Skoda Epiq : tarifs, finitions, autonomie… le SUV électrique abordable passé au crible
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Stellantis a annoncé mi-mai 2026 son intention de lancer un véhicule électrique accessible, baptisé projet E-Car, avec un prix de départ annoncé autour de 15 000 euros selon une source proche du dossier citée par Reuters. Pour un groupe qui a récemment encaissé une perte de 22,3 milliards d’euros liée à l’abandon de plusieurs projets électriques, cette annonce prend une tout autre dimension. Voici ce qu’il faut retenir de ce projet et ce que cela signifie concrètement pour le marché européen des voitures électriques accessibles.
Le PDG de Stellantis, Antonio Filosa, a présenté ce projet en insistant sur quatre piliers résumés dans l’acronyme E-Car : European, Emotional, Electric, Environmental friendliness. Derrière le discours marketing, l’idée est assez claire : produire en Europe un petit véhicule électrique stylé, abordable et respectueux de l’environnement. La production devrait débuter à l’usine de Pomigliano d’Arco, en Italie, à partir de 2028, sur le site où est actuellement assemblée la Fiat Panda. L’objectif affiché est de monter en puissance vers un plein emploi de l’usine, ce qui laisse présager des volumes de production significatifs.
Pour atteindre ce niveau de prix, Stellantis s’appuie notamment sur son partenariat élargi avec le constructeur chinois Leapmotor, dont les plateformes et technologies sont reconnues pour leur rapport coût-efficacité. Ce n’est pas un hasard : Stellantis a justement étendu sa collaboration avec Leapmotor le mois dernier pour fabriquer plusieurs modèles en Europe. Le groupe a par ailleurs annoncé la production de deux nouvelles Peugeot et deux Jeep électriques en Chine, destinées à l’export dès 2027. La stratégie globale est donc clairement orientée vers une montée en volume sur les segments accessibles, que ce soit en Europe ou sur d’autres marchés.
La question mérite d’être posée sérieusement. À 15 000 euros, on se situe légèrement sous le prix de la Dacia Spring, actuellement proposée à environ 16 900 euros en Europe. C’est un segment où la marge de manœuvre est étroite, mais pas inexistante, surtout si le véhicule repose sur une plateforme Leapmotor dont les coûts de développement sont déjà amortis. Certaines offres B-segment actuelles de Stellantis tournent autour de 20 000 euros, ce qui montre que le saut vers un A-segment à 15 000 euros est envisageable à condition de faire des choix techniques assumés.
Pour mieux comprendre le contexte concurrentiel dans lequel s’insère ce projet, voici où se positionnent les principaux acteurs du segment entrée de gamme électrique en Europe en 2026 :
| Modèle | Marque | Prix de départ (€) | Disponibilité |
|---|---|---|---|
| E-Car (projet) | Stellantis / Jeep / Fiat | ~15 000 € | 2028 |
| Dacia Spring | Dacia | ~16 900 € | Disponible |
| ID. EVERY1 | Volkswagen | ~20 000 € | 2027 |
| ID. Polo base | Volkswagen | 24 995 € | Été 2026 |
| BYD Dolphin Surf | BYD | ~23 000 € | Disponible au Royaume-Uni |
Face à des constructeurs chinois comme BYD, qui est devenu le premier vendeur de voitures électriques au Royaume-Uni depuis le début de l’année 2026, la pression sur les marques européennes est réelle. BYD discuterait même, selon les déclarations de sa vice-présidente Stella Li lors de la conférence FT Future of the Car à Londres, d’un éventuel rachat de certaines usines Stellantis sous-utilisées en Europe. Une information qui illustre bien les tensions industrielles qui traversent le secteur en ce moment.
Si vous envisagez de passer à l’électrique dans les deux prochaines années, ce projet ne vous concerne pas encore directement : le premier modèle E-Car ne devrait pas sortir avant 2028. Mais il redessine clairement les attentes tarifaires sur le marché. Voici ce que ce type de véhicule devrait, selon toute vraisemblance, proposer à ce niveau de prix :
L’acheteur qui vise ce segment sait généralement ce qu’il cherche : un véhicule fiable, économique à l’usage, facile à stationner et adapté aux trajets quotidiens. À 15 000 euros, et en tenant compte des bonus écologiques encore disponibles dans certains pays européens dont la France, le ticket d’entrée pourrait descendre autour de 12 000 à 13 000 euros nets, ce qui change véritablement la donne pour les ménages à budget serré.
C’est là que le bât blesse un peu. Stellantis sort d’une période difficile, marquée par l’annulation de plusieurs projets électriques et une dépréciation d’actifs de 22,3 milliards d’euros. Le groupe a donc besoin que ce projet soit un succès commercial, pas seulement symbolique. L’usine de Pomigliano a une longue histoire avec la Fiat Panda, et sa reconversion partielle vers l’électrique représente un défi industriel et social important pour la région italienne.
La collaboration avec Leapmotor apporte une vraie crédibilité technologique et une maîtrise des coûts que Stellantis ne pourrait pas atteindre seul en si peu de temps. Mais la marque devra aussi convaincre les acheteurs européens que “fabriqué en Italie avec technologie chinoise” est une garantie suffisante de qualité et de durabilité. Un argument qui, selon les résultats des premières Leapmotor T03 et C10 distribuées en Europe par Stellantis, semble de mieux en mieux accepté par les consommateurs. La dynamique de marché joue globalement en faveur du projet, à condition que le groupe tienne la promesse du prix et de la disponibilité annoncée.
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