Actu voiture électrique

La voiture électrique, c’est trop cher ? Ces chiffres révèlent une histoire bien différente

Philippe Moureau

La récente annonce de la R5 électrique par Renault, affichée à environ 25.000 €, a ravivé le débat sur le coût des voitures électriques. Face à ce prix, les avis sont partagés entre enthousiasme pour le progrès qu’il représente et scepticisme quant à son accessibilité. Pourtant, une analyse précise et contextualisée s’avère nécessaire pour comprendre réellement l’évolution des prix dans l’industrie automobile, notamment en prenant en compte les changements économiques et technologiques.

Évolution économique : une perspective plus large

Comparer les prix des voitures électriques actuelles aux modèles thermiques d’hier sans considérer l’évolution du pouvoir d’achat serait une erreur. Prenons l’exemple de la nouvelle R5 électrique proposée à 25 000 € dans sa version d’accès la moins chère et de la version de lancement à 30 000 € par rapport au SMIC brut actuel de 1 766,92 € soit 1 398,69 € nets. Il faudrait donc cumuler environ 18 salaires mensuels pour l’acquérir dans sa déclinaison la plus abordable et un peu plus de 21 salaires pour la version de lancement. En déduisant le bonus écologique de 4 000 €, le tarif final s’élève donc à 21 000 € pour un cumul d’environ 15 salaires mensuels.

A lire également :  Ce constructeur chinois débarque en Europe avec une compacte électrique à moins de 30 000 €

En 1972, la R5 originale coûtait moins de 10.000 francs, avec un SMIC à 745 francs soit environ 600 francs nets soit un cumul d’environ 16,5 salaires. Avec ce simple comparatif, il est aisé de constater qu’à l’heure actuelle, les tarifs des véhicules électriques les plus abordables n’ont rien à envier aux véhicules essence d’antan.

A titre de comparaison, la Renault Clio la moins chère en motorisation essence SCE 65 est désormais tarifée à 18 700 € en 2024, soit un peu plus de 13 salaires mensuels, ce qui est devenu comparativement bien plus accessible qu’il y a 50 ans.

En prenant 2 positionnements tarifaires similaires, tels que la nouvelle ë-C3 électrique à 23 300 € en prix de départ contre une voiture thermique somme tout classique et abordable avec un niveau de performance et d’équipements relativement proche telle que la Renault Clio TCE 90 à 19 600 €, la différence de pouvoir d’achat se réduit drastiquement.

Dans un sens, les voitures électriques deviennent de moins en moins chères avec de nouveaux modèles débarquant sur le marché mois après mois, et dans l’autre, les véhicules à moteur thermique ont également subi une hausse de prix notable, impactés par l’inflation et l’augmentation des coûts de production.

A lire également :  En France, la voiture électrique est plus écologique que l'essence dès la première année

Bien que simplifiée, cette comparaison montre que le rapport entre le prix des voitures et les salaires est resté relativement stable au fil des années de manière générale.

Plus d’équipements de série

L’augmentation des prix s’accompagne d’une amélioration significative de l’équipement de série, contribuant à une meilleure valeur ajoutée pour le consommateur. La nouvelle Citroën C3 électrique, par exemple, incluant climatisation automatique, radars de recul, rétroviseurs électriques, et de nombreuses aides à la conduite dès la version de base qui ne sont par exemple pas disponibles dans de nombreux modèles de voitures à essence en version d’accès, illustrant la tendance générale à une montée en gamme des équipements.

Les voitures électriques, par nature, offrent des avantages techniques distincts par rapport aux modèles thermiques, notamment en termes de transmission automatique et de puissance moteur. Par exemple, le SUV compact Volvo EX30 électrique est proposé à partir de 37 500 € tout en disposant de plus de 270 chevaux et des performances très dynamiques, alors qu’un autre SUV de la même marque, bien que légèrement plus grand, le XC40 thermique, propose de son côté une puissance moindre de 163 chevaux et débute à 41 350 €.

L’électrique plus économique

Sur le long terme, le coût d’utilisation d’une voiture électrique est nettement inférieur à celui d’un modèle thermique. Pour parcourir 100 km, le coût en électricité est d’environ 3 €, contre 10 € pour un véhicule essence. De plus, les opportunités de recharge gratuite et les contrats d’électricité avantageux accentuent cet écart économique.

A lire également :  Voici pourquoi la voiture à hydrogène est la pire solution pour l'avenir

Les incitations financières, telles que le bonus écologique, jouent un rôle crucial dans la réduction de l’écart de prix à l’achat entre les véhicules électriques et thermiques. Avec les aides actuelles, la nouvelle R5 électrique peut voir son prix réduit à environ 21 000 €, voire 18 000 € pour certains ménages en profitant du bonus écologique majoré, rendant la comparaison avec une Clio thermique encore plus favorable.

Concurrence et baisse des prix sur le marché électrique

L’intensification de la concurrence parmi les fabricants de véhicules électriques conduit à une baisse des prix. Cette dynamique rend les voitures électriques plus attractives et abordables pour un plus large public.

Si l’on considère l’ensemble des facteurs – évolution des salaires, augmentation des équipements, avantages techniques, économies d’utilisation, et aides gouvernementales – les voitures électriques offrent un coût total compétitif, voire inférieur, à leurs équivalents thermiques. Cette analyse rapide montre que les préjugés sur le coût élevé des véhicules électriques méritent d’être revisités à la lumière des données actuelles.

Réagissez à l'article
S’abonner
Notification pour
guest

1 Commentaire
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires