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Et si le futur de l’électrique passait par… un moteur thermique ?

Alexandra Dujonc

Le monde automobile traverse une période charnière où les technologies d’électrification se multiplient pour répondre aux défis environnementaux. Entre les véhicules 100% électriques et les hybrides traditionnels, une troisième voie se dessine avec les véhicules électriques à autonomie prolongée. L’équipementier allemand ZF vient de dévoiler une innovation majeure dans ce domaine qui pourrait changer la donne.

Comment fonctionne un véhicule à autonomie prolongée?

Avant d’aborder l’innovation de ZF, clarifions ce qu’est exactement un véhicule électrique à autonomie prolongée (EREV). Contrairement aux hybrides rechargeables classiques (PHEV), dans un EREV, le moteur thermique n’a aucune liaison mécanique directe avec les roues. Sa fonction unique est d’alimenter un générateur électrique qui recharge la batterie principale, augmentant ainsi l’autonomie totale du véhicule.

Cette configuration présente plusieurs avantages : elle permet de conserver une architecture principalement électrique tout en éliminant l’angoisse de l’autonomie qui freine encore l’adoption massive des véhicules électriques. Vous bénéficiez de l’expérience de conduite d’un véhicule électrique, avec son couple instantané et son silence, mais sans la contrainte des longs temps de recharge lors des trajets étendus.

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L’innovation eRE+ de ZF : quand le générateur devient moteur

ZF, géant allemand connu pour ses transmissions automatiques sophistiquées, propose une évolution ingénieuse du concept d’autonomie prolongée avec son système Electric Range Extender Plus (eRE+). L’innovation majeure réside dans la double fonction du générateur qui peut désormais également propulser les roues.

Attention, ne confondez pas ce système avec un hybride classique : le moteur thermique ne transmet toujours pas sa puissance mécaniquement aux roues. Le tour de force technique réside dans la capacité du générateur – qui est fondamentalement un moteur électrique – à devenir une source de propulsion additionnelle quand nécessaire.

Le système intègre :

  • Un embrayage et un différentiel intégrés
  • Un onduleur complet
  • Un train épicycloïdal
  • Le logiciel de gestion dédié

Cette solution offre une polyvalence remarquable : selon les besoins, le générateur peut soit recharger la batterie, soit propulser directement le véhicule, optimisant ainsi l’efficience globale du système.

Performances et spécifications techniques impressionnantes

Les caractéristiques annoncées par ZF pour ses nouveaux systèmes d’extension d’autonomie sont particulièrement prometteuses. La version eRE+ pourra délivrer entre 70 et 150 kilowatts (94 à 201 chevaux), tandis que la version eRE standard offrira entre 70 et 110 kW (94 à 147 ch).

Fait marquant, ces systèmes sont compatibles avec les architectures électriques 400 volts et 800 volts, s’adaptant ainsi aux différentes plateformes développées par les constructeurs. Le tableau ci-dessous résume les principales caractéristiques :

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ModèlePuissancePosition privilégiéeCompatibilité
eRE standard70-110 kW (94-147 ch)Essieu arrière400V/800V
eRE+70-150 kW (94-201 ch)Sous le capot avant400V/800V

Utilisés ensemble, ces systèmes peuvent fournir plus de 300 chevaux, une puissance largement suffisante pour la plupart des véhicules grand public.

Avantages économiques pour les constructeurs

Pourquoi développer un tel système alors que la technologie hybride rechargeable existe déjà? Selon ZF, l’approche EREV présente un avantage économique considérable, particulièrement pour les constructeurs ayant massivement investi dans des plateformes électriques dédiées.

Dr. Otmar Scharrer, vice-président senior R&D chez ZF, explique : “L’intérêt renouvelé et la demande croissante pour les prolongateurs d’autonomie montrent que le potentiel de cette technologie est loin d’être épuisé, notamment pour les plateformes conçues initialement pour des motorisations 100% électriques.”

Concrètement, un constructeur peut adapter un petit moteur thermique sur une plateforme électrique existante, sans devoir développer une architecture hybride complète. Cette solution représente une économie substantielle en termes de coûts de développement et de délais de mise sur le marché.

Une solution transitoire vers l’électrification totale?

Ce type de système s’inscrit dans une stratégie de transition énergétique pragmatique. Il offre aux constructeurs une flexibilité précieuse dans leur parcours vers l’électrification.

Pour vous, utilisateurs, cela signifie des véhicules présentant les qualités d’une voiture électrique au quotidien, tout en conservant la possibilité d’effectuer de longs trajets sans anxiété. Le petit moteur thermique n’intervient que lorsque nécessaire, permettant de réduire drastiquement la taille de la batterie et donc le poids global du véhicule.

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La production de l’Electric Range Extender Plus débutera dès 2025, et plusieurs constructeurs ont déjà manifesté leur intérêt. ZF n’est d’ailleurs pas seul sur ce créneau : Renault et Geely, via leur coentreprise Horse Powertrain, travaillent également sur des solutions permettant de transformer des plateformes électriques en systèmes hybrides.

Cette approche pragmatique pourrait accélérer l’adoption des technologies électrifiées tout en répondant aux contraintes actuelles du marché. Une voie médiane qui mérite votre attention si vous cherchez à concilier performances, écologie et praticité dans votre prochain véhicule.

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