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L’Amérique du Sud connaît une transformation surprenante de son marché automobile électrique. Alors que Tesla peine à s’implanter officiellement dans la région, les constructeurs chinois multiplient leurs succès commerciaux et redessinent complètement le paysage de la mobilité électrique sud-américaine. Cette évolution s’accompagne d’infrastructures portuaires stratégiques qui facilitent l’arrivée massive de véhicules électriques abordables sur le continent.
L’entrepreneur péruvien Luis Zwiebach illustre parfaitement cette mutation du marché. En 2019, il devait parcourir 6 400 kilomètres jusqu’en Californie pour tester une Tesla Model 3, faute d’importateur officiel au Pérou. Aujourd’hui, la situation s’est radicalement inversée avec l’arrivée de nombreuses marques chinoises proposant des voitures électriques à des tarifs représentant seulement 60 % du prix d’une Tesla.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au Pérou, les ventes de véhicules hybrides et électriques ont atteint un record de 7 256 unités sur les neuf premiers mois de 2025, soit une progression de 44 % par rapport à l’année précédente. Cette croissance s’appuie sur l’arrivée massive des constructeurs chinois BYD, Geely et GWM, qui ont su s’adapter aux spécificités régionales en proposant des modèles accessibles.
L’Uruguay présente des statistiques encore plus impressionnantes avec une part de marché de 28 % pour les véhicules électriques au troisième trimestre 2025. BYD y occupe désormais la troisième position sur l’ensemble des types de véhicules, ne devançant que Chevrolet et Hyundai. Cette performance exceptionnelle s’explique par une stratégie tarifaire agressive : les véhicules électriques chinois débutent à 19 000 dollars en Uruguay.

L’inauguration du port de Chancay au Pérou a bouleversé la logistique automobile régionale. Cette infrastructure chinoise construite dans le cadre de l’Initiative de la Route de la Soie a divisé par deux les temps de transport transpacifique. Gonzalo Rios, directeur adjoint de Cosco Shipping, explique que chaque navire transporte entre 800 et 1 200 véhicules, avec un objectif de 19 000 arrivées pour l’année 2025.
Les données douanières péruviennes révèlent l’ampleur de cette transformation : 3 057 voitures ont débarqué en juillet 2025 contre seulement 839 en janvier. Le port ne se contente pas d’approvisionner le marché péruvien mais sert de hub de redistribution vers le Chili, l’Équateur et la Colombie, optimisant ainsi la chaîne d’approvisionnement continentale.
Le succès chinois repose sur une approche commerciale particulièrement efficace. Les constructeurs s’associent avec des importateurs locaux reconnus et proposent des solutions de financement attractives en collaboration avec les banques régionales. Cette stratégie de partenariat permet d’adapter l’offre aux goûts locaux tout en bénéficiant d’une crédibilité immédiate.
Les concessionnaires interrogés confirment cette tendance. Gonzalo Elgorriaga, qui dirige le concession Stars Motors à Punta del Este, observe que BYD domine désormais ses ventes malgré la présence de marques européennes et japonaises dans son showroom. Federico Guarino, autre concessionnaire uruguayen, résume l’attractivité chinoise : “Je peux acheter trois pick-ups chinois pour le prix de deux marques traditionnelles.”
Les constructeurs chinois ne se limitent pas aux importations et développent des capacités de production locale. BYD a commencé l’assemblage de véhicules électriques en octobre dans l’ancienne usine Ford de Bahia, tandis que Great Wall Motors (GWM) a lancé une production partielle dans une ancienne installation Mercedes-Benz.
Ricardo Bastos, directeur des affaires institutionnelles de GWM Brésil, annonce que l’entreprise prévoit d’exporter vers la région dès 2027, exploitant les accords commerciaux favorables avec le Mexique, le Chili et le Mercosur. Cette stratégie industrielle répond aux barrières tarifaires de 35 % qui entreront en vigueur au Brésil en juillet 2026.
Malgré cette croissance remarquable, l’adoption des véhicules électriques en Amérique du Sud rencontre encore des obstacles. Les distances importantes entre les villes et les réseaux de recharge inégaux constituent les principales difficultés. Luis Zwiebach souligne qu’il reste “difficile de parcourir toute la côte péruvienne de Tumbes à Tacna” avec un véhicule électrique.
Néanmoins, l’amélioration progressive des infrastructures de recharge stimule la demande. Zwiebach, qui a étendu son activité d’énergies renouvelables aux bornes de recharge, constate que les promoteurs immobiliers intègrent désormais ces équipements dans leurs projets haut de gamme. Un développeur lui a même déclaré qu’un client achèterait un penthouse “à condition qu’il soit équipé d’une borne de recharge”.
| Pays | Part de marché VE (2025) | Croissance annuelle | Marque dominante |
|---|---|---|---|
| Uruguay | 28 % | +85 % | BYD |
| Chili | 10,6 % | +52 % | BYD |
| Brésil | 9,4 % | +67 % | BYD |
| Pérou | 5,4 % | +44 % | BYD |
Les arguments économiques plaident en faveur de cette transition électrique. Zwiebach résume les avantages : “La voiture coûte moins cher à l’usage et n’a jamais besoin d’aller au garage.” Cette réalité économique, combinée à l’amélioration continue des infrastructures et à l’arrivée de modèles toujours plus compétitifs, dessine un avenir prometteur pour l’électrification du parc automobile sud-américain, avec la Chine en position de leader incontesté.
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