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Xiaomi fait marche arrière avec sa voiture électrique face à la colère des propriétaires

François Zhang-Ming

La polémique enfle chez Xiaomi. Le géant technologique, qui s’est lancé sur le marché automobile avec sa spectaculaire SU7 Ultra, vient de revoir sa copie suite à un tollé sans précédent de ses clients. Au cœur du débat : une limitation de puissance imposée après-vente qui n’a pas du tout été appréciée par les propriétaires de cette supercar électrique.

Une tentative de bridage qui passe mal

La mise à jour 1.7.0 du logiciel embarqué devait réduire significativement la puissance de la supercar SU7 Ultra. Concrètement, la voiture serait passée de 1548 chevaux à 900 chevaux en mode de conduite normal – une réduction de près de 42% qui a provoqué l’ire des propriétaires.

Le plan initial de Xiaomi était particulièrement restrictif :

  • Limitation de la puissance maximale à 900 ch en usage quotidien
  • Déblocage des 1548 ch uniquement sur certains circuits approuvés
  • Obligation d’atteindre un temps minimal sur ces circuits pour “mériter” l’accès à la pleine puissance
  • Restriction de l’utilisation du Launch Control pour éviter son usage en zone urbaine

Ces mesures faisaient suite à un accident survenu il y a un mois, poussant la marque à placer la sécurité au premier plan de ses préoccupations. Une intention louable, mais dont la mise en œuvre a été perçue comme une trahison par les acheteurs qui avaient déboursé une somme considérable pour acquérir ce bijou technologique.

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Des performances exceptionnelles au cœur du conflit

Pour comprendre la réaction épidermique des propriétaires, il faut mesurer ce qui fait de la SU7 Ultra un véhicule d’exception. Cette supercar électrique affiche des caractéristiques techniques impressionnantes :

Caractéristique Performance
Puissance maximale 1548 ch
Vitesse de pointe 350 km/h
Accélération 0-100 km/h 1,98 secondes

Ces performances, dignes des hypercars les plus exclusives, constituent l’argument de vente principal de ce modèle. Les clients ont investi dans cette voiture précisément pour ces capacités extraordinaires, et la perspective de voir ces performances bridées après l’achat a été vécue comme une violation du contrat moral entre le constructeur et ses clients.

La mobilisation des propriétaires force Xiaomi à reculer

Face à la vague de protestations sur les réseaux sociaux, Xiaomi n’a pas tardé à réagir. La firme chinoise a finalement annoncé l’annulation pure et simple des mesures restrictives prévues dans la mise à jour 1.7.0.

Cette volte-face montre la puissance des communautés d’utilisateurs, particulièrement dans le segment premium où les attentes sont proportionnelles aux prix pratiqués. Les propriétaires ont principalement critiqué le principe même d’une modification substantielle des performances après l’acquisition du véhicule, considérant cette démarche comme une rupture du contrat initial.

Sécurité et responsabilité : un équilibre délicat

Si Xiaomi a cédé sur la limitation de puissance, l’entreprise maintient sa position sur la sécurité. La marque recommande vivement l’utilisation de pneumatiques spécifiques pour circuit lors de l’exploitation des capacités maximales de la voiture.

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Cette affaire soulève une question fondamentale dans l’industrie automobile moderne : jusqu’où peuvent aller les constructeurs dans la limitation des performances de leurs véhicules après la vente ? Avec les mises à jour à distance devenues courantes, les fabricants disposent désormais d’un contrôle sans précédent sur leurs produits, même après qu’ils ont quitté les concessions.

L’épisode Xiaomi pourrait faire jurisprudence et inciter d’autres constructeurs à réfléchir à deux fois avant d’imposer des modifications substantielles via des mises à jour logicielles. Entre protection des utilisateurs et respect du produit vendu, la frontière s’avère particulièrement délicate à définir.

Pour Xiaomi, relativement nouveau dans l’univers automobile mais déjà capable de faire trembler des géants comme Porsche avec sa SU7 Ultra, cette expérience montre que la transition du monde de la technologie à celui de l’automobile premium nécessite plus qu’une simple transposition des méthodes habituelles de l’entreprise.

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