BYD en Formule 1 : la marque chinoise le confirme
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Il n’est pas si fréquent qu’un nouveau constructeur automobile français sorte de terre. Et encore moins qu’il s’attaque frontalement à l’un des segments les plus balisés du moment : le quadricycle électrique léger. C’est pourtant le pari que vient de faire Ipop Automobiles, une jeune marque alsacienne fondée en avril 2025 par Christophe Winkelmuller, également fondateur du réseau L’Agence Automobilière. Présentée le 28 avril 2026 au Musée national de l’automobile de Mulhouse, l’Ipop est un engin compact, conçu en Alsace et assemblé en France dans l’usine Dangel, qui s’annonce comme un concurrent direct de la Citroën Ami sur un marché des petits véhicules électriques de plus en plus disputé.
Difficile de ne pas remarquer l’Ipop dans la rue. Le style revendique clairement une inspiration buggy : élargisseurs d’ailes prononcés, look fun et décomplexé, loin des formes lisses et consensuelles qui dominent le segment. Le constructeur la compare en termes de gabarit à une Fiat 500e, ce qui donne une bonne idée de son encombrement. Compacte donc, mais pas minuscule non plus.
Côté habitabilité, l’Ipop se décline en deux versions distinctes. La variante d’entrée de gamme, baptisée Ipop 45, n’accueille que deux personnes. La version supérieure, l’Ipop 90, passe à quatre places, ce qui la positionne un cran au-dessus de certains concurrents comme la Citroën Ami ou la Microlino. Les configurations de carrosserie sont également variées : vous pouvez opter pour une version sans portes, avec demi-portes, ou encore avec ou sans hard-top. À l’arrière, une benne de 350 litres vient compléter un petit frunk placé à l’avant. De quoi rendre l’engin franchement polyvalent pour les usages du quotidien.
C’est souvent là que les idées reçues s’accumulent, alors mettons les choses au clair. L’Ipop existe en deux catégories réglementaires bien distinctes, avec des implications concrètes pour vous en tant que conducteur potentiel :
L’usage de l’Ipop 45 sera donc clairement cantonné à la ville et aux déplacements périurbains courts. L’Ipop 90, avec son autonomie doublée et sa vitesse de pointe plus élevée, ouvre des perspectives un peu plus larges, notamment pour des trajets domicile-travail en zone périphérique.
C’est sans doute l’aspect le plus remarquable de cette Ipop : elle embarque des moteurs-roues, c’est-à-dire des moteurs électriques directement intégrés dans les roues du véhicule. Cette architecture permet de supprimer les arbres de transmission traditionnels, d’abaisser le centre de gravité et d’optimiser la répartition des masses. Sur le papier, c’est une solution séduisante, surtout pour un quadricycle où l’encombrement mécanique est une contrainte forte.
Pour replacer cette technologie dans son contexte, la Renault 5 Turbo 3E sera la première voiture européenne de série à adopter cette architecture, mais dans une toute autre catégorie de prix — autour de 160 000 €. La R5 Turbo 3E s’appuie sur la technologie ProteanDrive du britannique Protean Electric. Ipop n’a pour l’instant pas communiqué le nom de son fournisseur, ce qui laisse la question ouverte. Voir cette technologie débarquer sur un véhicule accessible à partir de 11 000 € est donc un positionnement audacieux, même si l’on attendra les premiers retours terrain pour juger de la fiabilité sur la durée.
Le tarif de l’Ipop s’étage donc de 11 000 € pour la version 45 de base jusqu’à 17 000 € pour la version 90 en transmission intégrale. Des niveaux de prix cohérents avec le segment, sachant que la Citroën Ami démarre autour de 8 000 € mais ne propose qu’une configuration deux places et 45 km/h, sans les moteurs-roues ni la possibilité d’une version quatre roues motrices.
Il est déjà possible de passer commande avec un acompte de 1 500 €, récupérable à tout moment si vous changez d’avis — un filet de sécurité non négligeable pour un constructeur qui n’a pas encore livré le moindre exemplaire. Les premières livraisons clients sont attendues entre mars et septembre 2027, après une phase de pré-série prévue pour la fin 2026. Le calendrier est donc encore relativement lointain, et l’on sait que les jeunes constructeurs sont souvent confrontés à des retards lors du passage à la production en série. Prudence, donc, si vous envisagez une commande dans les prochaines semaines.
Ce que l’Ipop a pour elle, c’est une fabrication française revendiquée, une technologie de motorisation originale pour le segment et une gamme suffisamment modulable pour séduire aussi bien un jeune de 14 ans en milieu urbain qu’un adulte à la recherche d’un second véhicule pratique et peu coûteux à l’usage. La vraie question sera celle de la qualité perçue et de la robustesse une fois les premiers milliers de kilomètres avalés. Réponse en 2027.
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