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Cette Renault électrique affiche une conso trop belle pour être vraie

Albert Lecoq

Vous pensez que la nouvelle Renault 4 e-Tech consomme moins que sa cousine la Renault 5 e-Tech ? Détrompez-vous. Nos tests approfondis révèlent un décalage surprenant entre les consommations affichées et la réalité. Une découverte qui remet en question la fiabilité des données communiquées par l’ordinateur de bord de ce SUV urbain néo-rétro.

Les données constructeur : un écart minimal entre les deux modèles

Renault a développé la 4 e-Tech sur la même plateforme AmpR Small que la 5 e-Tech, elle-même dérivée de la base technique CMF B EV de la Clio 5. Les deux véhicules partagent des composants identiques : batterie de 52 kWh utiles, moteur électrique à rotor bobiné de 150 ch, et même pompe à chaleur. Face aux dimensions supérieures de la 4 e-Tech, les ingénieurs ont privilégié l’optimisation du poids et de l’aérodynamique plutôt que l’ajout de cellules supplémentaires.

Le résultat officiel semble probant : un coefficient de traînée (SCx) maîtrisé à 0,762 contre 0,746 pour la 5 e-Tech. Selon les données WLTP, une Renault 4 e-Tech en finition Techno accuse seulement 38 kg supplémentaires et une surconsommation de 0,5 kWh/100 km, soit une perte d’autonomie de 13 km par rapport à la 5 e-Tech équivalente. Ces chiffres semblent respecter les lois de la physique pour un véhicule plus haut et plus volumineux.

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Des mesures terrain qui semblent défier la logique

Nos tests en conditions réelles ont initialement révélé des résultats étonnants. La Renault 4 e-Tech affichait une consommation inférieure de 1,7 kWh/100 km en moyenne par rapport à la 5 e-Tech. Sur parcours mixte, l’ordinateur de bord indiquait 17,6 kWh/100 km pour la 4 e-Tech contre 19,4 kWh/100 km pour la 5 e-Tech. Sur le périphérique parisien à 50 km/h, l’écart était encore plus flagrant : 8,3 kWh/100 km face à 9,9 kWh/100 km.

Ces résultats interrogeaient d’autant plus que la 4 e-Tech présente un écart de seulement 9 % par rapport à la norme WLTP sur notre parcours de référence, contre 21 % en moyenne pour les autres modèles Renault. Cette performance exceptionnelle a déclenché nos investigations approfondies, nous rappelant les anomalies déjà constatées sur le Nissan Ariya.

La vérité derrière les chiffres : un calibrage défaillant

Nos analyses ont révélé la source du problème : l’ordinateur de bord de la Renault 4 e-Tech sous-évalue la consommation réelle de 2,2 kWh/100 km en moyenne. Concrètement, lorsque le tableau de bord affiche une consommation de 18,4 kWh/100 km, la voiture puise en réalité 20,8 kWh/100 km dans la batterie. Sur parcours mixte, une consommation affichée de 15,2 kWh/100 km correspond à une consommation réelle de 17,4 kWh/100 km.

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Cette anomalie ne provient ni du système de gestion de la batterie (BMS) ni d’un problème de calibrage de la jauge, contrairement au cas du Nissan Ariya. La capacité utile reste bien de 52 kWh et la jauge présente une linéarité parfaite, identique à celle de la 5 e-Tech. Les équipements spécifiques comme le mode One-Pedal ou les volets actifs n’expliquent pas non plus un tel écart.

Impact sur les performances réelles : retour à la réalité physique

Une fois corrigées les données faussées par l’ordinateur de bord, la Renault 4 e-Tech retrouve sa place dans l’ordre logique des choses. Elle consomme en réalité 0,5 kWh/100 km de plus que la 5 e-Tech dans les mêmes conditions de roulage, soit exactement la surconsommation annoncée par la norme WLTP. Cette différence s’explique par :

  • Un poids supérieur de 38 kg en finition équivalente
  • Une surface frontale plus importante malgré l’optimisation aérodynamique
  • Un centre de gravité plus élevé impactant la dynamique du véhicule

Ces paramètres restent dans l’ordre du raisonnable pour un SUV urbain dérivé d’une citadine. La différence d’autonomie réelle entre les deux modèles correspond aux annonces officielles, soit une dizaine de kilomètres sur un cycle complet.

Conséquences pratiques pour les utilisateurs

Cette anomalie d’affichage n’impacte pas directement l’usage quotidien du véhicule. L’autonomie restante et le taux de charge demeurent fiables, permettant une planification correcte des trajets. Le problème se situe principalement au niveau des autonomies totales calculées, qui apparaissent artificiellement gonflées.

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Pour vous, propriétaire ou futur acquéreur, cette découverte impose une vigilance particulière lors des comparaisons de consommation. Les performances réelles de la 4 e-Tech restent honorables pour un véhicule de cette catégorie, mais elles ne surpassent pas celles de la 5 e-Tech comme pourrait le laisser croire l’affichage. Une simple mise à jour logicielle devrait suffire à corriger ce défaut de calibrage et rétablir la justesse des informations communiquées.

La Renault 4 e-Tech conserve ses atouts : polyvalence, habitabilité et agrément de conduite. Elle n’échappe simplement pas aux lois de la physique qui veulent qu’un véhicule plus lourd et plus volumineux consomme davantage, même avec des optimisations techniques pertinentes.

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