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Renault mise tout sur l’électrique et les hybrides rechargeables

Albert Lecoq

Renault ne fait pas les choses à moitié. Après le succès commercial rencontré par ses modèles rétro-électriques en Europe, le constructeur français accélère et dévoile un plan stratégique ambitieux baptisé “futuREady”. L’objectif affiché : devenir la référence automobile européenne d’ici 2030. Pour y parvenir, le groupe mise massivement sur l’électrification de sa gamme, avec des technologies qui devraient bousculer les standards actuels du marché. Entre nouvelles plateformes, motorisations inédites et cadence de développement accélérée, Renault cherche visiblement à rivaliser avec les constructeurs chinois sur leur propre terrain.

Une offensive électrique sans précédent pour le groupe Renault

Le groupe Renault prévoit de lancer 22 nouveaux modèles en Europe d’ici la fin de la décennie. Parmi eux, 16 seront électriques, ce qui témoigne d’un virage stratégique majeur. À l’échelle mondiale, ce sont même 36 nouveaux véhicules qui rejoindront le catalogue, incluant des motorisations électriques, hybrides rechargeables à autonomie étendue (EREV), hybrides classiques et thermiques.

La marque Dacia contribuera à cet effort avec trois nouveaux modèles électriques, tandis qu’Alpine présentera la prochaine génération de son A110 en version électrique. Cette diversification permet au groupe de couvrir l’ensemble des segments, des citadines abordables aux sportives haut de gamme. Le succès des Renault 5 et Renault 4 électriques, qui figuraient parmi les meilleures ventes de véhicules électriques en Europe l’année dernière, a manifestement convaincu la direction de poursuivre dans cette voie. La future Renault Twingo électrique devrait d’ailleurs suivre cette même recette en proposant une citadine au caractère affirmé.

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La plateforme 800 volts RGEV medium 2.0 au cœur de la stratégie

L’élément central de cette transformation s’appelle RGEV medium 2.0. Cette nouvelle architecture 800 volts servira de base à plusieurs véhicules électriques, du segment B+ au segment D. Les chiffres annoncés sont particulièrement intéressants : une autonomie maximale de 750 kilomètres en cycle WLTP pour les modèles les plus imposants, et surtout des recharges ultra-rapides permettant de récupérer une charge significative en seulement 10 minutes d’ici 2030.

Cette même plateforme accueillera également des motorisations hybrides rechargeables à autonomie étendue (EREV). Selon Renault, ces versions pourraient afficher une autonomie totale dépassant les 1 400 kilomètres, tout en conservant les mêmes capacités de recharge rapide que les versions 100% électriques. Un argument de poids pour ceux qui redoutent encore l’autonomie limitée des batteries actuelles.

Les modèles plus compacts des segments A et B continueront quant à eux de s’appuyer sur des batteries 400 volts, capables de se recharger significativement en 20 minutes. Renault distingue également deux chimies de batterie : une chimie “haute densité énergétique” pour les véhicules 800V, et une chimie “abordable” pour les modèles d’entrée de gamme. Sans confirmation officielle, on peut raisonnablement envisager des cellules NMC (nickel-manganèse-cobalt) pour les premiers, comme sur l’extrême Renault 5 Turbo 3E, et des batteries LFP (lithium-fer-phosphate) pour les seconds, à l’image de la Dacia Spring récemment restylée.

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Un nouveau moteur électrique développé en interne

Renault prépare aussi sa troisième génération de moteur électrique, sobrement baptisée EESM. Les spécifications annoncées méritent qu’on s’y attarde :

  • Aucune utilisation de terres rares dans sa conception
  • Un rendement de 93% à vitesse autoroutière
  • 25% de puissance supplémentaire par rapport à la génération actuelle
  • Un coût de production réduit de 20%

Développé et fabriqué en interne, ce moteur affichera une puissance de 275 chevaux et sera disponible en configuration traction ou propulsion. Cette polyvalence permettra au groupe de l’intégrer sur différents modèles, des compactes sportives aux berlines routières. La réduction des coûts de fabrication constitue un enjeu crucial pour maintenir des prix compétitifs face à la concurrence chinoise.

Un rythme de développement calqué sur les méthodes chinoises

Pour concrétiser ces ambitions, Renault s’inspire directement des constructeurs chinois et adopte leurs méthodes. Le groupe français abandonne le traditionnel cycle de développement de quatre ans pour passer à un cycle accéléré de deux ans seulement. Tous les nouveaux projets du groupe suivront désormais ce calendrier resserré.

Cette accélération représente un défi organisationnel considérable pour un constructeur traditionnel habitué à des process plus longs. L’objectif affiché est clair : rivaliser avec les marques chinoises sur trois terrains simultanément – l’innovation, les coûts et la rapidité de mise sur le marché. Un pari audacieux qui nécessitera des investissements massifs et une réorganisation profonde des méthodes de travail.

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Avec cette stratégie “futuREady”, Renault affirme sa volonté de ne pas subir la transition électrique mais de la mener à son rythme. Le succès rencontré par ses récents modèles électriques lui donne une légitimité certaine sur ce marché. Reste à savoir si le constructeur parviendra à tenir ses engagements sur le long terme, notamment face à une concurrence asiatique qui ne faiblit pas et à un marché européen dont les règles évoluent constamment. Les prochaines années nous diront si Renault a vu juste en misant aussi massivement sur l’électrification.

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