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Cette invention a sonné la fin de la voiture électrique

Philippe Moureau

Vous pensez que les voitures électriques sont une invention récente ? Détrompez-vous ! Leur histoire remonte bien plus loin que vous ne l’imaginez, avec des hauts et des bas fascinants. Plongeons ensemble dans cette saga électrisante qui a façonné notre mobilité moderne.

Le déclin inattendu d’une technologie prometteuse

Au début du 20ème siècle, les voitures électriques rivalisaient sérieusement avec leurs homologues à essence. Pourtant, dans les années 1920, la plupart des constructeurs de véhicules électriques avaient mis la clé sous la porte. Que s’est-il passé ?

L’invention du démarreur électrique pour les moteurs à combustion a joué un rôle crucial. Fini la corvée de la manivelle ! Cette avancée, couplée à la production en masse de voitures à essence moins chères, a sonné le glas de la première ère dorée des véhicules électriques.

La Detroit Electric, dernière survivante de cette époque, a livré son ultime véhicule en 1939. Un symbole fort de la fin d’une ère.

La renaissance inattendue : quand la pénurie stimule l’innovation

La Seconde Guerre mondiale et ses suites ont paradoxalement ravivé l’intérêt pour la propulsion électrique. La raison ? Une pénurie chronique de carburant qui a poussé ingénieurs et industriels à explorer de nouvelles solutions.

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En Europe, les véhicules électriques ont connu un regain d’intérêt :

  • Les services postaux allemands ont utilisé des fourgonnettes électriques des années 1920 jusqu’au milieu des années 1950.
  • Barcelone a expérimenté une flotte de taxis électriques avec batteries interchangeables, une idée qui refait surface aujourd’hui !

Peugeot, précurseur insoupçonné, a lancé en 1941 sa Voiture Légère de Ville (VLV). Cette mini-citadine électrique pouvait atteindre 35 km/h et parcourir jusqu’à 72 km. Avec 377 exemplaires produits jusqu’en 1945, elle témoigne de l’ingéniosité française en temps de crise.

Des innovations surprenantes nées de la nécessité

L’occupation allemande n’a pas freiné l’inventivité française. En 1942, la Compagnie Générale d’Électricité (CGE) a conçu en secret un roadster électrique deux places. Avec ses 7 chevaux, il n’était pas un foudre de guerre, mais il intégrait déjà un système de récupération d’énergie au freinage, une technologie aujourd’hui omniprésente !

Aux États-Unis, UPS a expérimenté dès les années 1930 des fourgonnettes électriques capables de parcourir jusqu’à 64 km avec une vitesse de pointe de 24 km/h. Une vision d’avenir pour la livraison urbaine !

Le Japon : un pionnier méconnu de l’électromobilité

Nissan n’a pas attendu la Leaf pour s’intéresser à l’électrique. En 1947, alors que le Japon pansait ses plaies après-guerre, naissait la Tama Electric Car. Ce petit véhicule au design avant-gardiste disposait d’une batterie de 6,5 kWh logée sous le plancher, comme dans nos voitures électriques modernes !

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Avec une autonomie de 64 km et une vitesse maximale dépassant les 32 km/h, la Tama a servi de taxi jusqu’en 1951. Son succès relatif illustre la capacité d’adaptation et d’innovation japonaise dans l’adversité.

L’histoire se répète : quand la géopolitique freine l’innovation

Le destin de la Tama illustre parfaitement les aléas auxquels l’industrie automobile électrique a dû faire face. La guerre de Corée a provoqué une flambée du prix du plomb, composant essentiel des batteries. Simultanément, le Japon a mis fin au rationnement de l’essence en 1952.

Ce concours de circonstances a réorienté l’industrie vers les moteurs thermiques, reléguant une fois de plus les véhicules électriques au rang de curiosité historique.

Les enseignements d’un passé électrisant

Cette plongée dans l’histoire nous rappelle que l’innovation n’est jamais linéaire. Les voitures électriques ont connu des périodes d’essor et de déclin, au gré des crises et des avancées technologiques.

Les défis d’hier résonnent étrangement avec ceux d’aujourd’hui :

  • L’importance cruciale des infrastructures de recharge
  • La quête permanente d’une meilleure autonomie
  • L’impact des décisions politiques et géopolitiques sur le développement technologique

L’histoire nous enseigne aussi la résilience de cette technologie. Malgré les obstacles, l’idée d’une mobilité électrique n’a jamais totalement disparu. Elle a ressurgi avec force à chaque crise énergétique ou environnementale.

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Aujourd’hui, alors que nous faisons face à l’urgence climatique, les voitures électriques connaissent un nouvel âge d’or. Mais gardons à l’esprit les leçons du passé : l’innovation doit s’accompagner d’une vision à long terme et d’une réelle volonté politique pour s’imposer durablement.

La route vers une mobilité 100% électrique est encore longue, mais elle s’inscrit dans une histoire riche d’enseignements. En comprenant notre passé, nous sommes mieux armés pour construire un avenir durable et électrisant !

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