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Ford s’apprête à lancer sur le marché un pickup électrique de taille moyenne qui pourrait bien redistribuer les cartes dans le segment des utilitaires électriques. Avec un prix annoncé autour de 30 000 dollars, ce véhicule repose sur une nouvelle plateforme baptisée Universal EV Platform, que le constructeur considère comme l’un de ses projets les plus ambitieux. Le PDG Jim Farley n’y va pas par quatre chemins : après avoir observé les tentatives de ses concurrents, Ford mise désormais sur une approche radicalement différente pour rendre les véhicules électriques accessibles au plus grand nombre.
La Universal EV Platform représente un changement de paradigme pour Ford. Présentée initialement l’année dernière, cette base technique vise avant tout à réduire drastiquement les coûts de production tout en maximisant l’autonomie. Le premier véhicule qui en sera issu, ce pickup de taille moyenne, devrait arriver sur les routes dès 2027. Contrairement à la tendance actuelle qui consiste à augmenter sans cesse la taille des batteries pour gagner quelques kilomètres supplémentaires, Ford a choisi une voie différente : optimiser l’efficience globale du véhicule.
Cette stratégie passe par plusieurs axes de développement simultanés. L’objectif affiché est clair : proposer un coût de possession inférieur à celui d’un Tesla Model Y, tout en offrant un espace intérieur plus généreux qu’un Toyota RAV4. Un pari audacieux qui nécessite de repenser entièrement la conception d’un pickup électrique.
Si ce nouveau pickup promet de surpasser la concurrence, c’est avant tout grâce à son travail aérodynamique particulièrement poussé. Ford affirme que son efficience aérodynamique est supérieure de 15% à tous les autres pickups actuellement disponibles sur le marché. Pour y parvenir, le constructeur n’a pas hésité à recruter plus de la moitié de son équipe d’aérodynamiciens directement depuis l’univers de la Formule 1.
Concrètement, qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Si l’on prenait la même batterie que celle du pickup thermique de taille moyenne le plus aérodynamique vendu aux États-Unis, ce nouveau modèle électrique offrirait près de 80 kilomètres d’autonomie supplémentaire, soit une amélioration de 15%. Sur autoroute, le gain grimpe même à 30%. Ces chiffres ne sont pas anodins quand on sait que l’anxiété liée à l’autonomie reste l’un des principaux freins à l’adoption des voitures électriques.
Le design de la ligne de toit illustre parfaitement cette obsession du détail. Ford l’a conçue avec un profil en goutte d’eau qui crée une “surface virtuelle” permettant à l’air de s’écouler sans turbulences. Résultat : pour les flux d’air, le véhicule ne ressemble plus vraiment à un pickup traditionnel mais plutôt à une silhouette profilée. Même le soubassement a été traité comme dans une monoplace de course, avec des boulons affleurants et une géométrie étudiée pour diriger l’air autour des roues et des suspensions. Rien que le fait de “cacher” partiellement les roues arrière permet de gagner 7 kilomètres d’autonomie supplémentaire.
La batterie représente environ 40% du coût total d’un véhicule électrique et près de 25% de son poids. Ford en a fait sa priorité absolue pour rendre ce pickup abordable. Le constructeur sera d’ailleurs le premier aux États-Unis à produire des batteries lithium-fer-phosphate (LFP) de type prismatique.
Pourquoi ce choix ? Les batteries LFP sont naturellement moins coûteuses que les chimies nickel-manganèse-cobalt traditionnelles. Le format prismatique, quant à lui, permet non seulement de réduire encore les coûts de production, mais libère aussi de l’espace dans l’habitacle. Une équation gagnante qui devrait se traduire par un véhicule à la fois plus spacieux et plus accessible financièrement.
L’innovation ne s’arrête pas à la conception du véhicule. Ford révolutionne également son processus de fabrication en introduisant pour la première fois des pièces moulées géantes (gigacasting). Cette technique permet de passer de 146 pièces sur le Maverick actuel à seulement deux sur ce nouveau pickup électrique. L’impact sur les coûts de production et les délais d’assemblage devrait être considérable.
La production sera assurée à l’usine de Louisville Assembly Plant, qui devra s’adapter à ces nouvelles méthodes de fabrication. Cette approche inspirée des pratiques de Tesla montre que Ford ne se contente pas de copier ses rivaux, mais s’inspire des meilleures pratiques de l’industrie pour les adapter à sa propre vision.
L’équipe de développement, que Ford surnomme “skunkworks”, a développé un système de “primes” (bounties) pour évaluer chaque compromis de conception. Chaque élément du véhicule a été analysé sous l’angle de son impact sur l’autonomie, l’efficience et les performances. Cette méthodologie rigoureuse explique pourquoi Ford affirme pouvoir livrer un pickup électrique performant à un prix aussi compétitif.
Les détails font la différence. Voici quelques exemples des optimisations mises en œuvre :
Ce pickup électrique à 30 000 dollars marque une nouvelle étape dans la stratégie de Ford. Après des débuts parfois hésitants sur le marché électrique, le constructeur semble avoir trouvé sa voie en combinant ingénierie pointue, processus de fabrication optimisés et positionnement tarifaire agressif. Si Ford parvient à tenir ses promesses d’autonomie et de prix, ce pickup pourrait bien devenir la référence du segment, prouvant qu’un véhicule électrique utilitaire peut être à la fois performant, spacieux et abordable sans nécessiter de compromis majeurs.
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