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Mercedes-AMG ne fait pas les choses à moitié. Avec sa prochaine berline GT à quatre portes entièrement électrique, la division sportive de Stuttgart s’attaque à un défi qui dépasse largement la simple question de performance : séduire les conducteurs qui refusent catégoriquement d’abandonner le grondement d’un moteur thermique. Le pari est ambitieux, et les premiers éléments dévoilés dans une vidéo de développement récemment publiée par AMG donnent envie d’en savoir davantage.
Ce qui distingue d’emblée cette AMG GT électrique de la concurrence, c’est sa base technique. La voiture repose sur la plateforme AMG.EA, une architecture 800 volts développée exclusivement pour les véhicules électriques haute performance de la marque, sans compromis partagé avec la gamme Mercedes grand public. C’est une décision stratégique forte : AMG ne cherche pas à adapter une base existante, elle repart de zéro pour construire quelque chose à son image.
La configuration motrice repose sur trois moteurs électriques : deux à l’arrière, un par roue, et un troisième sur l’essieu avant. Ces moteurs proviennent de Yasa, spécialiste britannique des moteurs à flux axial racheté par Mercedes en 2021. Leur conception leur permet d’être environ deux fois moins lourds et trois fois plus compacts que des moteurs électriques conventionnels, ce qui n’est pas négligeable sur un véhicule à vocation sportive où chaque kilogramme compte.
Avoir deux moteurs distincts sur l’essieu arrière, chacun pilotant une roue de manière indépendante, ouvre la voie à une vectorisation du couple d’une précision chirurgicale. En dosant en temps réel la quantité de puissance envoyée à chaque roue arrière, le système peut provoquer ou contenir une dérive avec un niveau de contrôle que n’offre aucune transmission mécanique classique. Les images de la vidéo de développement sont éloquentes : la berline part en glisse avec d’épais panaches de fumée derrière elle, dans la pure tradition AMG.
George Russell, pilote Mercedes en Formule 1 et impliqué dans le développement de la voiture, précise dans la vidéo qu’il suffit d’utiliser 40 % de l’accélération disponible pour déclencher des comportements franchement joueurs. Avec plus de 1 000 ch sous le pied droit, ce chiffre prend tout son sens. Les trois molettes situées sur la console centrale permettent à l’utilisateur de moduler le niveau d’intervention électronique selon ses envies : de la conduite collée à la route à la glissade contrôlée sur circuit, tout est paramétrable.
C’est sans doute l’aspect le plus discuté de ce projet. AMG a intégré une simulation de boîte de vitesses et une sonorisation artificielle de moteur V8, retransmise notamment via des vibrateurs intégrés dans les sièges pour reproduire les sensations mécaniques. L’objectif est clair : ne pas couper le lien émotionnel qui relie les clients AMG à leurs voitures depuis des décennies.
On peut débattre de la pertinence de cette approche, mais force est de reconnaître qu’AMG ne cherche pas à nier les attentes de sa clientèle. Cette simulation ne s’adresse pas aux convertis de l’électrique, mais aux amateurs de la marque qui considèrent le son et les sensations d’un gros moteur atmosphérique comme une condition sine qua non. Que ce soit convaincant ou non, c’est une tout autre question — et elle ne trouvera de réponse qu’à l’usage.
AMG a confirmé qu’une version crossover surélevé viendra compléter la berline GT quatre portes. Les deux modèles partageront la même base mécanique et la même puissance de plus de 1 000 ch, mais dans un gabarit plus haut sur pattes, plus en phase avec les attentes du marché mondial actuel. Cette déclinaison permettra à AMG d’élargir considérablement le spectre de clientèle visé, sans diluer la proposition technique.
La berline elle-même représente ce qu’AMG décrit comme l’un des tournants les plus significatifs de son histoire. Le cahier des charges est exigeant : performances dignes du badge, châssis capable autant sur circuit que sur route ouverte, et une identité de conduite reconnaissable malgré l’absence totale de combustion. Si les premières images de tests sont prometteuses, le vrai verdict appartient aux routes — et aux conducteurs qui, justement, n’attendaient pas grand-chose d’une AMG électrique.
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