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Vous pensiez que prendre en photo une voiture électrique autonome était sans risque ? Détrompez-vous. Ces étranges protubérances cylindriques que vous voyez tourner au sommet de certains véhicules d’essai peuvent littéralement griller votre appareil photo. Plusieurs photographes professionnels l’ont appris à leurs dépens, se retrouvant avec des capteurs endommagés définitivement après avoir mitraillé des véhicules d’essai équipés de cette technologie laser.
Le phénomène reste méconnu du grand public, pourtant il touche de plus en plus de personnes à mesure que les constructeurs multiplient les tests de conduite autonome sur routes ouvertes. Waymo, Cruise, mais aussi Mercedes, BMW ou Volvo déploient régulièrement des prototypes bardés de capteurs dans nos rues. Et si ces technologies promettent de révolutionner la mobilité, elles cachent un danger inattendu pour quiconque souhaite les immortaliser.
Le LiDAR – acronyme de Light Detection and Ranging – fonctionne selon un principe relativement simple mais redoutablement efficace. Ce capteur projette jusqu’à plusieurs millions d’impulsions laser par seconde dans toutes les directions, créant un nuage de points en trois dimensions d’une précision millimétrique. Cette cartographie temps réel permet aux véhicules autonomes de détecter piétons, cyclistes, autres voitures ou obstacles avec une fiabilité que n’atteint aucun autre capteur.
Les faisceaux utilisés sont principalement des lasers infrarouges de 905 nanomètres, invisibles à l’œil nu mais parfaitement détectés par les capteurs électroniques. Cette longueur d’onde a été choisie pour sa capacité à traverser l’atmosphère sans être trop affectée par les conditions météorologiques, tout en restant dans une gamme de puissance considérée comme sûre pour l’usage civil.
Les capteurs d’image modernes, qu’ils équipent un smartphone à 1000 euros ou un reflex professionnel, présentent une sensibilité extrême à la lumière infrarouge. Cette caractéristique, normalement avantageuse pour capturer des images dans des conditions de faible luminosité, devient leur talon d’Achille face aux émissions LiDAR. Lorsqu’un faisceau laser de 905 nanomètres frappe directement l’objectif, il se concentre sur une zone minuscule du capteur, créant un point de chaleur intense.
Cette surchauffe localisée provoque des dommages irréversibles aux photosites – ces millions de cellules qui composent le capteur. Les pixels touchés cessent définitivement de fonctionner, laissant apparaître des points blancs permanents sur toutes les photos et vidéos futures. Le phénomène s’aggrave considérablement lors de l’utilisation d’objectifs à longue focale, qui concentrent davantage l’énergie laser sur le capteur.
Tous les scénarios de prise de vue ne présentent pas le même niveau de risque. Les situations les plus critiques surviennent lors de sessions photo en mode rafale ou d’enregistrements vidéo prolongés, particulièrement quand l’appareil reste pointé vers le même véhicule pendant plusieurs secondes. Les photographes automobiles, habitués à suivre les voitures en mouvement avec leurs téléobjectifs, se trouvent particulièrement exposés.
Le danger s’intensifie également lors des sessions de nuit ou en faible luminosité. Dans ces conditions, les capteurs d’image fonctionnent avec une sensibilité maximale, rendant les pixels encore plus vulnérables aux agressions lumineuses. De plus, l’absence de lumière ambiante rend les faisceaux LiDAR relativement plus puissants par rapport à l’éclairage général de la scène.
| Situation | Niveau de risque | Durée d’exposition critique |
|---|---|---|
| Photo unique à grand angle | Faible | > 10 secondes |
| Vidéo avec téléobjectif | Élevé | < 2 secondes |
| Rafale en mode sport | Très élevé | < 1 seconde |
| Prise de vue nocturne | Critique | < 0,5 seconde |
Photographier des voitures électriques équipées de LiDAR n’est pas impossible, mais demande quelques précautions élémentaires. La règle principale consiste à éviter l’alignement direct entre l’objectif et le capteur laser. Privilégiez les angles de prise de vue latéraux, qui dispersent naturellement les faisceaux et réduisent leur intensité sur le capteur de votre appareil.
L’utilisation de filtres infrarouges représente une protection efficace, bien qu’elle puisse légèrement altérer les couleurs de vos clichés. Ces filtres, disponibles pour moins de 50 euros chez la plupart des fabricants d’accessoires photo, bloquent spécifiquement les longueurs d’onde utilisées par les systèmes LiDAR tout en préservant la lumière visible.
L’industrie automobile ne reste pas inactive face à cette problématique. Les nouveaux systèmes LiDAR intègrent des protocoles de sécurité renforcés, réduisant automatiquement leur puissance d’émission lorsqu’ils détectent la présence d’appareils optiques à proximité. Tesla a d’ailleurs fait le choix radical d’abandonner complètement cette technologie au profit d’un système basé uniquement sur des caméras et des radars.
Les fabricants d’appareils photo commencent également à réagir. Canon et Sony testent des capteurs auto-protégés capables de détecter les surcharges lumineuses ponctuelles et de désactiver temporairement les zones concernées pour éviter les dommages permanents. Cette course technologique entre systèmes d’attaque et de défense rappelle étrangement celle qui oppose virus informatiques et antivirus.
En attendant ces évolutions, la vigilance reste votre meilleur allié. Car remplacer un capteur d’appareil photo coûte souvent plus cher que d’acheter un boîtier neuf, et aucune garantie constructeur ne couvre ce type de dommage. Mieux vaut donc garder ses distances avec ces véhicules du futur, au moins le temps que la technologie apprenne à cohabiter pacifiquement avec nos appareils du quotidien.
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