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Douze ans après sa première présentation, la remorque prolongatrice d’autonomie française refait surface avec une promesse ambitieuse : permettre aux voitures électriques de parcourir 300 kilomètres supplémentaires après seulement 2 minutes d’arrêt. La startup Far-a-Day annonce un déploiement commercial dès 2026, mais cette fois-ci sera-t-elle la bonne ?
Le concept séduit sur le papier, particulièrement pour les propriétaires de véhicules électriques dotés de petites batteries ou dont la capacité énergétique décline avec le temps. Face aux bornes de recharge rapide actuelles qui nécessitent une trentaine de minutes pour récupérer environ 150 kilomètres d’autonomie, l’approche par échange automatique de remorque pourrait redistribuer les cartes.
Far-a-Day, dont le nom mélange astucieusement le patronyme du physicien Michael Faraday et l’expression “Far-a-Day” (loin un jour), développe des stations d’échange automatisées positionnées aux entrées d’autoroutes. Chaque remorque pèse 500 kilogrammes et ajoute 1,30 mètre à la longueur du véhicule. Elle embarque une batterie de 60 kWh qui procure théoriquement 300 kilomètres d’autonomie autoroutière supplémentaire.
Le processus d’échange s’articule autour d’une réservation préalable via application smartphone. Une fois arrivé en station, le système automatisé décroche la remorque déchargée et raccorde instantanément une nouvelle, entièrement rechargée. L’opération complète ne dépasserait pas les 2 minutes, temps comparable à un plein de carburant traditionnel.
La stratégie commerciale de Far-a-Day s’étale sur deux années. En 2026, un premier corridor reliera Paris à Bordeaux pour tester le service en conditions réelles. Cette phase pilote permettra d’ajuster les paramètres techniques et d’évaluer l’accueil du public. L’année suivante, l’entreprise prévoit d’installer 30 stations sur le territoire français, couvrant ainsi “80 % des trajets longue distance” selon ses estimations.
Chaque station bénéficiera d’une alimentation en énergie solaire grâce à 300 mètres carrés de panneaux photovoltaïques installés sur site. Cette approche vise à réduire l’empreinte carbone du service et à garantir une certaine indépendance énergétique aux installations.
L’histoire de cette remorque prolongatrice d’autonomie remonte à 2013, quand l’ingénieur Jean-Baptiste Segard présentait sa première version. À l’époque, l’EP Tender embarquait un prolongateur d’autonomie à essence et avait permis à une Renault Zoé de réaliser d’une traite le trajet Paris-Marseille. En 2017, le système avait même participé au rallye électrique Paris-Berlin, se mesurant aux Tesla Model S de l’époque.
L’évolution majeure intervient en 2020 avec l’abandon du bloc thermique au profit d’un système 100 % électrique. Cette transformation s’inscrit dans la logique de décarbonation du transport et répond aux critiques sur l’utilisation d’un moteur à combustion pour prolonger l’autonomie d’un véhicule électrique.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Poids de la remorque | 500 kg |
| Capacité batterie | 60 kWh |
| Autonomie supplémentaire | 300 km |
| Temps d’échange | 2 minutes |
| Longueur ajoutée | 1,30 mètre |
La viabilité économique du projet soulève plusieurs questions. Far-a-Day annonce un coût de l’électricité équivalent à celui des stations de recharge rapide, soit entre 0,30 et 0,70 euro le kilowattheure selon les abonnements actuels. S’ajoutera probablement une cotisation au service, dont le montant n’a pas encore été communiqué.
La production des remorques s’effectuera au Technopôle de Magny-Cours, ancrant le projet dans le tissu industriel français. Cette localisation stratégique pourrait faciliter les synergies avec d’autres acteurs de la mobilité électrique implantés sur le site.
Après douze années de développement et plusieurs évolutions techniques majeures, cette solution française de prolongation d’autonomie s’apprête à franchir le cap de la commercialisation. Le succès dépendra largement de l’adoption par les utilisateurs et de la capacité de Far-a-Day à maintenir un réseau de stations opérationnel et économiquement viable. L’expérimentation sur l’axe Paris-Bordeaux en 2026 constituera un test grandeur nature pour cette approche alternative à la recharge traditionnelle.
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