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Une nouvelle génération de voitures électriques abordables va débarquer chez nous

Philippe Moureau

L’Union européenne travaille sur la création d’une nouvelle classe de véhicules urbains baptisée “E car”, inspirée du concept japonais des kei cars. Cette initiative vise à démocratiser l’accès aux voitures électriques en réduisant les exigences techniques et réglementaires, permettant ainsi aux constructeurs européens de proposer des modèles plus accessibles financièrement.

Le projet s’inscrit dans une stratégie défensive face à l’offensive commerciale des constructeurs chinois sur le marché européen. En assouplissant certaines contraintes réglementaires, l’UE espère stimuler l’innovation locale et maintenir la compétitivité de ses fabricants automobiles dans le segment des citadines électriques.

Des exigences techniques allégées pour réduire les coûts de production

La nouvelle catégorie “E car” reposera sur un cahier des charges simplifié par rapport aux véhicules conventionnels. L’objectif affiché est de réduire le prix d’acquisition de 10 à 20% par rapport aux citadines électriques actuelles. Cette baisse sera obtenue en supprimant certains équipements de sécurité active obligatoires sur les voitures traditionnelles.

Les systèmes qui pourraient être retirés incluent le freinage d’urgence automatique, la détection de somnolence du conducteur et l’assistance au maintien dans la voie. Malgré ces allègements, les “E cars” conserveront une structure rigide et passeront les tests de collision, contrairement aux quadricycles légers comme la Citroën Ami qui échappent à ces contraintes.

  • Suppression du freinage d’urgence automatique
  • Retrait des systèmes de détection de somnolence
  • Absence d’assistance au maintien dans la voie
  • Conservation de la rigidité structurelle
  • Maintien des tests de collision obligatoires
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Limitations dimensionnelles et de puissance inspirées du modèle japonais

À l’image des kei cars nippones, les futures “E cars” européennes seront soumises à des restrictions strictes de dimensions et de puissance maximale. Le concept Dacia Hipster, dévoilé récemment, pourrait préfigurer ces futures réglementations. Avec ses 3 mètres de longueur, 1,55 mètre de largeur et 1,53 mètre de hauteur, il reste plus compact qu’une kei car dans toutes les dimensions sauf la largeur.

La puissance de ce véhicule concept se limite à 56 chevaux, avec une vitesse maximale bridée à 90 km/h. Dacia considère cette performance comme suffisante pour l’usage urbain et les trajets autoroutiers occasionnels. Le poids contenu à 800 kilogrammes permet néanmoins d’accueillir quatre occupants dans un habitacle fonctionnel.

Un objectif tarifaire ambitieux de moins de 15 000 euros

Le constructeur roumain estime pouvoir commercialiser un véhicule respectant ces critères pour moins de 15 000 euros hors incitations gouvernementales. Ce positionnement prix correspond exactement aux attentes européennes pour démocratiser l’électromobilité urbaine. Les acquéreurs bénéficieraient par ailleurs d’un système d’exonérations fiscales spécifiques pour rendre ces véhicules encore plus attractifs.

La question reste ouverte concernant l’adaptation des modèles existants comme la Renault 5 E-Tech ou la future Twingo électrique. Ces véhicules pourraient se révéler trop volumineux pour intégrer la nouvelle catégorie, nécessitant le développement de modèles dédiés spécifiquement conçus pour répondre aux critères “E car”.

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Caractéristique Kei Car japonaise Dacia Hipster concept
Longueur maximale 3,40 m 3,00 m
Largeur maximale 1,48 m 1,55 m
Hauteur maximale 2,00 m 1,53 m
Puissance maximale 64 ch 56 ch

Les constructeurs chinois pourraient tirer parti de cette nouvelle réglementation

Paradoxalement, cette initiative européenne pourrait profiter aux fabricants chinois qu’elle était censée contrer. BYD, leader mondial de l’électrique, développe actuellement sa présence européenne et pourrait adapter ses modèles comme la Seagull aux futurs critères “E car”. Cette approche lui permettrait de proposer des tarifs encore plus compétitifs sur le Vieux Continent.

Le constructeur de Shenzhen a d’ailleurs démontré sa capacité d’adaptation en devenant le premier fabricant non-japonais à développer une kei car. Reproduire cet exercice pour le marché européen semble donc tout à fait envisageable pour BYD, qui dispose des ressources techniques et financières nécessaires. Cette nouvelle catégorie pourrait ainsi bénéficier autant aux constructeurs asiatiques qu’aux marques européennes, remettant en question l’efficacité protectionniste de la mesure envisagée par Bruxelles.

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