Pourquoi les voitures électriques sont-elles aussi puissantes ?

ParPhilippe Moureau 2 février 2024 à 11h49

Chers lecteurs passionnés d’automobile, aujourd’hui nous plongeons dans l’univers fascinant de la puissance des voitures électriques. La question du jour : la puissance a-t-elle encore un sens dans le contexte des véhicules électriques?

Des chevaux sous le capot : un héritage impressionnant

Les chiffres sont éloquents et méritent notre attention. Par exemple, la Rimac Revera affiche près de 2000 chevaux, tandis que la Porsche Taycan Turbo S propose 761 chevaux. Même la Tesla Model S Plaid dépasse les 1000 chevaux, et la Tesla Model 3, plus modeste, oscille entre 275 et près de 513 chevaux selon les versions. Ces nombres rappellent ceux des voitures de sport, mais nous parlons ici de berlines familiales au design sobre.

Le cas de la Kia EV6 est également révélateur. Ce crossover confortable aligne 325 chevaux, une puissance comparable à celle d’une Porsche 911 Carrera d’il y a dix ans, mais avec un couple nettement supérieur. Ce phénomène soulève une interrogation : les constructeurs sont-ils trop ambitieux en dotant des véhicules familiaux d’une telle puissance?

La puissance électrique : une nouvelle norme

La réponse est nuancée. La puissance élevée est intrinsèque aux véhicules électriques, grâce à leur propulsion électrique offrant naturellement un couple important. Contrairement aux moteurs thermiques, la puissance des moteurs électriques ne se fait pas au détriment de l’efficience ou de l’autonomie. Prenons l’exemple de Tesla, dont la Model 3, même en version Performance, figure parmi les véhicules électriques les plus efficients au monde.

Les voitures électriques démontrent ainsi que la performance ne se traduit pas nécessairement par une consommation accrue. Cette constatation remet en question la pertinence de mesurer uniquement la puissance en chevaux-vapeur. La réalité technique et l’évolution des moteurs électriques suggèrent que d’autres paramètres, tels que l’efficience énergétique et le couple, pourraient être plus significatifs.

Revisiter la mesure de la puissance

Traditionnellement mesurée en chevaux-vapeur, la puissance des véhicules est aujourd’hui souvent exprimée en kilowatts (kW). Pour les voitures électriques, cette unité semble plus adaptée, d’autant plus que le régime moteur, pertinent pour les moteurs thermiques, n’a guère de sens pour un moteur électrique. Un kilowatt équivaut à 1,36 chevaux, donc une voiture de 200 kW développe 272 chevaux.

La performance des voitures électriques n’est cependant pas constante, car elle varie en fonction de l’état de charge de la batterie. Cette variable, combinée à la gestion différente de la batterie selon les constructeurs et les modèles, suggère que la puissance devrait être indiquée pour différents niveaux de charge de la batterie, offrant ainsi une vision plus réaliste des performances.

Puissance “suffisante” et critères d’achat

La puissance, bien qu’importante, n’est plus le seul critère déterminant dans le choix d’une voiture électrique. Les consommateurs accordent désormais une importance plus grande au confort, à l’efficience, à l’autonomie, au temps de recharge, à la praticité et au design. Cela remet en question la nécessité d’une course effrénée à la puissance, surtout lorsque l’on considère que les performances actuelles des voitures électriques dépassent largement celles des sportives des années 80 et 90.

La sécurité est un autre aspect à prendre en compte. Avec des puissances élevées devenant accessibles, même pour les jeunes conducteurs, les constructeurs pourraient envisager des systèmes de bridage progressifs. Ceci limiterait les risques tout en permettant aux conducteurs de s’adapter progressivement à la puissance de leur véhicule.

Puissance, écologie et plaisir de conduite

Enfin, l’impact écologique de ces puissances élevées est à considérer. Si puissance et efficience ne sont pas incompatibles, l’utilisation intensive de la puissance maximale d’une batterie peut entraîner une usure plus rapide et une consommation énergétique accrue. Cela soulève la question de la compatibilité entre le plaisir de conduite et la sobriété.

Si la puissance reste un élément significatif dans l’expérience de conduite, son importance et sa pertinence sont en pleine évolution dans le contexte des véhicules électriques. La prise en compte de facteurs tels que l’efficience, l’autonomie, et la gestion de la batterie semble désormais tout aussi cruciale pour appréhender pleinement les performances de ces véhicules innovants.

Par Philippe Moureau

Quadragénaire passionné de voitures électriques. Je m'intéresse à la transition énergétique et à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Je suis un véritable passionné de voitures électriques et un défenseur de l'environnement.

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