Cette batterie “respirante” pourrait transformer l’autonomie des voitures électriques
Une équipe de chercheurs chinois de l’université de Ningbo vient de dévoiler une innovation qui pourrait bien changer la donne […]
Sommaire
Le constructeur chinois Xpeng franchit une étape décisive dans sa stratégie européenne en lançant l’assemblage de ses SUV électriques G6 et G9 directement sur le sol européen. Cette décision stratégique intervient après des débuts encourageants avec plus de 8000 ventes réalisées au premier semestre 2025, confirmant l’intérêt croissant des automobilistes européens pour cette marque encore jeune sur nos marchés.
L’usine de Magna Steyr à Graz, en Autriche, accueille désormais la production des deux modèles phares de Xpeng. Ce choix n’est pas anodin : plutôt que d’investir plusieurs centaines de millions d’euros dans l’implantation d’une usine propre, le constructeur chinois opte pour une approche pragmatique en s’appuyant sur l’expertise de la filiale de l’équipementier canadien.
Cette collaboration tombe à point nommé pour Magna Steyr, qui traverse une période difficile. Après l’arrêt de la production des Jaguar I-Pace et Fisker Ocean, et avec la fin de carrière programmée des BMW Z4 et Toyota Supra, l’usine autrichienne a vu sa production chuter drastiquement. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : de 105 000 voitures assemblées en 2023, la production est tombée à seulement 71 900 unités en 2024.
L’enjeu principal de cette délocalisation réside dans l’évitement des surtaxes de 21,3 % imposées par l’Union européenne sur les véhicules électriques chinois. Cette mesure protectionniste, mise en place pour contrer ce que Bruxelles considère comme une concurrence déloyale, représentait un handicap considérable pour Xpeng face à ses concurrents européens.
En assemblant ses véhicules en Europe, même selon le principe du SKD (Semi Knocked Down), Xpeng obtient le précieux sésame “Made in Europe” qui lui ouvre les portes d’une compétitivité tarifaire retrouvée. Cette stratégie pourrait considérablement améliorer la rentabilité des opérations du constructeur sur le marché européen et potentiellement se traduire par une baisse des prix de vente.
| Modèle | Autonomie WLTP | Prix de base actuel | Impact fiscal |
|---|---|---|---|
| Xpeng G6 | 550 km | À partir de 46 000 € | Économie de 21,3 % de taxes |
| Xpeng G9 | 570 km | À partir de 58 000 € | Économie de 21,3 % de taxes |
Malgré cette production européenne, un écueil de taille subsiste. Le processus d’assemblage SKD implique que toutes les pièces sont importées de Chine, limitant considérablement l’intégration locale. Cette approche empêche Xpeng de satisfaire aux exigences de l’éco-score français, critère déterminant pour l’attribution du nouveau bonus écologique français.
Cette situation place les futurs acquéreurs des G6 et G9 assemblés en Autriche dans une position paradoxale : ils bénéficieront potentiellement de prix plus attractifs grâce à l’évitement des surtaxes européennes, mais ne pourront prétendre à la prime CEE française qui peut atteindre plusieurs milliers d’euros selon les revenus du foyer.
Cette production locale s’inscrit dans une stratégie d’expansion ambitieuse. Xpeng a déjà confirmé l’arrivée de nouveaux modèles sur le marché européen, notamment la berline P7+ prévue pour début 2026, la compacte Mona M03, et le monospace familial X9. Cette diversification de gamme témoigne de la volonté du constructeur de s’implanter durablement sur nos marchés.
À moyen terme, Magna Steyr pourrait également jouer un rôle plus important en tant qu’équipementier, en produisant certains composants directement sur site plutôt que de se contenter de l’assemblage final. Cette évolution permettrait à Xpeng d’améliorer progressivement son éco-score et potentiellement d’accéder aux dispositifs d’aide à l’achat français.
L’assemblage européen des G6 et G9 marque un tournant dans la stratégie de Xpeng, qui mise sur une approche pragmatique pour s’imposer face à une concurrence européenne de plus en plus féroce. Si les prix devaient effectivement baisser grâce à cette optimisation fiscale, ces deux SUV électriques pourraient bien redistribuer les cartes sur le segment premium des véhicules électriques familiaux.
Réagissez à l'article