Cette voiture électrique atomise les meilleures supercars thermiques sur un exercice pourtant difficile
Les berlines rapides ne sont pas une nouveauté. La BMW M5 CS, la Cadillac CT5-V Blackwing ou la Mercedes-AMG S63 […]
Sommaire
Tesla a récemment reçu des analystes de JPMorgan dans son usine de Fremont pour une réunion à huis clos. Ce type de rencontre est rare et précieux : il donne un aperçu direct de ce que Tesla dit à ses investisseurs en privé. Le résultat, c’est une note d’analyste qui relaie trois grandes annonces — FSD v15, le Cybercab et le robot Optimus — avec un enthousiasme mesuré mais sans véritable recul critique. Voici ce que vous devez retenir, en gardant à l’esprit que chaque affirmation vient de Tesla lui-même, filtrée par une banque dont l’analyste vient de relever sa recommandation sur le titre.
Tesla a indiqué à JPMorgan que la version 15 de son système Full Self-Driving constitue ce qu’il appelle un « step-change », soit un saut qualitatif majeur. Cette version repose selon Tesla sur sept « technologies fondamentales », dont environ 40 % sont déjà déployées dans sa flotte de robotaxis à Austin. Les premiers retours seraient « encourageants ».
Le problème, c’est que ce vocabulaire n’a rien de nouveau. Tesla a livré la FSD v14 en octobre 2025, sa première mise à jour substantielle en près d’un an. Elon Musk avait qualifié la version 14.3 de « dernière pièce du puzzle » en avril dernier. La v15 est donc au moins la troisième version consécutive présentée comme celle qui va « tout changer ». Et pourtant, les conducteurs sont toujours derrière le volant, prêts à reprendre la main. Tesla promet une conduite 100 % autonome et sans supervision depuis 2016. Dix ans plus tard, le conducteur supervise toujours.
Sur la question du matériel embarqué, Tesla affirme que son ordinateur actuel HW4 — rebaptisé AI4 — est suffisant pour faire tourner FSD v15 en mode non supervisé. Simultanément, le constructeur déploie l’AI4.5, une version améliorée offrant environ 10 % de puissance de calcul supplémentaire et deux fois plus de mémoire. Ce discours sur la compatibilité matérielle rappelle fortement ce qui a été dit pendant des années à propos du HW3 : il était censé suffire, avant que Tesla ne rétropédale discrètement. Les véhicules HW3 reçoivent désormais une version allégée baptisée FSD v14 « Lite », et des pannes croissantes de ces ordinateurs ont été signalées. La puce de nouvelle génération AI5, elle, a été reportée à mi-2027.
Tesla se dit confiant dans sa capacité à déployer rapidement le Cybercab. Le constructeur utilise un procédé de fabrication dit « unboxed », cible un coût opérationnel à long terme d’environ 0,30 dollar par mile (soit environ 0,19 € au kilomètre), et prévoit une accélération du déploiement de sa flotte entre fin 2026 et début 2027. Tesla retient volontairement les conversions de Model Y en robotaxis, affirmant tabler sur le Cybercab pour monter en puissance.
La réalité sur le terrain est plus sobre. Le service de robotaxis sans conducteur à Austin tourne sur un nombre limité de véhicules, plus d’un an après son lancement. Tesla a récemment communiqué un chiffre précis :
L’écart est considérable. Tesla produit déjà des Cybercab en série, mais ne peut légalement ni les vendre ni les faire rouler de façon autonome sur la voie publique. Il y a une différence nette entre « être confiant dans le déploiement » et disposer d’un service réellement opérationnel à grande échelle.
Sur le robot humanoïde, Tesla a indiqué à JPMorgan que le design de l’Optimus Gen 3 est finalisé, que la chaîne d’approvisionnement est « essentiellement verrouillée » et qu’une ligne de production est en cours d’installation dans l’ancienne usine Model S/X à Fremont. Les ventes commerciales externes pourraient démarrer « dès » le second semestre 2027. Les ambitions de production à long terme sont chiffrées à 1 million d’unités à Fremont et jusqu’à 10 millions au Texas.
Deux éléments viennent nuancer ce tableau :
Musk avait pourtant promis 5 000 robots Optimus opérationnels en 2025. En réalité, seuls quelques prototypes sont en phase de test. Proposer à la vente externe, d’ici moins de deux ans, un robot que Tesla n’a pas encore présenté publiquement et qui ne travaille pas encore dans ses propres usines, c’est un calendrier qui demande une dose significative de foi dans les promesses du constructeur.
Il vaut la peine de savoir qui relaie ces informations. JPMorgan a remplacé Ryan Brinkman, l’un des analystes les plus sceptiques de Wall Street sur Tesla depuis des années, par Rajat Gupta, qui a relevé la recommandation sur le titre à « Neutre » avec un objectif de cours autour de 445 dollars. Gupta s’est notamment illustré par un appel haussier sur Carvana avant de couvrir Tesla. La note publiée à l’issue de la visite de Fremont relaie largement les éléments de langage de Tesla, sans véritable contradiction ni questionnement approfondi.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode, c’est moins la recommandation boursière que la fenêtre rare sur le discours interne de Tesla face à ses investisseurs. En recoupant ces quatre grandes affirmations avec le bilan historique du constructeur, le schéma est difficile à ignorer : chaque version de FSD est présentée comme un saut majeur, chaque puce comme la dernière nécessaire, chaque service comme sur le point de scaler. L’annonce mérite d’être suivie — mais avec un regard posé sur ce que Tesla a effectivement livré jusqu’ici, et non sur ce qu’il promet de livrer demain.
Réagissez à l'article