transition vers des technologies plus propres.

Le rôle crucial des aides gouvernementales absentes

Le ralentissement des ventes de véhicules électriques en Italie est également exacerbé par le retard dans la mise en œuvre des mesures de soutien. L’UNRAE, l’association des constructeurs importateurs en Italie, a souligné l’urgence de publier le décret relatif aux aides à l’électrification dans le Journal officiel, une annonce faite il y a trois mois sans suite concrète. L’opérationnalisation de la plateforme Invitalia est également attendue avec impatience.

De plus, l’UNRAE appelle à une révision du système d’incitations déjà amélioré et à une réforme du traitement fiscal des voitures de société, notamment en ajustant la déductibilité de la TVA et des coûts en fonction des émissions de CO2, ainsi qu’en réduisant la période d’amortissement à trois ans.

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Le contraste avec le succès des véhicules thermiques

Alors que le marché des voitures électriques peine à décoller, les véhicules à moteur thermique continuent de connaître une croissance notable en Italie. Cette tendance souligne non seulement les défis spécifiques auxquels sont confrontés les véhicules électriques, mais aussi la nécessité d’une politique plus cohérente et soutenue pour encourager l’électrification du parc automobile italien.

Le contraste entre les deux segments met en lumière l’urgence d’adopter des mesures qui pourraient stimuler l’adoption des véhicules électriques, notamment en renforçant les incitations fiscales et en améliorant l’infrastructure de recharge, deux leviers essentiels pour rendre les véhicules électriques plus attractifs pour les consommateurs italiens.

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