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En l’espace de quelques années, BYD a réussi ce que peu d’observateurs auraient parié : s’imposer comme la marque de voitures électriques la plus vendue dans plusieurs marchés clés hors de Chine. Au Royaume-Uni, en Australie, au Brésil… le constructeur de Shenzhen gagne des parts de marché à un rythme qui commence sérieusement à inquiéter les acteurs établis. Voici ce que disent les chiffres, et ce que cela signifie concrètement pour le marché.
Les données publiées par la SMMT (Society of Motor Manufacturers and Traders) sont sans équivoque : BYD s’est hissé en tête des ventes de véhicules électriques au Royaume-Uni sur les quatre premiers mois de 2026, avec 12 754 voitures électriques immatriculées et une part de marché dépassant les 7 %. C’est suffisant pour devancer Tesla, Kia et Volkswagen, trois marques pourtant solidement implantées sur ce segment. Le marché britannique des véhicules électriques a lui-même progressé de 22 % en glissement annuel, ce qui relativise en partie la performance — mais ne l’explique pas entièrement.
Bono Ge, directeur général de BYD UK, l’explique sans détour : “Avec des prix du carburant qui restent élevés, de plus en plus d’automobilistes se tournent vers les véhicules électriques comme un choix plus intelligent et plus économique.” BYD propose actuellement cinq modèles électriques sur le marché britannique — le Dolphin Surf, le Dolphin, l’Atto 3, le Seal et le Sealion 7 — auxquels s’ajoutera prochainement l’Atto 2, un SUV compact taillé pour le segment C très disputé. La marque commercialise également trois hybrides rechargeables (PHEVs) : le Seal U, le Seal 6 et le Sealion 5. Une gamme déjà étoffée, et qui continue de s’élargir.
En avril 2026, BYD a exporté 135 098 véhicules électrifiés, soit une hausse de 70 % sur un an. Ce chiffre dépasse le précédent record mensuel de 120 083 unités, établi en mars 2026. Sur les quatre premiers mois de l’année, ce sont 456 263 véhicules qui ont été écoulés hors de Chine. Ces volumes donnent le vertige quand on sait que BYD n’a sérieusement amorcé son expansion internationale qu’à partir de 2022-2023.
Ce contexte export porte d’autant plus de sens que les ventes domestiques de BYD sont, elles, en recul depuis plusieurs mois. En avril, les ventes totales de véhicules à nouvelles énergies (NEV) ont chuté de 26 % par rapport à avril 2025, marquant le huitième mois consécutif de repli sur le marché chinois. Les ventes de véhicules 100 % électriques (BEV) ont reculé de 23 % à 156 944 unités, tandis que les hybrides rechargeables (PHEV) ont baissé de 28 % à 157 156 unités. La saturation progressive du marché intérieur pousse donc clairement BYD à accélérer à l’international.
Le Royaume-Uni n’est pas un cas isolé. En Australie, c’est le BYD Sealion 7 qui a terminé premier des ventes de voitures électriques en avril 2026 avec 1 780 livraisons, devançant le Geely EX5, le Zeekr 7X, le Tesla Model Y et le Kia EV5. Une configuration de podium qui illustre à quel point le marché australien se réoriente vers des marques chinoises, au détriment des constructeurs occidentaux et coréens habituellement dominants.
Au Brésil, la performance est peut-être encore plus marquante sur le plan symbolique. BYD est devenu en avril le premier constructeur chinois à prendre la tête des ventes toutes motorisations confondues dans le pays, en écoulant 14 911 véhicules — soit environ 80 de plus que Volkswagen. Pour contextualiser : Volkswagen assemble des voitures au Brésil depuis les années 1950. BYD, lui, n’a lancé son premier véhicule de tourisme dans le pays qu’en 2021. Cinq ans pour dépasser un géant installé depuis sept décennies, c’est un signal fort sur la vitesse à laquelle les rapports de force peuvent changer dans ce secteur.
Pour consolider ses positions, BYD mise sur deux leviers principaux. D’un côté, le déploiement de sites de production à l’étranger, notamment en Europe et en Amérique du Sud, pour contourner les barrières douanières et réduire les délais de livraison. De l’autre, l’intégration de nouvelles technologies embarquées dans ses modèles, à commencer par sa technologie de recharge Flash Charging en 5 minutes, annoncée pour une diffusion progressive sur sa gamme.
Cette promesse de recharge quasi-instantanée — si elle se confirme en conditions réelles — pourrait lever l’un des derniers freins psychologiques à l’achat d’une voiture électrique pour de nombreux conducteurs. BYD résume lui-même sa stratégie : proposer des véhicules électriques à prix accessible et à haute technologie, pour « libérer la pleine valeur de l’électrification ». Une formule commerciale, certes, mais qui correspond à une réalité observable dans les chiffres de ventes : les modèles BYD s’installent durablement dans les palmarès de plusieurs continents, et il serait imprudent de considérer cela comme un phénomène passager.
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