Geely E2 : cette citadine électrique chinoise veut voler la vedette à la Renault 5 en Europe
Vous pensiez que la Renault 5 E-Tech et la Volkswagen ID. Polo avaient le segment des citadines électriques bien en […]
Sommaire
Volkswagen n’en finit pas d’alimenter les manchettes économiques. Alors que le groupe de Wolfsburg était déjà engagé dans un vaste programme de restructuration, des révélations récentes venues d’Allemagne laissent entrevoir une situation bien plus sévère que ce qui avait été officiellement communiqué. La question n’est plus de savoir si le groupe va se transformer en profondeur, mais jusqu’où cette transformation va l’emmener — et à quel coût humain.
Officiellement, Volkswagen avait déjà frappé fort. Le groupe a annoncé la suppression de 50 000 postes d’ici 2030, principalement sur le sol allemand, au sein de Volkswagen AG, Audi, Porsche et Cariad, sa filiale dédiée aux logiciels embarqués. Sur ces 50 000 départs, environ 28 000 ont déjà été formalisés, en grande partie via des dispositifs de départs volontaires ou de non-remplacement de salariés partant à la retraite. L’objectif affiché : alléger considérablement la structure du groupe et dégager plusieurs milliards d’euros d’économies annuelles pour financer la transition technologique en cours.
Mais selon le magazine économique allemand Manager Magazin, ce chiffre de 50 000 ne serait que la partie émergée de l’iceberg. Le média évoque en réalité jusqu’à 100 000 suppressions de postes, soit exactement le double du plan officiel. Pire encore, quatre fermetures d’usines en Allemagne seraient à l’étude : les sites de Hanovre, Zwickau, Emden et Neckarsulm — ce dernier étant directement lié à Audi. À ce stade, Volkswagen refuse de confirmer ces informations et rappelle que toute décision doit passer par les instances compétentes du groupe. Un non-démenti qui, dans le monde des affaires, n’est jamais totalement rassurant.
Pour comprendre l’ampleur de la crise, il faut revenir aux fondamentaux. Le groupe Volkswagen a lui-même reconnu, sans détour, que « notre modèle économique actuel ne fonctionne plus ». Cette phrase, prononcée par les dirigeants du groupe, résume à elle seule l’équation insoluble à laquelle est confrontée la marque : concevoir des véhicules en Allemagne, les produire en Europe, puis les exporter à travers le monde ne garantit plus les marges d’autrefois. Ce modèle, qui a pourtant fait la force du groupe pendant des décennies, est aujourd’hui érodé par une accumulation de facteurs défavorables.
Au cours des dix dernières années, les règles du jeu ont profondément changé sur plusieurs fronts simultanément :
Résultat : Volkswagen se retrouve dans une position délicate, coincé entre la nécessité d’investir massivement pour rester compétitif à long terme et l’obligation de réduire ses coûts pour survivre à court terme.
La transition vers les voitures électriques ajoute une pression supplémentaire sur les finances du groupe. Ce n’est pas que Volkswagen soit absent du marché : les marques du groupe figurent parmi les plus vendues en Europe sur le segment électrique, avec des modèles comme l’ID.4, l’Audi Q4 e-tron ou encore la Porsche Taycan. Mais vendre des véhicules électriques ne suffit pas encore à dégager les mêmes niveaux de rentabilité que les thermiques. Le groupe a dû engager des investissements colossaux dans les batteries, les logiciels et de nouvelles architectures dédiées, sans que ces efforts aient encore pleinement amorti leurs coûts.
En face, les constructeurs chinois comme BYD, SAIC ou Chery avancent à marche forcée, avec une intégration verticale qui leur permet de produire moins cher et de proposer des prix agressifs sur les marchés internationaux. Volkswagen cherche à retrouver une compétitivité qui s’est érodée progressivement, mais cela prend du temps — et de l’argent.
En Allemagne, l’annonce de telles perspectives fait l’effet d’une bombe. Volkswagen n’est pas une entreprise comme les autres dans son pays natal : c’est un pilier industriel et social, présent dans des régions entières dont l’économie locale est intimement liée à ses usines. Le comité d’entreprise et le puissant syndicat IG Metall ont immédiatement réagi, promettant de s’opposer fermement à un plan de cette ampleur. Dans un communiqué commun, les représentants des salariés reconnaissent « l’inquiétude suscitée par ces révélations » et promettent de « tout faire pour empêcher la mise en œuvre d’un plan aussi brutal ».
Le rapport de force sera compliqué à gérer pour la direction. IG Metall dispose d’un droit de regard réel sur les décisions stratégiques du groupe via les instances de codétermination allemandes, un système qui donne aux représentants des salariés un poids considérable dans les conseils de surveillance. Les négociations qui s’annoncent s’inscriront nécessairement dans la durée, avec des compromis difficiles à trouver entre les impératifs économiques du groupe et la défense des emplois. Ce qui est certain, c’est que l’avenir de Volkswagen se joue autant dans les salles de conseil d’administration que dans les usines de Basse-Saxe.
Réagissez à l'article