Tesla dévoile sa mise à jour de printemps : Grok, dashcam et mode hérisson
Vous possédez une Tesla ? Préparez-vous à découvrir une nouvelle expérience utilisateur. La marque californienne déploie sa mise à jour […]
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Le projet Afeela, cette collaboration audacieuse entre Sony et Honda, vient de prendre fin de manière brutale. Sony Honda Mobility (SHM), la coentreprise créée spécifiquement pour donner naissance à une marque automobile premium orientée technologie, a officiellement annoncé l’arrêt du développement de ses véhicules électriques. La berline Afeela 1 était pourtant à deux doigts de la production en série, et un SUV électrique devait suivre peu après. Vous vous demandiez peut-être si ce constructeur allait bousculer le marché ? La réponse est non, puisque le rideau tombe avant même le lever de rideau.
Dans un communiqué commun, Sony et Honda justifient cette décision par “les évolutions du marché des véhicules électriques”. Derrière cette formule diplomatique se cache une réalité moins reluisante : le marché américain des voitures électriques haut de gamme traverse une période d’incertitude. Les constructeurs traditionnels revoient leurs ambitions à la baisse, et les consommateurs se montrent de plus en plus sensibles au rapport qualité-prix.
La situation s’est compliquée lorsque Honda a décidé d’annuler sa propre gamme de véhicules électriques basés sur une architecture dédiée. Cette plateforme devait accueillir plusieurs modèles de la série 0, dont l’Acura RSX, un SUV Honda 0 Series et une berline Honda 0 Series. Les Afeela reposaient justement sur ces technologies et composants fournis par Honda. Sans cette base technique, SHM s’est retrouvée dans l’impossibilité de poursuivre le développement de ses modèles. L’usine Honda d’East Liberty dans l’Ohio, qui devait produire ces véhicules, restera finalement vierge de toute Afeela.
Vous vous interrogiez peut-être sur les caractéristiques de cette Afeela 1 ? Sur le papier, le véhicule affichait des performances correctes sans briller particulièrement. La berline promettait une autonomie d’environ 480 kilomètres, un chiffre honorable mais loin d’être exceptionnel en 2025. La puissance de recharge maximale de 150 kW apparaissait même franchement modeste face aux standards actuels, où certains modèles dépassent allègrement les 250 kW.
Le véhicule adoptait la prise NACS popularisée par Tesla, un choix pragmatique pour faciliter l’accès au réseau Supercharger. Voici un aperçu des caractéristiques qui devaient équiper la berline :
L’argument principal d’Afeela résidait dans son positionnement tech. La marque promettait une intégration poussée de la PlayStation dans l’habitacle et misait énormément sur la conduite autonome. Le système embarquait pas moins de 40 capteurs : 18 caméras, un lidar, 9 radars et 12 capteurs ultrasoniques. Cette débauche de technologie devait permettre une conduite autonome de niveau avancé, mains et yeux libérés du volant et de la route.
Reste qu’avec un prix annoncé supérieur à 90 000 dollars, soit plus de 85 000 euros, l’Afeela 1 se positionnait sur un segment ultra-premium. Face à des concurrents établis proposant des prestations similaires, voire supérieures, pour des tarifs parfois inférieurs, la question de la viabilité commerciale se posait légitimement. Vous auriez-vous été prêt à dépenser cette somme pour une marque inconnue ?
L’abandon d’Afeela s’inscrit dans un mouvement plus large de rationalisation du secteur. Ford a interrompu la production du F-150 Lightning, Ram a annulé son pick-up électrique 1500, et même Tesla s’apprête à dire adieu aux Model S et Model X. Le van utilitaire Chevrolet BrightDrop a également été retiré du catalogue. Ces décisions reflètent un marché américain qui digère mal la transition vers l’électrique, particulièrement dans les segments premium et utilitaires.
Parallèlement, d’autres constructeurs maintiennent le cap. Rivian poursuit avec son R2, BMW s’apprête à commercialiser l’iX3 et l’i3 aux États-Unis, Volvo a dévoilé l’EX60, et Polestar prépare une version break de la Polestar 4. Ces marques bénéficient d’une notoriété établie et d’infrastructures de production et de distribution rodées, des atouts qui faisaient cruellement défaut à Afeela.
Le second modèle prévu par SHM, un SUV électrique quatre portes, devait arriver sur le marché dès 2028. Ce véhicule n’a jamais dépassé le stade de la planche à dessin. Vous ne découvrirez donc jamais si ce modèle aurait pu séduire le public américain, friand de véhicules surélevés. Le segment des SUV électriques premium se développe rapidement, avec des acteurs comme le BMW iX, le Mercedes EQS SUV ou le Cadillac Lyriq qui se disputent les faveurs d’une clientèle exigeante.
Cette disparition prématurée d’Afeela rappelle que créer une marque automobile de toutes pièces représente un défi colossal, même avec les moyens financiers et technologiques de géants comme Sony et Honda. La bataille pour conquérir le marché des véhicules électriques premium se joue désormais entre constructeurs établis et quelques nouveaux entrants qui ont su créer rapidement une identité forte. Sans produit sur le marché, impossible de fidéliser une clientèle ou de construire une image de marque solide.
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