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Mate Rimac a de grandes ambitions pour Bugatti. Après avoir révolutionné le secteur avec la Nevera et ses 1 914 chevaux, le constructeur croate s’apprête à prendre le contrôle complet de la marque française et redéfinir sa stratégie. Exit l’approche du modèle unique : Bugatti va s’ouvrir à l’électrification avec des technologies de pointe qui pourraient bien changer la donne dans l’univers de la supercar électrique.
Nurdin Pitarevic, COO de Rimac, a récemment levé le voile sur les projets en cours. Les ingénieurs travaillent sur des batteries solid-state destinées à équiper un second modèle Bugatti prévu pour 2030. Cette technologie, associée à une nouvelle génération de moteurs électriques ultracompacts, positionne déjà le groupe comme un acteur incontournable de la mobilité électrique haut de gamme.
Le développement de ces batteries solid-state ne relève pas du travail en solo. Rimac s’appuie sur un partenariat stratégique avec ProLogium pour les cellules, tandis que Mitsubishi se charge de l’enveloppe en matériaux composites du pack. Cette approche collaborative permet d’accélérer le processus de développement tout en répartissant les risques technologiques.
Les premiers prototypes de 100 kWh montrent des résultats prometteurs. La densité énergétique affiche un gain de 20 à 30 % par rapport aux batteries lithium-ion classiques. Concrètement, cela se traduit par un pack plus compact et significativement plus léger, deux critères essentiels pour les supercars où chaque kilogramme compte dans l’équation performance-autonomie.

L’expertise de Rimac ne se limite pas aux batteries. La firme croate développe une gamme de moteurs électriques qui suscite déjà l’intérêt de plusieurs constructeurs premium. BMW, Porsche et la nouvelle marque saoudienne Ceer figurent parmi les clients potentiels de ces unités de propulsion révolutionnaires.
La nouvelle génération affiche des caractéristiques impressionnantes. Là où les moteurs de la Nevera pèsent 198 kg, les nouvelles unités ne dépassent pas les 132 kg tout en délivrant plus de 1 000 chevaux sur certaines configurations. Cette réduction drastique de la masse s’accompagne d’une intégration poussée : moteur, boîte de vitesses et électronique de puissance sont regroupés dans un ensemble ultracompact.
L’approche de Rimac dépasse le cadre de la supercar exclusive. Ces nouveaux groupes motopropulseurs sont conçus pour s’adapter à différentes architectures : traction, propulsion, transmission intégrale, mais aussi des configurations hybrides. Cette polyvalence ouvre des perspectives commerciales considérables, bien au-delà du segment ultra-premium.
Le repositionnement stratégique s’annonce radical. Bugatti deviendra progressivement la vitrine automobile du groupe, tandis que le nom Rimac sera de plus en plus associé aux composants et technologies. La Nevera n’aura vraisemblablement pas de succession directe, marquant la fin d’une époque pour la marque croate en tant que constructeur à part entière.
| Caractéristique | Moteurs Nevera | Nouvelle génération |
|---|---|---|
| Poids | 198 kg | 132 kg |
| Puissance max | 1 914 ch (répartis) | 1 000+ ch (unitaire) |
| Intégration | Moteurs séparés | Groupe motopropulseur |
Cette transition technologique s’inscrit dans une logique industrielle claire. Rimac mise sur son avance technique pour s’imposer comme le fournisseur de référence des constructeurs premium en quête de différenciation électrique. Les batteries solid-state constituent un atout majeur dans cette stratégie, promettant des gains en autonomie et en temps de recharge.
Le calendrier reste serré. D’ici 2030, Bugatti devra intégrer ces technologies dans un véhicule de série, tout en conservant l’ADN de performance et d’exclusivité qui caractérise la marque. L’enjeu dépasse le simple développement technique : il s’agit de redéfinir les codes du luxe automobile à l’ère électrique, avec des technologies qui filtreront progressivement vers d’autres segments du marché.
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