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Ce concept oublié pourrait rendre l’électrique enfin abordable

Albert Lecoq

Alors que les prix des voitures électriques freinent encore de nombreux automobilistes français, la stratégie de location de batterie refait surface en Chine avec la marque Firefly. Cette approche, abandonnée par Renault en 2021, pourrait-elle retrouver sa pertinence face à un marché électrique en panne de vitesse ?

Le retour surprise de la location de batterie en Chine

La citadine électrique Firefly, attendue sur le marché français dans les prochains mois, vient d’introduire une formule de location de batterie sur son marché domestique chinois. Cette stratégie commerciale permet une réduction spectaculaire du prix d’achat : la version de base passe de 119 800 à 79 800 yuan, soit une diminution de plus de 30%. En contrepartie, les utilisateurs doivent s’acquitter d’un loyer mensuel de 399 yuan (environ 48 euros) pour la batterie.

Cette approche n’est pas sans rappeler les débuts de l’électromobilité en France, quand les constructeurs cherchaient déjà des solutions pour masquer le coût réel des batteries lithium-ion. La batterie représentant généralement 30 à 40% du prix total d’un véhicule électrique, sa mise en location permet effectivement d’afficher des tarifs plus attractifs pour le véhicule nu.

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L’expérience française avec la Renault Zoé

Renault avait été pionnier dans ce domaine avec la Zoé, lancée il y a une décennie avec cette formule innovante. À l’époque, la citadine électrique était proposée à 20 700 euros hors batterie (bonus écologique non déduit), tandis que la location de la batterie démarrait à 79 euros par mois. Cette stratégie visait plusieurs objectifs : rassurer les clients sur la durée de vie des cellules, proposer différentes formules selon les besoins kilométriques, et surtout rapprocher le prix d’achat de celui des modèles thermiques équivalents.

L’abandon de cette formule par Renault en 2021 s’explique par l’évolution du marché. Les offres de location longue durée (LLD) et de location avec option d’achat (LOA) “tout compris” ont pris le dessus, séduisant les clients par leur simplicité. Les constructeurs ont préféré mettre en avant des loyers globaux plutôt que de complexifier l’offre avec une double facturation véhicule-batterie.

Les limites actuelles de la location de batterie

Le marché actuel de la mobilité électrique privilégie massivement les formules locatives. Cette tendance s’explique par plusieurs facteurs que les constructeurs ont bien identifiés :

  • Les clients apprécient la simplicité des loyers tout compris sans surprise
  • La possibilité de changer régulièrement de véhicule pour bénéficier des évolutions technologiques
  • L’assurance de repartir systématiquement avec une batterie neuve à pleine capacité
  • L’accès aux améliorations constantes en matière d’autonomie et de vitesse de recharge
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Les loyers actuels des véhicules électriques se rapprochent d’ailleurs de ce que coûtait la seule location de batterie de la Zoé à ses débuts. Attention néanmoins aux offres alléchantes comme la Dacia Spring affichée à 79 euros par mois mais assortie d’un premier loyer majoré de 5 000 euros.

Perspectives pour le marché de l’occasion

Si la location de batterie semble peu pertinente sur le neuf, elle pourrait retrouver un intérêt sur le marché de l’occasion. Avec l’arrivée massive de véhicules électriques de seconde main issus des fins de premiers contrats LOA/LLD, cette formule pourrait séduire les acheteurs soucieux de leur budget.

La future Twingo électrique, promise sous les 20 000 euros, illustre parfaitement cette problématique. Sans sa batterie, elle pourrait s’afficher sous les 14 000 euros, rendant l’électrique accessible à une clientèle actuellement exclue. Sa technologie LFP (lithium fer phosphate), moins coûteuse que les batteries classiques, permettrait de proposer des loyers de batterie particulièrement compétitifs.

Cette approche pourrait particulièrement beneficier aux ménages modestes, qui compenseraient le loyer mensuel de la batterie par les économies réalisées sur le poste carburant. Avec un coût moyen de 3 euros aux 100 kilomètres contre 8 à 10 euros pour un véhicule thermique, l’équation économique reste favorable à l’électrique même avec une location de batterie.

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Reste à savoir si les constructeurs accepteront de complexifier à nouveau leur offre commerciale pour conquérir cette clientèle price-sensitive, alors que la priorité semble être à la simplification et à la montée en gamme de leurs gammes électriques.

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